Réaction
Lionel Charbonnier ex-responsable du football Élite et des U20
Reynald Temarii nous a dit que ton départ était lié à une “incompatibilité” avec l’ensemble du conseil fédéral et lui-même ?
“Je confirme ce que dit Reynald Temarii. C’est vrai qu’il y avait une certaine incompatibilité entre lui et moi, mais je préfère ne pas m’étendre là-dessus. Nous nous en sommes expliqués entre hommes et cette situation ne regarde que nous deux. Je préfère garder en mémoire de belles images de Tahiti. La profonde amitié créée entre les joueurs et le staff technique et partir avec le sentiment d’avoir fait du bon boulot. Ces joueurs et mon staff, je les aimes et tout ce que nous avons vécu ensemble, personne ne pourra nous l’enlever. Après cela, je pense que les histoires de personnalités ne sont que des broutilles.
Le président de la fédération nous a dit que tu avais tenu des propos déplacés. Que tu avais été déloyal ?
“Déloyal ? Parce que j’ai dit un journaliste de l’AFP que j’aimerai entraîner dans un club professionnel ! Je pense avoir été plus que loyal envers la fédération, ses dirigeants et le football tahitien. Le Conseil Fédéral et son président m’ont fait venir pour des missions bien précises, à savoir pour m’occuper du football d’élite : championnat et sélections notamment. Pour ce qui est du championnat, j’ai le sentiment que la formule que j’ai proposée au conseil fédéral avec play-off et play-in, a plu à tout le monde et qu’elle pousse le football tahitien vers le haut. Pour ce qui est des sélections, les U17 ont manqué de se qualifier pour le Nigeria avec à la clé les plus gros scores jamais effectués contre la Nouvelle Calédonie (5-1) et le Vanuatu (4-1). Des personnes du Conseil Fédéral m’ont même avoué avoir eu peur, car une autre qualification pour la coupe du monde en même temps que celle des U20 aurait été sûrement préjudiciable aux finances de la FTF”.
Et il y a la qualification des U20 ? “
La qualification des U20, c’était mon objectif majeur de 2008 à 2010, puisque là encore le Conseil Fédéral avait voté massivement pour la politique que je leur avais proposée. Il m’a encore soutenu dans mes choix et j’ai d’ailleurs remercié ses membres. Je l’ai même souligné à plusieurs reprises lors des différentes conférences de presse à l’occasion de la Coupe du Monde en Égypte. Je pense avoir réalisé tous les objectifs fixés par la FTF. Quoi de plus loyal pour un entraîneur que de réaliser les objectifs fixés. J’ai donné tout ce que je pouvais donner au football tahitien. J’ai fait le maximum et j’ai vraiment le sentiment de mon devoir accompli”.
Tu sembles un peu amer ?
“Non pas du tout, mais quand tu passes des diplômes pour devenir entraîneur professionnel, c’est tout à fait normal d’avoir des aspirations pour le football pro. C’est vrai que lorsque mon directeur technique me demande de faire de l’initiation, cela me gêne quelque part. Pour l’initiation, il y a des initiateurs, pour la formation, il y a des formateurs, et pour la compétition, il y a des entraîneurs plus ou moins diplômés selon le niveau de compétition. Demandez à un diplômé de la plus grande école politique de faire du ménage dans un lycée. À moins que ce ne soit pour de l’alimentaire, il refusera”.
C’est toi qui souhaitais quitter la FTF ?
“Pas du tout ! Je comptais bien poursuivre mon contrat jusqu’à son terme. Je ne trouve pas déloyal de mettre mes compétences, reconnues pour le plus haut niveau, au service du football tahitien. Bien au contraire. Je souhaite aussi à la FTF de trouver un DEPF pour prendre la tête de ses sélections, jeunes y compris. Je suis persuadé qu’en s’appuyant sur quelques 20 ans, la sélection senior peut ramener l’or aux jeux du Pacifique. Le Conseil Fédéral m’avait d’ailleurs proposé la sélection A avant la coupe du monde en Égypte. J’avais rencontré pas mal de joueurs seniors et tous m’avaient répondu favorablement. Je les en remercie. C’est toujours gratifiant pour un entraîneur de se sentir soutenu par ses joueurs. Je souhaite d’ailleurs à mon successeur le même engouement autour de lui.
Tu t’es fait virer alors ?
“Je ne me suis pas fait virer. Entre gens intelligents, nous avons su trouver un terrain d’entente avec la fédération. Dans l’histoire, personne n’est gagnant ni perdant”.
Et ton avenir ? Tu as des contacts avec des clubs professionnels ?
“Pour le moment, j’ai surtout des contacts avec les médias. Je suis consultant pour Eurosport. Je viens d’être sollicité par RMC. Pour le reste, c’est un métier ou malheureusement, on doit prendre la place de quelqu’un. Il faut savoir être patient, car je ne suis pas de ceux qui convoitent un poste lorsque l’entraîneur est toujours en poste. J’en saurais sans doute plus en juin. Mon numéro de téléphone est dans le circuit et si un jour un président souhaite s’attacher mes services, il saura comment se le procurer.
Un dernier mot ?
“Je tiens à présenter tous mes voeux de réussite et de bonheur à la FTF et à l’ensemble des personnes qui lui permettent d’exister. Je réitère mes remerciements à tous ceux qui m’ont soutenu. Je n’oublierai jamais mes jeunes joueurs du fenua et leur famille. Ils sont entrés dans ma vie par la grande porte. Mon aventure avec la FTF au côté de son président prend une place privilégiée dans mon coeur… juste à côté de celle de France 98”
Propos recueillis par Jean Baptiste Bayon
Un bel exemple de tout ce qui ne va pas en polynésie !
Faut qu'il fasse de la politique il y a sa place !