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Oct
07
2009
Séismes au Vanuatu PDF Imprimer Email
Monde - Océanie

Alerte régionale au tsunami levée - La Polynésie française n'était pas concernée

L’alerte régionale au tsunami, lancée par le centre régional d’Hawaii à 22h16 GMT ce mercredi, a finalement été levée à 00h18 GMT jeudi, a annoncé cet organisme. Ce centre régional (Pacific Tsunami Warning Centre, PTWC, basé à Pearl Harbour, Hawaii) avait lancé l’alerte  pour un grand nombre de pays du Pacifique. La Polynésie française ne faisait pas partie de la liste des pays à risque. "Elle n’est pas concernée par l’alerte tsunami" a confirmé tout à l'heure le Haut-commissariat. L'alerte régionale a été déclenchée après un violent séisme de magnitude 7,8 au nord de Vanuatu suivi de répliques.

Le centre régional (Pacific Tsunami Warning Centre, PTWC, basé à Pearl Harbour, Hawaii) avait lancé l’alerte pour le Vanuatu, les îles Salomon, Nauru, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Tuvalu, la Nouvelle-Calédonie, les îles Fidji, Kiribati, Kosrae (États Fédérés de Micronésie) et Wallis-et-Futuna.

Par ailleurs, une alerte à la vigilance avait été lancée pour les îles Marshall, Tokelau, les îles Kermadec (Nouvelle-Zélande), Pohnpei (États Fédérés de Micronésie), la Nouvelle-Zélande, Samoa, les Samoa américaines, Tonga, l’Australie, Niue, les îles Cook, Chuuk (États Fédérés de Micronésie), l’Indonésie, Guam, les Marianne du Nord, Yap (États Fédérés de Micronésie) et Palau.

Sur cette base, le PTWC annonçait une liste d’heures estimées d’arrivée d’éventuelles vagues, à partir de l’épicentre. Sur les côtes d’Espiritu Santo, à Vanuatu, les plus proches, cette heure d’arrivée avait été placée à 22h31 GMT mercredi, à 00h15 jeudi GMT pour Nouméa (Nouvelle-Calédonie), à 00h37 GMT pour Suva (Fidji), à 1h03 GMT pour Wallis et  1h34 GMT pour le Nord de la Nouvelle-Zélande, à 1h41 pour Apia (Samoa), à 1h52 pour Pago-Pago (Samoa américaines) et 1h52 GMT pour Nuku’alofa (Tonga), notamment. Dans son dernier bulletin, le PTWC annule à la fois les alertes et les avis de vigilance pour les pays et territoires d’abord mentionnés.

Ce centre estime toutefois qu’un tsunami a bien été généré par le séisme de Vanuatu. Il rapporte des élévations constatées du niveau de la mer et des vagues, à Vanuatu (50 centimètres), se basant sur les mesures prises par les marégraphes. Le PTWC avertit aussi que le tsunami « mourrait avoir été destructeur le long des côtes proches de l’épicentre ».

Rapides réactions locales

Dans plusieurs États et territoires océaniens, l’alerte au tsunami a été relayée, notamment en Nouvelle-Calédonie, mais aussi à Fidji, où de nombreuses entreprises et administrations ont autorisé leurs employés à rentrer chez eux et où certaines zones situées au plus près du front de mer, à Suva, ont aussi été évacuées, par précaution. Le ministère fidjien de l’éducation avait notamment ordonné la fermeture des établissements scolaires, en particulier ceux situés dans des zones côtières ou peu élevées. Sur la côte Ouest de l’île principale de Viti Levu, les hôtels ont aussi reçu pour consigne de mettre à l’abri leurs hôtes et de les déplacer vers des points plus élevés.

Suva ville morte

Très rapidement, dans la capitale Suva, la rue principale, d’ordinaire en proie à une perpétuelle animation et à un intense trafic automobile, a été vidée de ses passants et de ses véhicules, ont constaté plusieurs témoins sur place. À Tuvalu, des pans entiers de zones côtières ont été évacués. Dans la capitale vanuatuane Port-Vila, quelque 570 kilomètres plus au Sud-est, l’alerte a suscité des mouvements de populations à destination des points les plus élevés de la capitale, plus éloignés des côtes.

Enorme séisme et réplique

Une puissante réplique de magnitude 7,1 sur l’échelle ouverte de Richter a été enregistrée jeudi au Nord de l’archipel de Vanuatu, à 295 kilomètres au Nord-ouest de l’île d’Espiritu Santo, rapporte l’institut géophysique américain USGS, basé à Denver (Colorado). Cette secousse tellurique sous-marine, survenue à 23h13 GMT mercredi (10h13 locales), intervient un peu plus d’une heure après une énorme secousse originale, de magnitude 7,8, survenue jeudi à 9h03 locales (22h03 mercredi GMT) dans la même zone, pour une profondeur de 33 kilomètres en-dessous du niveau de la mer, selon l’USGS. L’épicentre du premier séisme a été localisé à une profondeur de 35 kilomètres en-dessous du niveau de la mer. À 23h48 GMT mercredi (10h48 locales), une autre réplique, de magnitude plus faible (5,7), a eu lieu, toujours dans la même zone.

Au-dessous du volcan

Depuis la fin de la semaine dernière, dans la région de l’extrême Nord de Vanuatu, tout près des îles Salomon, le volcan qui surplombe l’île de Gaua (groupe des îles Banks) montre de signes de réveil et émet une quantité grandissante de cendres et de fumerolles, faisant redouter aux populations locales une éruption. La forte activité sismique actuelle dans cette zone fait également redouter des conséquences quant à la stabilité de ce volcan, d’une hauteur de plus de neuf cent mètres, partie émergée de l’île elle-même et qui se matérialise par un lac, qui submerge une caldera.

Les prévisions les plus pessimistes évoquent le risque quasi-cataclysmique d’une entrée en contact de l’énorme masse d’eau contenue dans le lac emplissant le cratère avec la chambre magmatique située juste en-dessous, ce qui provoquerait une énorme explosion. Les volcanologues de Vanuatu et de la Nouvelle-Calédonie voisine surveillent depuis quelques jours de près l’activité, en phase de recrudescence du volcan situé sur l’île de Gaua, dans le groupe des îles Banks (extrême Nord de l’archipel).

Une alerte de niveau un sur une échelle de cinq a été activée depuis la semaine dernière, après que les villageois riverains aient constaté une forte émission de fumerolles et de gaz. Un autre volcan, situé à Ambae, et dont le cratère est lui aussi surmonté d’un lac, le Vui, avait suscité les mêmes inquiétudes fin 2005.

La « ceinture de feu du Pacifique »

Plusieurs autres volcans, particulièrement actifs, se trouvent aussi dans l’archipel de Vanuatu, y compris le volcan Yasur (île de Tanna, Sud de l’archipel), réputé pour être l’un des plus accessibles en activité au monde) et le volcan Marum (île d’Ambrym). L’archipel de Vanuatu est constitué d’une majorité d’île qui sont d’anciens volcans, et qui longent la fosse tectonique des Nouvelles-Hébrides. Vanuatu et une bonne partie de sa région constituent pas ailleurs ce qu’il est convenu d’appeler la « ceinture de feu du Pacifique », zone à forte sismicité et activité volcanique engendré par l’affrontement permanent des plaques tectoniques indo-australienne et Pacifique notamment.

La semaine dernière, le 30 septembre 2009, un autre puissant séisme de magnitude 8,3 avait provoqué un tsunami qui a frappé l’État indépendant de Samoa, le territoire voisin des Samoa américaines et le royaume de Tonga, faisant près de deux cent morts et des milliers de sans-abri, selon les bilans toujours évolutifs.

PaD (agence Flash d'Océanie)

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