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Jan
08
2009
“E Arioi Vahine” PDF Imprimer Email
Le Temps de Vivre - A l'affiche

E Arioi Vahine.“E Arioi Vahine” conte l’histoire de Poeiti, jeune danseuse Arioi placée devant un terrible choix et commettant un acte tabu : l’infanticide. Un court métrage de Virginie Tetoofa, présenté au Fifo 2009, hors compétition. Tea Aunoa, productrice associée du film, nous livre quelques anecdotes de tournage.

Le court métrage de Virginie Tetoofa bientôt au Fifo

Qu’est-ce qui t’a séduit dans le projet de Virginie Tetoofa ?

“Virginie est une amie. Nous nous connaissons depuis le collège et avec Tarepa Teinauri, également productrice associée du film, nous sommes issues de la même promo de l’ISEPP. Ce qui m’a séduit c’est d’abord son culot. Elle a osé trimballer une équipe australienne jusqu’à Tahiti. Ensuite c’est le scénario, je connaissais mal les Arioi et j’ai trouvé l’histoire émouvante. Enfin, c’est le défi de faire un film en 16 mm à Tahiti. Ça ne se fait plus. D’ailleurs Marc Louvat et Heremoana Maamaatuaiahutapu nous ont traitées de folles.”

Pourquoi Viriginie a t-elle choisi de tourner en 16 mm ?

“Parce que c’est comme entre le numérique et l’argentique, au niveau de l’image, y’a pas photo !”

Qu’est-ce qui a été le plus difficile pendant le tournage ?

“Respecter les contraintes imposées par l’école de Virginie, le Victorian College of the Art. Il y avait un cahier des charges très strict. Le tournage ne devait pas dépasser six jours, il fallait absolument respecter les horaires et mille autre détails qui allaient du questionnaire médical, au bien-être de l’équipe.”

Une anecdote pour illustrer vos péripéties ?

“Il y a une scène d’infanticide dans le film. Il nous fallait trouver un nouveau-né. On a eu trois bébés. Notre premier bébé n’est pas né. La maman de notre deuxième bébé est tombée malade, on a fini par trouver l’élu, deux heures avant le tournage ! Ensuite nous devions tourner à la Vaima, mais la dame qui s’occupe du site nous a dit que la Vaima était une source de vie pas de mort, donc interdiction d’y filmer la scène. Il nous a fallu trouver un autre lieu. Nous l’avons finalement déniché à une demi-heure de marche du Marae Arahurahu. Dans la brousse. Au moment de tourner la scène, le bébé qui devait rester calme, s’est mis à hurler !”

Ton meilleur souvenir ?

“On était arrivés à six jours de tournage. Il nous manquait des plans. Pour des questions de contrats, les acteurs ne pouvaient plus travailler. L’équipe australienne ne voulait plus travailler. Et Virginie, elle, voulait des plans des trois personnages principaux du film. Alors Tarepa, Virginie et moi avons joué les doublures avec la complicité du directeur de la photographie. On a été tourner en cachette. On a bien rigolé, on a failli tomber dix fois dans la boue. Mais on a eu nos plans !”

Marc Louvat et Heremoana Maamaatuaiahutapu nous ont traitées de folles

Le truc le plus fou qui vous soit arrivé ?

“C’est énorme, même Spielberg ne l’aurait pas fait ! C’était un samedi à la Maroto. On a soudain réalisé qu’on avait dépassé notre ratio de pellicule et le lendemain nous devions tourner des scènes de danse. Virgine dit : ‘Il me faut de la pellicule’. Dans le monde entier on était dimanche. Les vini ne captaient même pas. Tout le monde s’est débrouillé. Virginie est redescendue en ville, elle a réussi à contacter quelqu’un en Australie, qui a remis une pellicule à un pilote, qui l’a remise à un autre pilote, la mère de Virginie est allée la chercher à l’aéroport et nous l’a rapportée le lendemain au pied de la Maroto.”

Virginie Tetoofa est la première réalisatrice Polynésienne de fiction, avec elle, vous ouvrez une porte. Comment vois-tu l’avenir du cinéma à Tahiti ?

“J’ai réalisé en travaillant sur ce projet que c’est énormément de travail. Je ne me permettrais plus jamais de dire qu’un film est un navet. Cela demande tellement de temps et d’énergie. J’espère que d’autres jeunes réalisateurs iront vers la fiction, il faut arrêter de dire qu’il n’y a rien à filmer à Tahiti, il y a énormément de choses à faire. Mais il faut les faire dans les règles de l’art.”

Le sujet du film : l’infanticide chez les Arioi ne va pas manquer de susciter des débats, vous en avez conscience ?

“Oui. Il est délicat de se frotter à l’histoire de Tahiti. On risque de se piquer. C’est une histoire orale, souvent les avis sur tel ou tel aspect divergent. Mais ‘E Vahine Arioi’ n’est pas un documentaire sur les Arioi, c’est l’histoire de Poeiti, une jeune danseuse qui a un choix terrible à faire. C’est une histoire de femme. Un destin intime. Et surtout c’est une fiction.”

Propos recueillis par Khadidja Benouataf

 

ELLE L'A FAIT

  • Tea Aunoa est née le 31 janvier 1984 à Tahiti
  • En 2004 elle sort diplômée de l’ISEPP, Institut supérieur de l’enseignement privé de Polynésie.
  • Elle participe à son premier Heiva en 2005 avec O Tahiti E
  • En 2004 elle entre à TNTV où elle est monteuse
  • Depuis septembre 2008 elle présente l’émission Cine Nui avec Ramzi Malouki.
 

 

E ARIOI VAHINE

Petite fille, Poeiti rêvait de devenir une danseuse de la tribu des Arioi. Jeune femme, elle devra faire un choix ultime pour pouvoir rester parmi eux. Virgine Tetoofa est une jeune réalisatrice Polynésienne expatriée en Australie où elle effectue ses études au Victorian College of the Art. En 2007, elle a obtenu le Prix national de la cinématographie (prix Kodak) à Melbourne.

 

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