L’écrivain Richard Allouch aime raconter des légendes aux enfants. Quand ils ne viennent pas dans ses ateliers, il va les rencontrer dans les maisons de quartier.
Raconteur de légendes, il organise un nouvel atelier d’écriture la semaine prochaine

“Quand j’étais petit, j’avais un vieux vélo qui avait une grande valeur pour moi. Un jour, je me le suis fait voler. Plus tard, je l’ai retrouvé, peint en noir, dans une boutique près de chez moi. Je suis entré dans la boutique et…” Richard Allouch fait feu de tout bois. Avec lui, tout est prétexte à histoire. Aussi bien le vieux vélo de son enfance que la légende de Bouddha. “Je ne suis pas un conteur. Je suis un raconteur”, dit-il. Cet écrivain installé à la pointe Vénus se passionne pour les légendes du monde entier. Mais parce qu’il vit à Mahina depuis 18 ans, il s’est fait une spécialité de raconter des légendes polynésiennes : “Autrefois, chaque caillou de Tahiti avait une légende, assuret- il. Et si on connaissait les légendes de deux cailloux, alors ça voulait dire qu’entre ces deux cailloux, on était chez soi”. Des histoires, sa bibliothèque en est pleine. Aussitôt qu’il croise quelqu’un, l’artiste, ça se voit, ça se sent, meurt d’envie de les partager.
C’est ce qu’il fait dans ses ateliers d’écriture, dont une nouvelle session est prévue la semaine prochaine, de lundi à vendredi. Les enfants viennent chez lui passer une journée complète au milieu de ses légendes. “Je commence par leur raconter une histoire, pour leur montrer comment c’est construit, explique l’écrivain. Puis je leur pose des questions : s’ils étaient un héros, comment serait-il ? Si ce héros avait un nom, une arme, un animal de compagnie, quels seraient-ils ?” Les héros réunis forment une histoire. À la fin de la semaine, les auteurs en herbe suivent Richard Allouch dans son atelier, où ils font eux-mêmes la couverture et la reliure de leur livre. Entre temps, il leur fait faire “des jeux d’écriture, des rébus, des anagrammes, des portraits chinois, pour qu’ils osent prendre un crayon et noircir une feuille blanche”. Parmi les enfants présents, il y a souvent des petits de six ans qui ne savent pas écrire. “Alors je les écoute et je retranscris ce qu’ils me disent mot pour mot”, explique tout simplement Richard Allouch.
S'ils étaient un héros, comment serait-il ?
La semaine prochaine, une seconde partie de l’atelier consistera à mettre l’histoire en musique. C’est la violoniste Inga Pan qui s’en chargera. “Elle leur fait jouer de la musique avec des symboles. Elle vient avec une trentaine d’instruments de tous les pays : des gongs, des violons, des flûtes, des triangles, des tambours, des crécelles… Et elle demande aux enfants d’imaginer le bruit que ferait leur histoire.” Lors de la demi-douzaine d’ateliers qu’il a déjà organisés, Richard Allouch a même été jusqu’à graver les histoires des enfants sur CD. On y entend une petite fille de six ans qui balbutie la présentation de son héros, un garçon un peu plus âgé qui imagine un chevalier armé d’un glaive et qui frappe sur une marmite pour en imiter la vibration… “On rigole beaucoup et c’est souvent de la co-création, décrit Richard Allouch. Certains donnent des idées, les autres suivent. Et si on travaille vite, ça fait une superbe histoire.” Quand il n’organise pas d’ateliers à domicile, l’écrivain se déplace dans les écoles ou les maisons pour tous où les enfants du fenua profitent de ses talents de raconteur. “C’est un travail d’enracinement”, explique l’artiste qui veut “montrer aux jeunes Tahitiens d’où ils viennent”. Depuis qu’il est arrivé à Tahiti, en 1991, Richard Allouch a par ailleurs écrit de nombreux ouvrages, qu’il édite, fabrique et commercialise lui-même. Il s’est notamment penché sur les légendes, la généalogie et la signification des prénoms polynésiens.
Benoît Buquet
IL L'A FAIT
- L’écrivain Richard Allouch est arrivé à Tahiti en 1991.
- Depuis son arrivée au fenua, il a produit des ouvrages sur le tatouage, le kava, la perle, le tapa, les instruments de musique, la mythologie, la magie ou les prénoms polynésiens notamment.
- Il fabrique ses livres lui-même, de l’impression à la reliure. Il les vend sur www.una-unatahiti.com.
ATELIER
L’atelier de Richard Allouch et Inga Pan aura lieu au domicile de l’écrivain, la semaine prochaine de lundi à vendredi (40 heures). Avec Richard Allouch, les enfants à partir de 6 ans pourront découvrir des légendes et écrire les leurs. Avec la musicienne Inga Pan, ils pourront les mettre en musique en inventant des instruments. Ces activités stimuleront leur écoute, leur mémoire et leur créativité. Coût de la semaine entière : 25 000 Fcfp. La semaine en demi-journées : 15 000 Fcfp. La journée : 5 000 Fcfp. Le déjeuner, le goûter, les fournitures et l’assurance sont fournis par les artistes. Réservations encore possibles au 48.07.67 ou 29.26.08 ou par mail :
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