Depuis plus de 30 ans, Pacific promotion Tahiti édite des cartes postales et calendriers idylliques pour faire découvrir la Polynésie à travers le monde. Dans la conjoncture économique actuelle, la société n’échappe pas à la règle. Sa bonne santé financière n’est plus, mais Teva Sylvain, son créateur, a des projets plein la tête pour surmonter la crise.
Il passe de la photo de vahine au photovoltaïque

Vous éditez à nouveau des calendriers avec de jolies vahine pour l’année 2009 ?
“En fait on a un peu baissé la garde sur le plan des calendriers. Ça ne représente plus le gros de notre activité. On s’adapte au marché. Autrefois, quand on a commencé, on avait notamment tous les militaires et l’administration de l’armée qui étaient ‘calendriervores’.
Aujourd’hui, ils ne sont plus là, donc on diversifie un peu notre offre : on ne se limite plus à la vahine car la demande n’est pas la même.” Il faut un renouveau ?
“Oui, c’est pour ça que l’on s’est orienté sur des sujets un peu plus variés : fleurs, poissons, vues du ciel... Mais très franchement, le marché touristique est tellement mauvais que l’on est obligé de faire complètement autre chose. On n’édite plus que 50% de ce que l’on devrait faire. On n’est pas en bonne santé financière, mais on a des projets en route pour remplacer toutes ces activités un peu vacillantes.”
Quel type de projets ?
“On s’est orienté par exemple vers le photovoltaïque, l’installation de panneaux solaires. Ce sont des panneaux que l’on met sur les toitures, qui transforment l’énergie solaire en électricité.”
Quand çà ne marche pas dans un secteur, il faut carrément changer
Vous les fabriquez localement ?
“Non, on ne s’occupe pas de la fabrication car je ne pense pas que la Polynésie ait une vocation industrielle à fabriquer quoi que ce soit, à quelques exceptions près ; mais dans ce genre de produits en tout cas, on ne sera jamais compétitifs avec la Chine ou des pays de l’Est. Donc on importe des panneaux conçus spécialement pour la Polynésie (car quand le soleil produit 100 watts en Chine, il en produit 150 ici), avec des spécificités pour le climat local (prenant en compte l’humidité, l’air marin…) On est soutenu par la société SMA (un des leaders mondiaux de la fabrication d’onduleurs solaires, ndlr).”
L’activité a-t-elle déjà démarré ?
“Elle est encore toute récente. Mais les Polynésiens vont se lancer très rapidement dans la fourniture électrique pour leurs propres besoins. Ils y sont obligés. D’ici peu de temps, le courant va coûter plus cher que l’électricité fournie par panneaux solaires. Et puis il faut quand même être conscients que dans 40 ans il n’y aura plus de pétrole. Donc autant anticiper dès maintenant.”
Vous n’arrêtez pas pour autant votre activité d’édition ?
“Non, on va conserver ce secteur parce que l’on pense que c’est une nécessité : il faut un outil comme Pacific Promotion pour faire ces éditions car c’est quand même une bonne publicité pour le pays. Si vous enlevez tout ce que nous produisons comme images, c’est un coup mortel pour le tourisme. Ce n’est pas tellement admis par certaines administrations locales, mais nos images sont quand même une bonne vitrine promotionnelle du pays. Donc on conserve cette activité traditionnelle avec les produits touristiques et on essaie d’asseoir l’équilibre de notre exploitation avec de nouveaux produits.”
Vous en avez d’autres hormis les panneaux solaires ?
“On commercialise aussi des logiciels (de gestion, comptabilité…) formatés pour la Polynésie –car les logiciels qui viennent de métropole sont plus difficiles à exploiter– et on fait des téléphones portables : la marque Vini sound. On s’est complètement diversifié. En édition, on travaille avec des produits de stock, or il faut maintenant travailler en flux tendu pour permettre à la boîte de passer le cap de l’exploitation négative. Toutes les activités que l’on entreprend vont dans ce sens. Il s’agit de faire tourner la baraque. Quand ça ne marche pas dans un secteur, il faut carrément changer. On loue aussi notre pirogue Pacific Promotion en même temps que l’on prépare le concept d’hôtellerie sur le lagon (lire encadré).”
MH
IL L'A FAIT
- Il naît à Tahiti en 1954
- Il commence la photo à l’âge de 13 ans avec son père
- À 22 ans, il crée une société d’édition avec une base photographique. Pacific Promotion Tahiti voit le jour en 1976
- En 1978, la société commence à faire des cartes postales puis très vite des posters, des enveloppes… et développe d’autres produits souvenirs : sets de tables, briquets, tasses, stylos…
- Aujourd’hui, de nouveaux projets sont en cours pour faire face à la crise économique
HÔTELS FLOTTANTS
Vaimoanatea et Hitiura sont deux pirogues doubles de 15 à 18 mètres de long sur 6 mètres de large disponibles à la location pour organiser fêtes, anniversaires, et autres réceptions. Elles sont amarrées en eau peu profonde (1 mètre) sur les hautsfonds de Taapuna, à Punaauia. Chaque pirogue est équipée de toilette, douche, salon, barbecue, tables et chaises pour 20 à 30 personnes maximum. La location se fait entre 9 et 18 heures.
Pour réserver Vaimoanatea, contacter Pacific Promotion Tahiti au 42 43 11, par fax au 42 25 98 ou à l’adresse helene@tahitisouvenirs. pf. Pour Hitiura, téléphoner au 71 10 35.
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Quant à tes photos on n'arrête pas de regretter ton père !