Conservateur du musée de Tahiti et des îles, Véronique Mu-Liepmann a participé à de nombreux ouvrages dont Les collections du Musée de Tahiti et des îles. Celles-là même qui ont servi de base à cette étude de la sculpture d’hier et d’aujourd’hui dans un ouvrage écrit en collaboration avec Lucie Milledrogues et les éditions Au Vent des îles : Sculpture, des oeuvres anciennes aux créations contemporaines.
Elle a étudié la sculpture d’hier et d’aujourd’hui

Comment résumeriez-vous Sculpture des oeuvres anciennes aux créations contemporaines ?
“Cet ouvrage offre une vision globale de la création sculptée des Polynésiens, depuis les plus beaux objets utilisés au XVIIIe siècle jusqu’aux productions les plus contemporaines. Jamais autant d’objets des différents archipels de Polynésie française n’avaient été présentés ensemble dans une publication. Explorer les chefs d’oeuvres des anciens, c’est appréhender le monde des sculpteurs experts ainsi que leurs outils, et en détailler les matériaux, les formes et les motifs. Les objets phares de la culture matérielle traditionnelle polynésienne sont ici visités par thème, mettant en évidence les différences et les ressemblances entre les archipels : la guerre et le jeu avec les armes, les tambours et les échasses ; le prestige que donnait bâtons de commandement, éventails et chasse-mouches ou pagaies cérémonielles ; le culte et le sacré célébrés par des sculptures hautement tabu, anthropomorphes ou animalières ; et, finalement, le quotidien, ses plats, pilons, tabourets et appuie-nuques. Sculpture des oeuvres anciennes aux créations contemporaines est tout simplement un ouvrage de repères et de référence, pour les artisans contemporains et les amateurs des sculptures polynésiennes d’hier et d’aujourd’hui.”
Qui vous a poussé à réaliser cet ouvrage ?
“C’est un défi que Christian Robert, des éditions Au Vent des îles, m’a poussée à relever. C’est la concrétisation de toutes ces années passées à travailler sur les collections polynésiennes à Tahiti et dans les musées que j’ai visités lors de déplacements en métropole, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande ou dans les livres. C’est aussi, le résultat des discussions que j’ai eu avec Anne Lavondès, François Ollier, Hiro Ou Wen et mes collègues. Sans oublier les collectionneurs amoureux des objets polynésiens côtoyés durant toutes ces années, qui ont nourri mon intérêt et ma connaissance de la culture matérielle polynésienne. ”
Combien de temps cela vous a-t-il pris à le réaliser ?
“Plus de 20 ans de recherches : en arrivant en Polynésie, je connaissais très peu de choses à ce sujet. Et une dizaine de mois : quand Christian Robert m’a proposé ce travail, j’avais tous les éléments, et je savais surtout où vérifier et compléter toutes ces connaissances acquises. Un travail qui a accaparé tous mes weekends et mes soirées pendant de nombreuses semaines.”
Avez-vous rencontré des difficultés en le réalisant ?
“L’éditeur m’ayant laissé toute liberté, j’ai dû me limiter pour ne pas verser dans l’ouvrage scientifique. L’objectif étant de faire un livre accessible au plus grand nombre mais avec des données sérieuses. Seulement, j’ai manqué de temps pour rencontrer les artisans et les sculpteurs contemporains. Heureusement, Lucie Milledrogues a réalisé avec brio la partie illustrée avec les photographies de Philippe Bacchet, des réalisations de tous ces sculpteurs et de leur savoir-faire. Il y a eu aussi la recherche des illustrations pour la partie ancienne. C’est assez difficile de montrer des objets qui n’existent pas dans les collections du Musée de Tahiti et ses îles. Les collections polynésiennes sont dispersées dans de nombreux musées et ces collections ne sont que rarement publiées. Il n’existe pas de base de données ou de répertoire descriptif de l’ensemble des collections polynésiennes hors de la Polynésie française. Effectuer l’inventaire descriptif de toutes ces collections d’objets ethnographiques, des photographies et des documents anciens dispersés dans le monde est un autre défi à relever.”
“Plus de 20 ans de recherches et une dizaine de mois de rédaction”
Qu’est-ce que cet ouvrage signifie pour vous ?
“Beaucoup de travail et surtout des rencontres passionnantes qui m’ont permis d’enrichir ce projet. Telles que les sujétions d’Éric Conte, de Pierre et Marie- Noëlle Ottino, de Bruno Saura et des chercheurs étrangers comme Jenny Newell, Carol Ivory, Robert Neich ou Richard Rhys.”
Jennyfer Wong
ELLE L’A FAIT
- Véronique Mu-Liepmann arrive à Tahiti en 1980, avec son mari Barry Mu, après des études scientifiques à Bordeaux
- Elle intègre le Musée de Tahiti et des îles en avril 1980 et en a été nommée conservateur en 1982
- Elle a dirigé et co-écrit l’ouvrage “Les collections du Musée de Tahiti et des îles” publié en 2001
- Elle a été commissaire de plusieurs expositions du musée et co-auteur ou auteur de plusieurs publications du musée et d’un livre sur l’histoire de Papeete publié en 2008 par la mairie de Papeete
OUVRAGE
 Soutenu par le ministère de l’Artisanat, Sculpture des oeuvres anciennes aux créations contemporaines est un ouvrage de repères et de référence pour les artisans contemporains, les amateurs de sculptures polynésiennes d’hier et d’aujourd’hui et les curieux. Il offre une vision globale de la création sculptée des Polynésiens. Explorer les chefs d’oeuvre anciens, c’est appréhender le monde des sculpteurs experts et leurs outils pour en détailler les matériaux, les formes et les motifs. Les objets phares de la culture matérielle traditionnelle polynésienne sont ici regroupés en thème mettant en évidence, les différences et les ressemblances entre les archipels. De la guerre aux tambours, en passant par les plats, les pilons et les tabourets. Référence originelle, cette sculpture n’a jamais cessé d’évoluer, s’enrichissant au fil des décennies, des outils ou des matériaux.
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