RENCONTRE. Malgré la menace croissante d’Oli et l’annulation de son escapade à Rurutu, la ministre de l’Outre-mer Marie-Luce Penchard a continué mercredi ses visites officielles. Elle a notamment rencontré Oscar Temaru dans son fief, à la mairie de Faa’a.
L’ESSENTIEL
- Marie-Luce Penchard et Oscar Temaru se sont entretenus pendant plus d'une heure mercredi à la mairie de Faa'a
- Ils ont évoqué la réforme de la loi électorale dans laquelle Oscar Temaru est favorable à la mise en place d'une circonscription unique
- Les désaccords persistent sur la gestion de l'aéroport et sur la “ligne rouge” de l'indépendance fixée par Nicolas Sarkozy
Pas de temps mort pour Marie-Luce Penchard, même à l’approche d’un cyclone. La ministre de l’Outre-mer devait se rendre mercredi matin à Rurutu, mais le voyage n’étant météorologiquement pas possible, elle en a entrepris un autre, vers la presqu’île, pour visiter l’Ifremer à Vairao (lire ci-dessous). Après cette matinée aquacole, elle s’est rendue à la cellule de crise du haussariat avant de signer une convention en faveur des énergies renouvelables. Et pour finir la journée en beauté, Marie-Luce Penchard s’est rendue à Faa’a afin de rencontrer le maire de la commune, président du Pays lors de leur dernière rencontre à Paris, éjecté depuis par Gaston Tong Sang. L’entretien, programmé pour durer une demiheure, s’est étalé sur plus d’une heure. À la sortie, les sourires étaient de mises, mais les violons étaient loin d'être accordés. Il y a de toute évidence des problèmes de transmission entre la ministre, plus globalement l’État, et Oscar Temaru.
D’abord sur la réforme électorale. Si comme l’ensemble de la classe politique polynésienne, Oscar Temaru est favorable à la mise en place d’une prime majoritaire, il va à contre-courant pour ce qui est de la question des circonscriptions, puisqu’il penche en faveur d’une circonscription unique tandis que les autonomistes préfèrent conserver le principe de la représentation par archipel. En bonne diplomate, Marie-Luce Penchard lui a “indiqué qu’il y avait d’autres solutions”. Moins diplomate, Oscar Temaru a rappelé que “l’État a une grosse responsabilité dans l’instabilité que nous connaissons en Polynésie depuis 2004, et ce n’est pas faute de n’avoir pas prévenu M. Estrosi”.
Ensuite sur l’aéroport. “Nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde”, a tout simplement résumé Oscar Temaru. Quand la ministre a argumenté “que la Caisse des dépôts et consignations apportait 7 milliards de Fcfp et que c’était normal qu’on puisse confier à Egis, qui est reconnue au niveau mondial, la gestion de l’aéroport”, Oscar Temaru a répliqué que “laisser gérer cet aéroport par Egis à la majorité va à contresens de l’histoire de ce Pays. Nous avons un statut d’autonomie et tous les leviers de développement de ce Pays, y compris cet aéroport, devraient revenir au Pays et non pas à une société qui vient de l’extérieur”.
Puis sur la “ligne rouge” de l'indépendance. Pour expliquer cette limite fixée par le président de la République Nicolas Sarkozy, laministre s'est abritée une nouvelle fois derrière la Constitution tandis qu'Oscar Temaru a brandi le droit des peuples à l’autodétermination. Mais pour le maire de Faa’a, le discours de l’État s’adaptera s’il le faut : “Je leur ai rappelé qu’en 1960 ou 1961, quand De Gaulle est revenu d’Alger, il a déclaré : ‘L’Algérie restera française’. Et deux ans après, on a organisé le référendum qui accordait l’indépendance à l’Algérie. Alors vous savez, des déclarations, on en a entendu…” La ligne rouge fixée par Nicolas Sarkozy irrite peut-être le leader indépendantiste, mais elle ne l’impressionne pas. Il faut dire qu'il en a déjà franchi d’autres de bien des couleurs…
CV
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Par contre l'exemple de l'Algérie est pour le moins mal choisi.
S'il y a bien un modèle d'indépendance râté et précipité à ne surtout pas imiter, c'est bien celui-ci ! Une Algérie pauvre (façon de parler...) ou plutôt riche (pétrole)composée de gens pauvres,nuance... Indépendante mais islamisante et totalement paralysée en termes économiques et pire, en matière de liberté... Le Djihad islamiste infiltrant tous les corps constitués et jusqu'à l'armée...
Quant à De Gaulle qui a abandonné l'Algérie alors qu'elle n'était nullement prête à voler de ses propres ailes, je préfère ne pas m'appesantir sur le sujet en respect de sa mémoire mais non de son irresponsabilité totale lors de ce lâchage pur et simple dont l'Algérie ne s'est toujours pas remise...
Accorder l'indépendance aux peuples qui le demandent c'est bien, les accompagner c'est nettement mieux...