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Feb
05
2010
L’inquiétude venait de la mer PDF Imprimer Email
Fenua - Société

DE PIRAE À FAAONE. La côte Est craignait une houle destructrice. De Pirae à Faaone, toutes les communes ont eu pour mot d'ordre l'évacuation des populations vivant le long du littoral.

Sur la côte Est, tous les regards étaient tournés vers la mer. Plus que le vent et la pluie, c'est la houle et les dégâts qu'elle pouvait occasionner, notamment sur les habitations en bord de mer, qui préoccupaient les autorités. Dans chaque commune, de Faaone et Hitia'a o te Ra (commune associée regroupant Papenoo, Tiarei, Mahaena et Hitia'a) à Mahina, en passant par Arue et Pirae, la priorité a été donnée à l'évacuation des populations à risque. À Mahina, une cellule de crise regroupant 115 personnes avait établi son QG au deuxième étage de la mairie. Secrétaires pour répondre aux huit lignes ouvertes, pompiers, muto’i, services équipement et animations, tous se sont mobilisés autour du premier adjoint au maire Antonio Perez. “Nous centralisons ici toutes les demandes de la population et nous y répondons le plus rapidement possible. Nous avons préparé cette cellule dès mardi, nous avons réquisitionné sept lieux d'hébergement dont le plus important est celui de la salle Matavai où nous avons installé des matelas pour accueillir la population”, précisait l'adjoint au maire à 18 heures mercredi, heure du passage en alerte rouge. Quelques heures plus tôt, les populations de la pointe Vénus et surtout de Hitimahana, où les maisons très proches de la plage sont uniquement constituées de planches de bois et de tôles, étaient invitées à quitter leur maison, les trucks de la commune se chargeant de les transporter dans un endroit plus sûr. Cent quarantedeux personnes seront au final évacuées, principalement des enfants et des personnes âgées, les parents refusant pour la plupart de partir. “Nous avons envoyé nos trois enfants chez les grands-parents. Avec monsieur, on préfère rester”, raconte Maire qui vit à Hitimahana, au bord de l'eau. “Mais si cela devient dangereux, je ne vais pas faire la dure, je partirai, tant pis pour la maison.” La jeune femme ne semble pas plus stressée que cela, il faut dire qu'elle a l'habitude de voir la mer venir lécher les murs de sa maison.

Beaucoup ne voulaient pas partir

Même son de cloche du côté de Pirae, Arue et Hitia’a o te Ra. Les mairies ont mis l’accent sur les évacuations possibles des populations vivant sur le littoral, mais aussi en bord de rivière. “Nous avions recensé environ 1 300 personnes qui pouvaient nécessiter une évacuation puisqu'elles vivent dans des zones à risque. Finalement, nous en avons évacué 300, les rivières n'ayant pas débordé”, explique Bernard Amigues, le directeur de cabinet de la maire de Pirae. À Papenoo, la maire déléguée Antonina Moarii a organisé l'évacuation de 250 personnes : “Beaucoup ne voulaient pas partir, mais bon, il le fallait, ça tapait fort, surtout sur la ligne droite entre le PK14 et le PK16, la mer passait par-dessus la route”. Mahina aussi a eu du mal à convaincre la population de partir. Antonio Perez a dû faire appel à la gendarmerie pour appuyer les interventions des shérifs de la commune. À Arue, quelques jours plus tôt, les muto’i avaient distribué dans les quartiers sensibles des notes d'informations sur les consignes à suivre, les lieux d'hébergements, etc.

“Finalement, j'ai pu constater lors des rondes de nuit que j'ai effectuées avec les muto’i que la moitié de la population était partie d'elle-même”, assure le maire de la commune Philip Schyle. Finalement, quelle que soit la commune, les équipes d'astreinte ont effectué le plus gros du travail bien avant 21 heures. Ensuite, ce fut de longues heures d'attente. “Il faisait chaud et tout était calme, cela devenait angoissant au fil des heures. Nous avons pensé que ce calme annonçait un déchaînement de la nature, mais finalement rien et c'est tant mieux”, raconte Antonio Perez à Mahina. Les interventions ont été rares, quelques élagages, des évacuations de dernières minutes, des lignes électriques à sécuriser, rien de vraiment significatif et surtout aucune victime n’a été à déplorer. Après la levée de l'alerte rouge, les populations ont quitté les lieux d'hébergement.

ASF

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