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Jan
29
2010
Après Nisha, peut-être Olga PDF Imprimer Email
Fenua - Société

PRÉCAUTIONS. Alors que la tempête tropicale Nisha devrait passer entre Tahiti et les Australes avec une intensité diminuée, un autre phénomène météo se prépare, Olga, actuellement en Australie. Mieux vaut donc réviser son manuel des précautions à prendre en cas de cyclone. Rappel avec le colonel Maxence Jouannet, en charge de la protection civile au fenua.

 

L’ESSENTIEL

  • Première règle pendant un cyclone ou une tempête : rester chez soi et ne pas sortir
  • Deuxième règle : en vue de cet événement, il faut renforcer sa toiture et ses fenêtres, et élaguer les arbres autour de la maison
  • Troisième règle : il faut faire des courses et acheter des piles pour sa radio afin de pouvoir se tenir informé, de l’eau et de la nourriture, des bougies et des lampes torche
 

Nous sommes en “mise en garde”, concrètement, ça veut dire quoi ?

“Ça veut dire qu’il y a un événement météorologique important qui est envisageable, qui n’est pas encore bien défini, parce que la météo n’est pas une science exacte.”

Hormis Météo France, la plupart des organismes internationaux parlent de tempête plutôt que de “dépression tropicale”…

“Les vitesses sont à la limite de la tempête tropicale mais c’est encore dans les critères de la dépression tropicale.”

Quelles sont les mesures de précaution à prendre ?

“Avant tout, il ne faut pas être dehors et se trouver dans des bâtiments plutôt robustes quand le phénomène arrivera. Il faut également soigner son environnement. Il faut élaguer ses arbres, c’est peut-être un peu tard mais on peut encore en élaguer quelques-uns, ceux qui menacent, ça évitera qu’ils tombent facilement s’ils penchent trop ou qu’ils fassent trop de prise au vent. Ensuite il faut renforcer sa toiture. Il y en a qui mettent des parpaings dessus ou des cordages. Les cordages, c’est mieux : ça évite que les tôles s’envolent et deuxièmement si c’est le cas, qu’elles blessent quelqu’un. Après il faut essayer de protéger ses vitres, parce que comme il y a des vents à court temps, il y a des projectiles. Il vaut mieux mettre des grilles devant, du contreplaqué, et à défaut du scotch. À l’intérieur, il faut se mettre dans la pièce la plus robuste et prévoir tout pour tenir, faire ses courses. Il faut une radio pour pouvoir écouter les bulletins d’information, de quoi s’éclairer, des bougies, des lampes torche. Si jamais le toit s’envole, il faut prévoir une valise ou une grande caisse étanche pour pouvoir mettre ses objets de valeur, ses papiers importants, son appareil photo… Il faut aussi anticiper des réserves d’eau pour se laver et faire ses besoins naturels.”

Si jamais Nisha monte en puissance, quelle sera l’étape suivante ?

“C’est l’alerte orange avec des mesures précises au niveau des services publics qui soient d’État ou du Pays. Des recommandations génériques aux entreprises et aux établissements publics, il y en a déjà à l’heure actuelle. Ça, c’est à moins de 48 heures de l’événement, puis à moins de 18 heures on passe en alerte rouge et là on restreint énormément la circulation pour ensuite l’interdire et il faut rester chez soi.”

Quel est le rôle de la protection civile ?

“On travaille avec le Pays, on travaille avec les communes, les pompiers. Nous sommes conseillers techniques et en relation avec tous les services. Notre rôle est de coordonner.”

De quels moyens disposez-vous ?

“Nous avons des moyens de transmission, nous avons une salle de crise qui a été aménagée au haussariat. Si Nisha oblique et part, elle ne servira pas et on la démontera. Il y a une cellule d’opération de crise du Pays qui va se mettre en place, ce n’est pas concurrentiel, c’est complémentaire.”

Nous sommes dans une année El Nino, est-ce que Nisha est un peu une répétition avant d’autres événements météorologiques de ce type ?

“C’est une année El Nino, il se peut qu’il y ait d’autres événements. Il se prévoit un autre phénomène météorologique derrière celui-là qui devrait suivre. Il n’est pas encore précis et s’appelle Olga. Il est en Australie actuellement.”

Propos recueillis par CV

 

Trois cellules de crise mises en place

Le haussariat a mis en place hier une cellule de crise avec la protection civile dans ses locaux. Le Pays a quant à lui mis en place, non pas une mais deux cellules de crise, opérationnelles dès aujourd’hui : la première, gérée par la direction de l’équipement, installée au 3e étage du bâtiment administratif, avenue du commandant Destremeau ; la seconde, qui aura pour fonction d’être le centre d’opérations du Pays, installée en salle des conférences de presse de la présidence.

Côté météo, selon le dernier communiqué du haussariat, “la dépression tropicale modérée Nisha était située hier en fin de journée à 17 heures à 20,06° sud – 163,30° ouest, soit 1 140 km à l’ouest nord-ouest de Rimatara et 1 260 km à l’ouest sud-ouest de Maupiti”. Le matin, un avis de mise en garde avait été émis par le haussariat, qui a été maintenu en fin de journée. “Nisha, après s’être intensifiée lentement se dirige vers les Cook du sud et devrait ensuite entrer dans une phase d’affaiblissement en abordant l’ouest de la Polynésie française entre le nord des Australes et la Société. La dépression générera une amplification de la houle de nord-ouest jusqu’à 4 m à l’avant de la dépression dans les îles de la Société samedi en cours de journée”.

Nisha a pour l’instant fait peu de dégâts sur les zones où elle est passée ; les vents constants en son centre étaient estimés hier à une vitesse moyenne de 75 km/h, avec des rafales à 120 km/h.

 

 

Zoom

La Polynésie plusieurs fois meurtrie par des cyclones

La Polynésie française figure parmi les régions du globe les moins affectées par les cyclones. Mais l’histoire connue des cyclones en Polynésie (moins de 130 années) révèle tout de même que l’on a déploré :

  • 117 victimes en 1878 (Tuamotu de l’est),
  • 517 victimes en 1903 (Tuamotu nord et centre),
  • 8 victimes en 1905,
  • 150 victimes au moins en 1906 (Tuamotu et Tahiti),
  • 13 victimes en 1982/1983 (Société et Tuamotu)
  • 19 victimes en 1997/1998 sur la Société.
 

 

Cyclone : définition et classification

Selon le site internet Météo France, un cyclone est une perturbation à circulation tourbillonnaire des régions tropicales, généralement d'une intensité déjà forte. C'est un terme courant, à usage général, et on lui préfère le terme de typhon dans le Pacifique occidental et d'ouragan aux États-Unis et aux Antilles. On considère en réalité le vent le plus fort en valeur soutenue durant une minute. C'est ce que l'on dénomme le vent maximum soutenu.

  • Si ce vent soutenu ne dépasse pas 63 km/h, on parle de dépression tropicale. Elle est numérotée, la première de l'année en début de saison portant le numéro 1. Les vents étant faibles, les risques seront induits essentiellement par les pluies fortes, voire intenses.
  • Si les vents soutenus les plus forts sont compris entre 63 et 117 km/h, on parle de tempête tropicale et on lui attribue un prénom. Si les pluies sont toujours à craindre, les vents commencent à faire des dégâts, notamment dans la végétation fragile telle que les bananeraies, et avec eux la mer devient grosse et dangereuse à son passage.
  • Si le cyclone est encore plus développé, les vents peuvent dépasser ce seuil de 117 km/h. C'est alors ce qu'on appelle un cyclone ou ouragan ou typhon. Pour distinguer l'ampleur des dégâts que ces vents peuvent occasionner, on a déterminé plusieurs catégories selon la force des vents maximums générés par ces ouragans. La classification qui fait référence est celle de Saffir-Simpson, qui comporte cinq catégories :

- classe 1 : vents maximums compris entre 118 et 153 km/h ;

- classe 2 : vents maximums compris entre 154 et 177 km/h ;

- classe 3 : vents maximums compris entre 178 et 209 km/h ;

- classe 4 : vents maximums compris entre 210 et 249 km/h ;

- classe 5 : vents maximums dépassant 249 km/h, c'est la catégorie reine des super-cyclones.

Les cyclones dits majeurs ou intenses de catégorie 3 à 5 sont beaucoup plus redoutés par les vents violents et la mer déchaînée que les cyclones de classe inférieure.

 

 

Noms des cyclones : un choix préétabli

Le choix des noms des cyclones tropicaux répond à une procédure connue et basée sur l’occurrence, par ordre alphabétique, de ces phénomènes dans les zones de compétences respectives des centres régionaux. Le centre météorologique de Nadi (Regional specialised meteorological center, RSMC), qui couvre une énorme zone de surveillance du Pacifique sudouest située entre l’Australie et la Polynésie française, possède une liste alphabétique, dans laquelle il puise pour baptiser les phénomènes successifs. Dans la liste courante, et pour cette zone, les noms de Arthur, Becky, Chip, Denia, Elisa, Fotu, Glen, Hettie, Innis, Joni, Ken et Lin ont été attribués au cours des saisons précédentes. La lettreMa été attribuéemi-décembre 2009, lors du passage du cyclone Mick au-dessus des îles Fidji. La lettre N est désormais attribuée à Nisha. Dans cette liste alphabétique, les noms restant à attribuer sont successivement Oli, Pat, Rene, Sarah, Tomas, Vania, Wilma, Yasi et Zaka. À l’extérieur de cette zone de compétence fidjienne, toujours dans la grande région, le nom d’autres cyclones (comme Olga, qui menace toujours l’extrême nord de l’Australie) provient d’une autre liste, mais répond à la même logique alphabétique.

PAD

 

 

Reportés à cause de Nisha

  • Le concert de la solidarité Le concert de la solidarité organisé par le Collectif et la Croix-Rouge en Polynésie, prévu dimanche 31 janvier place To'ata, est reporté à une date ultérieure. Les billets sont toujours disponibles à la vente ; ceux déjà achetés restent valables. Une nouvelle date doit être prochainement fixée. Plus de renseignements sur le site : www.villepapeete. pf
  • La tournée gouvernementale aux Tuamotu Un communiqué de la vice-présidence indique que “compte tenu des conditions météorologiques liées à l’approche de la tempête tropicale Nisha, la tournée gouvernementale prévue aux Tuamotu ce week-end est reportée à une date ultérieure”.
  • La grande braderie de janvier Elle devait se tenir ce week-end salle Aorai Tini Hau, à Pirae. Elle est finalement reportée au week-end prochain, les 5, 6 et 7 février, au même endroit.
 
  • Mahana Pae i Papeete Les animations à la mairie de Papeete et à Vaiete sont annulées. Pas celles du marché.
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    Commentaires (1)Add Comment
    0
    ...
    Par heremoana, janvier 30, 2010
    Non monsieur si OLGA est en australie, elle ne peut inquiéter la polynésie..

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