DÉFISC’ OU PAS DÉFISC’ ? Pour le King Tamatoa, c’est l’assemblée qui pourrait finalement être appelée à se positionner. Selon Oscar Temaru, le dossier arrivera sur le bureau de la commission de contrôle du budget.
Oscar Temaru l’avait dit le 18 septembre dernier. Trois jours après que le conseil des ministres a accordé la licence au King Tamatoa, le président du Pays déclarait : “Il n’y aura pas d’agrément fiscal”, soit pas de défiscalisation pour le projet de Bill Ravel. Il était allé même plus loin : “Ils ne bénéficieront pas du FRPH non plus. C’est vraiment une position tranchée du gouvernement et nous ne reviendrons pas dessus”. Émoi dans le camp Ravel !
Car si le fait que le King Tamatoa ne bénéficiera pas du Fonds de régulation des prix des hydrocarbures, qui permet d’avoir du carburant à prix préférentiel, n’est apparemment pas un réel problème pour le projet King Tamatoa, Gaston Tetuanui de la SA Raromatai Ferry précise dans un communiqué : “Si nous sommes exclus, comme nous l’avions demandé pour faire taire les polémiques, nous pourrions obtenir du gasoil encore moins cher”.
En revanche, sur l’absence de défiscalisation, le son de cloche est radicalement différent. Bill Ravel l’a à maintes fois rappelé. “Je ne peux pas imaginer qu’il n’y aura pas la défiscalisation”. “Bien entendu, la défiscalisation fait partie de notre plan de financement. Certaines personnes, même du gouvernement, m’ont demandé : ‘Sans la défiscalisation quel serait le prix du billet ?’. Moi, ma politique est simple : j’ai un billet à 50% de mon concurrent Air Tahiti. Si c’est pour me mettre à 20% moins cher qu’Air Tahiti, ça n’a pas d’intérêt”. L’équation est simple pour l’homme d’affaires s’il n’y a pas de défiscalisation : “Nous ne réaliserons pas le projet et nous nous réservons le droit de faire un procès pour nous rendre justice. Ceux qui auront empêché le projet de se réaliser qui sont déjà connus prendront leurs responsabilités.”
Gaston Tetuanui a lui aussi maintenu la pression. “Si le King Tamatoa n’obtient pas la défiscalisation, nous demanderons un référendum comme nous y autorise la loi puisque nous avons obtenu 7 624 signatures alors que seulement 2 000 étaient nécessaires”, a-t-il prévenu.
Et si tout se réglait à l’assemblée ? Cela aurait l’avantage d’augmenter le degré de légitimité de la position et par là même de refiler la patate chaude à Tarahoi. C’est ce qu’a laissé entrevoir jeudi Oscar Temaru au cours de la quatrième séance budgétaire à l’assemblée. Au terme d’une question de Lana Tetuanui, il a précisé que le dossier devrait être examiné par la commission de contrôle du budget, laquelle donnera un avis en permettant ou pas que les représentants en débattent. De l’assemblée, la SAS Raromatai en parle également. Dans son communiqué et dans l’optique de mettre fin à la polémique, elle explique que “les élus devraient se prononcer par un vote”. Pas gagné….
PL