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Oct
01
2009
Alerte au tsunami : que doit-on améliorer ? PDF Imprimer Email
Fenua - Société

BILAN DU HAUT-COMMISSARIAT. Réseau téléphonique inopérant, évacuation désorganisée des écoles, sirènes inaudibles dans certaines zones... La Polynésie devra faire mieux à la prochaine alerte au tsunami. Que doit-on améliorer ? Comment mieux préparer la population face à l’urgence ? En quoi une meilleure implication des communes est-elle indispensable ? Réponses avec le haut-commissariat.

 

L’ESSENTIEL

  • Que doit-on modifier ou améliorer pour mieux gérer les alertes au tsunami ? C’est la question à laquelle le haut-commissariat a répondu hier
  • Régler la saturation du réseau téléphonique est une priorité. Plusieurs solutions sont envisagées pour atténuer cette difficulté de communication
  • Les plans communaux de sauvegarde n’étaient pas prêts. Les municipalités doivent les élaborer, avec le soutien financier de l’État, avant la fin de l’année pour une meilleure gestion, notamment des évacuations

 

Vingt-quatre heures après l’alerte au tsunami déclenchée en Polynésie, le hautcommissariat dresse un bilan. Hier, les services de l’État ont délibérément choisi de revenir uniquement sur les dysfonctionnements relevés et d’exposer les remèdes retenus pour optimiser la gestion de l’urgence.

La saturation du réseau téléphonique est bien évidemment une préoccupation majeure. Le nombre d’appels a été multiplié par cinq mardi, entraînant “l’autoprotection” de l’autocommutateur. En clair, le réseau a planté. L’OPT a confirmé, lors d’une réunion d’après-crise qui s’est tenue au haut-commissariat, qu’il s’agissait d’un “événement exceptionnel”. Et heureusement, car envisager une absorption de l’intégralité des appels dénombrés lors de cette alerte –120 000 appels sur les lignes fixes et 300 000 sur les vini en une heure– relève clairement de l’illusoire. En revanche, la pose de nouvelles antennes relais sur Tahiti et Moorea, couplée à une densification des équipements, permettra dans six mois une augmentation de la capacité du réseau de 100 %. À cette date, Tikiphone espère également la mise en service d’un second autocommutateur. Le secrétaire général du haut-commissariat Éric Spitz a par ailleurs annoncé la création d’un groupe de travail chargé de réfléchir à la “priorisation” de certaines lignes. La mise en place d’un réseau parallèle, un circuit fermé réservé à certaines entités, est aussi dans les tuyaux. On notera le commentaire du ministre de l’Économie numérique Jacqui Drollet, interrogé sur le sujet en marge d’une conférence de presse, qui met en cause l’État dans cette saturation du réseau. Une saturation qui, à l’entendre, aurait pu être évitée si l’OPT avait été prévenu plus tôt de l’alerte. Quant à To Tatou Ai’a, il demande à Jacqui Drollet d’“apporter toutes les garanties quant à la résolution de ce problème”.

Problème de communication, mais aussi problème d’évacuation. À ce sujet, un autre ministre, celui de l’Éducation, estime dans un communiqué que “dans certains établissements, la “crise” n’a pas été gérée de manière optimale du fait d’un manque d’information clair et d’un manque (parfois) de procédure élaborée en amont par la sécurité civile en partenariat avec les communes et les services du Pays et de l’État”.

Cette procédure d’évacuation des écoles est pourtant une responsabilité qui incombe directement aux chefs d’établissements, sous l’autorité du Pays. Cette procédure entre dans le cadre plus vaste des plans communaux de sauvegarde. Ils devaient être réalisés par les municipalités avant le 31 décembre 2008 par arrêté du haut-commissariat datant de 2007. Cet arrêté a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2009. Éric Spitz a annoncé hier que l’État, via le Fip (Fonds intercommunal de péréquation), financerait à 100 % leur réalisation et que la protection civile épaulerait les municipalités dans leur élaboration. La démarche est en cours dans 90 % des communes, a aussi précisé l’État. Et c’est également via le Fip que les communes seront aidées dans la maintenance des sirènes, une compétence qui leur revient. “Il n’est pas question de se substituer aux élus, mais de leur apporter notre appui”, a prévenu le secrétaire général du haut-commissariat.

Plusieurs incidents qui ont émaillé la journée de mardi. Le premier –et pas des moindres– est le retard constaté dans la transmission du bulletin d’alerte par le centre d’alerte du Pacifique, basé à Hawaii. “Le bulletin a été reçu à 8 h 04 à Hawaii et il n’est arrivé au laboratoire de géophysique de Pamatai qu’à 8 h 20”, a détaillé Éric Spitz. Les raisons de ces minutes perdues sont activement recherchées. Le haut-commissariat a demandé à Pamatai de se mettre en relation avec Hawaii. Enfin, les muto’i ont constaté le débarquement des passagers d’un ferry effectuant la liaison Moorea-Papeete alors que les consignes de sécurité étaient strictes et qu’il était demandé à tous les navires de rester au large.

FR

 

Afflux de messages aux Samoa

Hier, le haut-commissariat était le premier, en Polynésie française, a adressé ses condoléances aux îles Samoa, suivi par Bruno Sandras qui délivrait “un message de solidarité”. “Dans les moments de tristesse frappant la famille océanienne, nous devons rester sensibles et solidaires face à ces drames de la vie plongeant dans le deuil de nombreuses familles”, écrit le député-maire. Le président de la Polynésie française, Oscar Temaru, a quant à lui adressé hier trois courriers de soutien au Premier ministre des Samoa Tuilaepa Sailele Malielegaoi, au gouverneur des Samoa américaines Togiola Tulafono, ainsi qu'au Premier ministre des Tonga. Le Premier ministre australien Kevin Rudd, qui assure depuis août la présidence tournante du Forum des îles du Pacifique, a fait parvenir, au nom de cette organisation régionale, un message de condoléances et de compassion à l’attention des populations de Samoa, des Samoa américaines et de Tonga. Le secrétaire général du Commonwealth, Kamalesh Sharma, a lui aussi fait parvenir un message de condoléances au Premier ministre de Samoa, dans lequel il évoque sa “grande préoccupation” au sujet de la dévastation causée par le séisme et le tsunami. Le ministère français des Affaires étrangères, lors de son point presse quotidien hier, parlait quant à lui de “très vive émotion” concernant le “bilan catastrophique du tsunami qui a durement frappé la population des îles Samoa. John Key, Premier ministre néo-zélandais, se déclarait hier “attristé” par la perte de vies humaines occasionnée par le tsunami.


Les premiers secours arrivent

Alors que les équipes de secours des Samoa ont commencé à rechercher d’éventuels survivants parmi les centaines de disparus, l’aide internationale pour les populations de cet État est en route. Elle vient essentiellement de la Nouvelle-Zélande, ancienne puissance de tutelle de Samoa, mais aussi de l’Australie. Un appareil Orion P-3 de l’armée de l’air néo-zélandaise a décollé hier soir pour Apia, avec pour mission de survoler les zones les plus touchées afin de dresser un premier bilan des dégâts matériels et infrastructurels, mais aussi un repérage d’éventuels corps flottant à la surface de la mer. Un autre avion militaire, un Hercule C-130, a décollé de la Nouvelle-Zélande aux alentours de minuit hier avec à son bord une équipe médicalisée et du matériel de première urgence (bâches, médicaments), des civières et des “morgues provisoires”, répondant ainsi à une demande expresse du gouvernement samoan, a indiqué mercredi Murray McCully, ministre néo-zélandais des Affaires étrangères. La Commission européenne a aussi annoncé, depuis Bruxelles, une enveloppe initiale exceptionnelle de 18 millions de Fcfp, dans le cadre de son programme “ECHO” d’aide humanitaire, a précisé Karel De Gucht, commissaire à l’aide humanitaire. Cette aide devrait être dirigée vers la Croix Rouge Internationale.

Côté australien, le ministre des Affaires étrangères Stephen Smith a lui aussi annoncé l’envoi imminent à Samoa d’avions militaires médicalisés, dont le premier a décollé de Brisbane dans la nuit de mercredi à jeudi, aux alentours de deux heures du matin (locales). Ce premier vol embarque aussi des équipes chargées de procéder à une évaluation des dommages, ainsi que des agents de la police fédérale australienne spécialisés dans la médecine légale et l’identification des corps. Un autre avion militaire, Hercule C-130, devait aussi décoller de la base militaire de Richmond jeudi, avec à son bord des tentes, des bâches, des couvertures, des moustiquaires et des conteneurs d’eau potable. Au total, Canberra annonce un engagement initial de l’ordre de 143 millions de Fcfp au bénéfice des populations touchées par cette catastrophe naturelle.

Et dans le cadre du dispositif Franz (France, Australie, Nouvelle- Zélande), le Pays et les services de l’État en Polynésie française envoient des moyens humains et matériels pour soutenir les victimes du tremblement de terre et du tsunami. Un médecin, deux infirmiers, et un logisticien, tous rompus aux urgences car issus du Samu ont été prévus. Ils embarqueront avec plus de 600 kg de matériel médical, notamment une tente gonflable de 45 m2, 20 civières de catastrophe, 25 housses mortuaires, 8 conteneurs de médicaments et dispositifs médicaux à usage unique et une valise Inmarsat et un téléphone Iridium pour les transmissions.

 

 

Rétrospective

  • Le 1er avril 1946 C'est le plus important tsunami du siècle dans la zone Pacifique, un tsunami meurtrier. Des vagues de 10 à 15 mètres se sont abattues sur les côtes polynésiennes et notamment aux Marquises. Cet archipel, vu la spécificité de ses baies, a été particulièrement martyrisé. Le centre sismique de magnitude 9 était situé dans les îles Aléoutiennes. La pointe Vénus était sous l'eau et les maisons, en bord de mer dans le quartier Lafayette, ont été emportées.
  • Le 22 mai 1960 Un séisme dans le sud du Chili avait généré un tsunami transocéanique dévastateur à plusieurs milliers de kilomètres de l'épicentre. Des mo’ai de l'île de Pâques avaient été renversés sous l'effet des vibrations du sol. Selon des experts, le phénomène atteignait pratiquement la magnitude 10 sur l'échelle de Richter. Les Marquises, archipel particulièrement exposé (il ne dispose pas de récif corallien protecteur), avaient été touchées par des vagues d'une dizaine de mètres.
  • Le 29 juillet 1995 Un tremblement de terre au nord du Chili avait provoqué un tsunami dont la vague avait atteint, dans l'archipel des Marquises, trois mètres dans la baie de Atuona (Hiva Oa) et 1,20 mètre à Nuku Hiva. Elle ne faisait que 15 cm à Tahiti et 30 cm aux Gambier. D'après les scientifiques, un tsunami met environ dix heures pour traverser l'océan, du Chili à la Polynésie française. • Le 24 juin 2001 À la suite d'un séisme au Pérou de magnitude 8,4, un tsunami avait menacé l'archipel des Marquises notamment les baies de Taiohae à Nuku Hiva, Atuona à Hiva Oa et Hakahau à Ua Pou. Une alerte effective avait été donnée sur l'archipel, où le danger était très important. Finalement, aucun phénomène n'avait été constaté.
  • Le 25 septembre 2003 Deux tremblements de terre de magnitude 7,8 et 8 s'étaient produits au large de l'île japonaise de Hokkaido, faisant un mort et 236 blessés. Le laboratoire de géophysique à Pamatai avait émis un avis de pré-alerte pour un tsunami en provenance du Japon. Il n'a finalement pas atteint les côtes polynésiennes.

 

 

 

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Commentaires (4)Add Comment
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Par Mamaou, octobre 01, 2009
"dans certains établissements, la “crise” n’a pas été gérée de manière optimale" c'est le moins qu'on puisse dire.... En montant en voiture à Punavai montagne, je suis tombée sur des dizaines d'enfants, encadrés, entre autres, par une institutrice hystérique qui hurlait sur des petits bouts de chou de 3 ans effrayés par cette folle qui les a emmenés sous la pluie. Arrivés à Eden Roc, elle voulait les emmener encore plus haut. Lamentable de confier des enfants à ce genre de personne. Je suis sûre que certains de ces enfants resteront traumatisés par cette journée alors qu'il aurait été tellement plus simple de faire monter les enfants à l'étage de l'école Punavai Plaine juste à côté. J'ai encore le souvenir de cette petite fille rousse qui hurlait sa détresse en tremblant sous les cris de son instit.
Lamentable smilies/angry.gif
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Par citoyen de punaauia, octobre 01, 2009
Le discourt du maire de Punaauia au journal de RFO et sa gestion de
> l'évacuation des enfants scolarisés à l'école 2+2 (qui est en
> première ligne en cas de vague) est purement scandaleux, faut-il une
> fois de plus ne rien dire ne rien faire.Nos enfants auraient pu être
> en grand danger par sa faute.
> Ne faudrait-il pas intervenir au conseil municipal qui aura lieu
> vendredi 2 octobre à 8H30 pour demander des explications ?
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Par Vai, octobre 01, 2009
Claire, a mon lycée, on nous a évacué sans nous donné la raison, alors beaucoup d'élève était perdu entre un simple exercice et autre chose dans en ignorai la cause... a la fin de l'alerte j'ai récupéré mon petit frère qui était totalement traumatiser, son institutrice lui avait dit :" il y a une grosse vague qui arrive et si on ne monte pas tout de suite, la vague va tout engloutir", il n'as que 4 ans il comprend très bien ce quand lui dit, il avait une peur bleu et l'apaisait ne fut pas facile, il est toujours traumatiser. smilies/angry.gif

Quand ces des petits au moins il faudrait rassuré et pas leur dire qu'il y a des risques que tout le monde meurt. Et pour éviter les paniques, faudrait mettre en place des exercices d'évacuation dans toute les communes.
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Par etn, octobre 02, 2009
Le reportage par Rfo relatif a l'alerte rouge semble pour moi très "léger" car très peu aurait été dit sur des points bien précis là où tout n'allait pas, alors qu'une partie de la population serait en rage que cette alerte route n'aurait pas été bien coordonnée, audible à certains endroits, et qu'il y aurait beaucoup à faire d'où cette panique qu'aurait senti cette catégorie de la population. Heureux que la PF ait été épargnée, cette fois ci.
Imaginez un instant qu' au regard donc de ce qui s'était passé, communicatons coupées, infrastructure encore inadaptée, prise de panique, situation des iles basses à risque, des handicappés, des malades dans les centres hosptaliers, a la maison, des enfants et bébés dans les creches et de la non préparation de l'ensemble de la population de toutes les iles et j'en passe, nous avions été tochés par un véritable tsunami de 5 à 10ms de hauteur, arrivant sur nous à une vitesse d'environ 800kms à l'heure, se déferlant sur nos îles etc...je n'ai meme pas envie d'y penser, ce serait l'enfer et la terreur apocalytique.
Que faire pour les prochains tsunamis ? Voici quelques suggestions!
. Toutes les communes devraient être préparées et équipées, la population préparée, formée des volontaires pour ce genre d'alerte.
. Etablir un plan d'évacuation par commue, les lieux, les moyens,
. Etablir une liste des malades, de handicappés, par commune, leurs lieux etc. établir un pland d'évacuation à leur niveau.
. Les écoles, formés des Inst etc et des personnes capables de faire face à cette éventualité, et non de paniquer...
. Libérer les voies de la communication à d'autres concurrents, pour avoir un espace large de communication et non "limité au seul de l'Opt/Mana"
. Pour les iles basses (les Tuamotu etc.) meme principe...
. Accorder un budget important pour mettre en place ces dispositifs...
. La Gendarmerie se met en place pour aider chaque commune...
. Affreter sur le fenua au moins 3 à 5 Hélico de l'armée...
. Pour finir: priez!
Au prochain tsunami, espérons que les Autorités auraient fait leur boulot en partenariat avec la population de chaque ile...
A tia'i noa'tu ai i teie are miti nui i muri nei: Faaitoito!

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