TRANSPORTS. CONTENTIEUX. Le 30 juin, l’assemblée se penchait sur le rapport de sa commission d’enquête sur la société d’économie mixte (Sem) Maeva Nui. Un rapport accablant. Dans la foulée, Tearii Alpha, ministre des Transports terrestres annonçait sa volonté de dissoudre la Sem.
Le problème, c’est que la société Maeva Nui est partie prenante dans deux contentieux, et leur résolution est un préalable à la dissolution de la Sem. Le premier oppose la société 2R Marketing (le représentant en Polynésie d’Ankai, la société qui a construit les bus) et le Pays et le second la New Pacific Shipping (qui était censée affréter les bus chinois) à la société Maeva Transports, qui n’existe plus (En juin 2008, le tribunal du commerce avait prononcé le redressement judiciaire pour Maeva Transports et accepté la reprise par Willy Chung Sao, propriétaire des bus de NTCE et TTCO). C’est ce dernier contentieux, qui selon le ministre, déterminera si la Sem peut être dissoute rapidement ou pas. La New Pacific Shipping qui devait déposer ses conclusions au plus tard le 17 juillet sous peine d’abandon des poursuites, avait obtenu une rallonge jusqu’au 28 août. L’audience a bien eu lieu la semaine dernière, mais l’affaire a été renvoyée au 3 novembre. Pour rappel, le Pays avait confié en 2000 la gestion des transports collectifs en zone urbaine à la société Maeva Transports. Mais la situation s’était rapidement dégradée dans l’entreprise, notamment en raison de tensions internes, entraînant des défaillances graves. Les autorités de Polynésie française avaient alors tenté de résilier dès 2005 la convention de délégation de service public mais le chantage “au blocage des principaux accès routiers de Tahiti” et la crainte de faire perdre des emplois à de nombreuses familles avaient eu raison de la volonté des ministres successifs.
En 2006, le ministre des Transports terrestres de l’époque, James Salmon, proposait la création de la Sem Maeva Nui, pour remédier aux carences de Maeva Transports, avec un capital social de 80 millions de Fcfp dont 41,6 millions pour la Polynésie française. Sa création s’était accompagnée de l’acquisition d’un nouveau parc d’autobus. L’affaire des“130 bus chinois”. Un montage financier complexe et confus, nécessaire à cette acquisition de 2 milliards de Fcfp avait alors été mis sur pied. Un montage qui, selon la CTC, “conduisait à faire supporter l’ensemble du risque financier par la collectivité de la Polynésie française, au profit d’entrepreneurs individuels regroupés dans une société privée, qui comptaient bien tirer un profit personnel de cet outil de travail rénové, offert par la collectivité”. Au final, la procédure a été stoppée et les 130 bus chinois n’ont jamais touché le sol polynésien, d’où les deux contentieux en cours.
CV
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