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Jul
08
2009
“Il faut que les pollueurs paient” PDF Imprimer Email
Fenua - Société

ATELIER 2. L'association Pa'e pa'e no te Ora de Vavitu Mooria est inscrite dans l'atelier “grands projets et développement durable”. Elle y défendra le travail des associations qui protègent le lagon.

 

L’ESSENTIEL

  • Vavitu Mooria réclame une meilleure coordination entre les ministères, et un meilleur suivi des associations qui oeuvrent sur le terrain
  • Il réclame notamment des PGEM, des aires marines protégées, une police verte, des amendes contre les pollueurs...
  • Il estime aussi qu'il faut “éduquer les Polynésiens”

 

Où en sommes-nous ?

Pourquoi participez-vous à ces consultations ?

“Avec l'association Pa'e pa'e no te ora, nous sommes sur le terrain. Nous sommes des bénévoles. Et nous avons du mal à toucher les ministères. Mais ce sont eux qui ont le savoir et les pouvoirs pour agir. Nous avons des choses à dire, des choses vues sur le terrain.”

Que voulez-vous défendre ?

“Nous voulons défendre les associations qui ont un but précis et qui ne sont pas politiques. Nous aimerions bien qu'il y ait un suivi de ces associations au ministère. Je pense que nous ne sommes pas assez écoutés. Dans les ministères, ils ne font pas les travaux comme il faut sur le terrain. Par exemple, il n'y a pas de surveillance au niveau des terrassements et nous sommes obligés de nous défendre et de contrôler nous-même. Si on était soutenu plus franchement, on pourrait avancer beaucoup plus vite.”

Où allons-nous ?

Que comptez vous proposer ?

“Au Grenelle de la mer, nous avons proposé de créer un bureau qui regroupe toutes les demandes que font les associations, au lieu de devoir aller voir chaque ministère, d'attendre, etc. Par exemple, notre demande pour les sentiers sous-marins a mis deux ans pour aboutir. On aimerait que ce bureau centralise les démarches pour le ministère de l'Environnement, le service de la pêche, l'éducation... Il n'y a pas de coopération entre les ministères. Et il n'y a pas de coopération non plus entre ceux qui sont sur le terrain et ceux qui sont dans les ministères. Jamais personne ne vient nous voir pour nous demander de quoi on a besoin ou pour nous donner des conseils. Ce qu'il faut aussi, c'est que les pollueurs paient et que cet argent-là soit reversé aux associations qui protègent l'environnement. Dans la vallée de la Punaruu, combien d'associations se sont battues ? Malgré ça, la pollution continue...”

Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Quels outils de gestion du lagon faut-il développer ?

“Les PGEM (plan de gestion des espaces maritimes), mais aussi les aires marines protégées. Autrefois, il y avait le rahui. Aujourd'hui, il faut s'adapter à l'histoire, à la culture, à l'augmentation de la population. Quand on a parlé du PGEM pendant le Grenelle de la mer, quelqu'un du service de la pêche nous a dit que les habitants de Moorea ont rouspété pendant dix ans contre le PGEM. C'est un problème d'éducation. Les Polynésiens ont besoin d'être éduqués sur le terrain. Il faut emmener les gens dans le lagon et leur expliquer. C'est pour ça qu'on aimerait embaucher des jeunes pour encadrer les écoliers que l’on sensibilise à l'environnement.”

Les hommes politiques proposent régulièrement de créer une police verte...

“Il ne faut pas seulement parler. Il faut le faire. S'il y avait un risque de contrôle dans le lagon, les gens auraient peur. C'est comme la ceinture de sécurité. Maintenant que la police met des amendes, c'est automatique, tout le monde la met. Je ne comprends rien : j'ai vu des Tahitiens aux États- Unis, ils font attention. Dès qu'ils arrivent ici, ils jettent chewing-gum et cigarette par terre ! Sur le récif, on trouve souvent des coquilles de burgo ou de troca vides. C'est interdit. Mais les agents du service de la pêche ne vont pas faire des contrôles. En fait, ils attendent que toi, particulier ou association, tu prennes les gens sur le fait et que tu appelles.”

Propos recueillis par Benoît Buquet

 

Zoom

Vavitu Mooria, ex-employé de banque à la retraite, vit côte ouest au PK 17,4. En 2004, il a créé avec le vieux pêcheur Paul Faugerat l'association Pa'e pa'e no te Ora qui oeuvre pour la protection du lagon dans cette zone. “Au départ, nous étions quatre. Aujourd'hui, nous avons 63 adhérents”, affirme-t-il fièrement. Un sentier sous-marin a été installé : des éducateurs bénévoles de l'association y conduisent des enfants des écoles ou des centres aérés pour leur apprendre à reconnaître les espèces vivant dans le lagon. Vavitu Mooria a abandonné la pêche et préfère désormais la balade dans son lagon. “Je ne peux plus m'en passer, avouet- il. J'ai même parfois du mal à me mettre au travail tellement j'aime ça. Et quand un enfant sort de l'eau en disant qu'il a découvert quelque chose qu'il n'avait jamais vu avant, alors on se dit qu'on a réussi quelque chose.” Pa'e pa'e no te Ora joue aussi les éboueurs. Des opérations de ramassage de déchets, notamment des pneus, sont organisées régulièrement. www.paepaenoteora.org

 

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Commentaires (1)Add Comment
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Par CC, juillet 09, 2009
Voilà qui est parlé ! Bravo Vavitu mais puissent les autorités gouvernementales locales s'y mettre d'urgence et non seulement feindre de t'entendre...
A quand la taxe carbone dissuasive pour les pollueurs encore amateurs de 4/4 énormes ? Des retombées non négligeables en découleraient à l'évidence, redresser le budget du Pays en chute libre et sauver in-extremis lagons et archipels... Et un merci immense aux Nouvelles, le seul média à dénoncer en permanence et sans relâche toutes les dérives, qu'elles s'exercent en matière politico-financière ou environnementale, ce qui n'est pas moins grave...

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