PUNAAUIA. Hier, Vavitu Mooria et Titaua Schenck, fondateurs de l’association Paepae no te Ora, ont souligné des problèmes de terrassements sauvages du côté de Punaauia. Selon eux, une trentaine de sites du genre existeraient de Punaauia à Paea.
L’ESSENTIEL
- Des terrassements sauvages sur la côte ouest menacent la faune sousmarine et les riverains
- Paepa no te Ora souhaite que les autorités publiques, notamment les services de l’Urbanisme, agissent contre ces chantiers sauvages
- À une semaine de la journée mondiale de l’environnement, le 5 juin, ils appellent à agir pour la préservation du fenua
“Depuis la création de l’association en 2003, nous essayons de lutter contre ce problème de terrassements sauvages et de constructions privées irrespectueuses de l’environnement”, lance d’emblée, Vavitu Mooria, président de Paepae no te Ora. En présence d’Hélène, membre du service de l’Environnement de la mairie de Punaauia, il se dirige vers un des sites suspects au PK 17 à Punaauia. Non loin de la pension Otaha Lodge où, dans le lagon en face, ils ont mis en place deux sentiers sous-marins inaugurés en mars. Sur place, celle-ci réalise qu’elle n’avait jamais entendu parler de ce terrassement qualifié de sauvage et non signalé : “Il n’y a pas de panneau obligatoire avec l’autorisation de construction. Lemaire ne nous en a pas informés.” “Nous avons déjà prévenu les autorités au sujet de certaines constructions proches de la plage et qui polluaient le lagon”, reprend Vavitu. “Nous avons eu gain de cause, mais pour ce qui se passe du côté des vallées, je n’ai pas encore déposé de plainte.”
Pourtant, ces constructions ont des conséquences néfastes pour les riverains et le lagon en cas de fortes intempéries. “Ils creusent la vallée et des gens viennent récupérer du gravier sur le chantier sans se soucier du sol dessous, totalement instable. Quand il pleut, cela crée une pente de boue qui coule du haut de la vallée jusque chez les voisins en bas avant d’arriver dans les caniveaux construits en bord de route qui se déversent directement dans le lagon. Cette boue nuit aux greffons de coraux du sentier et éloigne la faune sous-marine. Cependant, les autorités ne savent rien de ces constructions sauvages ou dans le cas contraire, ils agissent rarement en conséquence. Ou en tout cas pas avant d’en voir les effets ou d’avoir la moitié de la population sur le dos. Dans ce cas présent, les règles de construction sont clairement omises mais personne n’a prévu d’arrêté contre ce chantier”, s’indigne Vavitu.
Enfin, les membres de l’association soulèvent un dernier problème : un défrichement intensif sans raison apparente. “Personne ne sait pourquoi ces arbres ont été abattus, ni ce qu’est ce chantier. Est-ce une maison ? Un immeuble ? Les services d’urbanisme devraient faire plus attention à ce qui se passe dans les vallées du fenua. On est sur la mauvaise pente.” La journée mondiale de l’environnement approchant (elle se déroulera le 5 juin), il serait temps de prendre conscience de ce type de problèmes. “Agissons pour la préservation du fenua !”
JW
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