YVES HAUPERT, directeur
“Aujourd’hui, notre outil est obsolète”
Quelle est votre réaction face à la critique émise sur votre rémunération ?
“J'ai le salaire le plus bas de la direction de TNTV depuis la création de la chaîne. J'ai déjà fait des efforts. Si le conseil d'administration ne m'avait pas reconduit, je me retrouvais sans rien du jour au lendemain.”
Pourquoi la subvention ne suffitelle pas à couvrir les dépenses de la chaîne ?
“La subvention s’élève à 775 millions de Fcfp alors que les besoins de la chaîne s'élèvent à 1,050 milliard. On peut trouver ça énorme, mais c'est une des chaînes les moins chères au regard du volume de production. La masse salariale est de 80 personnes. TNTV produit entre 4 heures et 4 h 30 de production locale, 7 h 30 avec les diffusions, soit 40% de la grille quotidienne. À titre de comparaison, RFO c'est 175 personnes et 2,4 milliards de Fcfp de budget pour 1 h 30 à 1 h 45 de production. C'est simplement pour dire que pour faire de la télé, ce n'est pas excessif ! TNTV est dans un bon ratio de coût par rapport à la production. Après, les difficultés budgétaires du Pays, c'est un autre problème : ce n'est pas parce que le Pays a du mal à nous donner la subvention que pour autant elle est exhorbitante. Ce sont deux problèmes différents.”
À votre avis, où les charges et les coûts peuvent-ils être réduits ?
“Il y a des dossiers sur lesquels le Pays peut nous aider : le loyer versé à la Daf, le transport du signal avec TNS, et nous avons de grosses provisions concernant un litige que nous avons avec le Pays sur la TVA… Ces dossiers à eux seuls représentent 100 à 150 millions par an ! Les régler nous permettrait déjà de diminuer la subvention d'autant. Les économies, nous en avons déjà fait beaucoup. Mais aujourd'hui, notre outil est obsolète, notre bâtiment est vétuste, on a fait de la chasse au gaspi, on est à la limite de ce que l'on peut faire en terme d'économies dans les charges de structure.”
Le plan financier sur 5 ans que vous aviez élaboré permet-il de redresser la barre ?
“J'ai élaboré un plan mis en place à mon arrivée en 2007, mais il n'a pas pu être tenu en raison des changements de gouvernements ; j'en suis à mon 5e gouvernement et 5e conseil d'administration ! Mais si la dette n'était pas apurée, dans l'hypothèse du pire, nous serions contraints de fermer l'entreprise. Personne aujourd’hui ne souhaite que TNTV s'arrête. Nous travaillons à un nouveau plan d'économie, mais je pense qu'à terme il faut complètement repenser l'outil, de manière à nous préparer à l'arrivée de la TNT avec un outil restructuré.”
Donc vous estimez qu'il faut au contraire investir pour que TNTV survive ?
“Il faut investir pour que ce soit viable et profiter de l'obligation que nous avons de rénover notre outil qui est complètement obsolète pour réaliser la mutation technologique, de l'analogique dans lequel nous sommes, vers le numérique qui est nécessaire demain avec l'arrivée du câble et de la TNT. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas atteindre ces objectifs parce que nous n'avons pas les moyens de nous rééquiper. La subvention ne permet déjà pas de couvrir les coûts et charges fixes !”
Est-ce comparable avec ATN ?
“La différence avec ATN est que la compagnie a des ressources propres en vendant son service tandis que TNTV est un service gratuit.”
Justement, seriez-vous favorable à une redevance audiovisuelle ?
“Ce serait souhaitable. Il ne s'agirait pas de créer une taxe nouvelle, mais d'affecter la partie d'une taxe déjà existante, la TVA par exemple, sur un certain nombre de matériel audiovisuel afin de l'affecter au financement du pôle audiovisuel.”
SANDRA LÉVY-AGAMI, vice-présidente
“On risque de mettre la clef sous la porte”
Avez-vous présenté vous-même votre candidature ?
“Je me suis présentée à la viceprésidence, mais pas à la présidence parce que le président du Pays avait fait un arrêté en conseil des ministres autorisant uniquement madame Tea Hirshon à se présenter, mais aussi pour avoir plus de disponibilités pour la commune de Mahina. La vice-présidence m'intéresse car l'année dernière j'avais présenté un plan de relance à Gaston Tong Sang. On n'en avait pas tenu compte. J'en ai parlé au conseil d'administration aujourd'hui.”
Quelles sont les grandes lignes de votre plan de relance ?
“Faire en sorte que le service public puisse commander directement les programmes auprès de la chaîne. Nos rentrées commerciales sont peu importantes, alors que les services des établissements publics font passer leurs spots de campagne sur RFO avant TNTV et lui demandent la gratuité. Nous sommes en cessation de paiement. On risque de mettre la clef sous la porte !”
La dotation de la chaîne est inférieure à ses dépenses, quelle solution proposez-vous ?
“Ça fait deux ans qu'on vote des budgets inférieurs à ce que la chaîne dépense réellement alors qu'en parallèle la masse salariale est importante. Il faut que gouvernement et assemblée donnent à la chaîne les moyens de fonctionner.”
Que pensez-vous du renouvellement d'Yves Haupert au poste de directeur ?
“J'ai voté contre parce que je souhaite qu'il y ait une lettre de mission avant de voter pour un directeur ainsi qu'une révision de la rémunération. Le directeur de TNTV touche 1,2 million, c'est plus qu'un ministre et deux fois plus qu'un représentant à l'assemblée, je trouve ça inadmissible ! Il faudrait également poser cette question dans tous les établissements publics et dans toutes les Sem. De plus, j'estime qu'il faudrait un appel à candidature pour la direction de la chaîne.”
Pourquoi ne pas prévoir un prélèvement sur les taxes reversées à l'EPAP et l'environnement entre autre pour financer TNTV avec une taxe sur les produits audiovisuels? En tout cas ce manque de vision de l'avenir est à l'image de notre incompétence ambiante politico-médiatique.
C'est à l'assemblée et dans les ministères qu'il faudrait faire plus d'économies et reverser cet argent à TNTV ou à l'abbatoir de Papara?
moins d'émissions importées payées à prix fort et plus de production locale dans toutes les langues du pays:reo tahiti, reo enana, reo paumotu,reo tuhaa pae,...