ÉDUCATION. Une intersyndicale, regroupant une dizaine de syndicats de l’éducation a manifesté hier ses inquiétudes quant au transfert de la masse salariale des agents de l’État au Pays. Selon elle, cela aura des conséquences importantes sur le système éducatif local.
“Non au transfert de la masse salariale des agents de l’État au Pays”. Le message est clair. L’intersyndicale de l’Éducation s’inquiète et s’est exprimée à ce sujet hier. Elle s’interroge sur les motivations du ministère de l’Éducation à réclamer plus de compétence en la matière. “Ce transfert va engendrer une gestion importante du personnel et il ne faut pas faire n’importe quoi”, a expliqué Dimitri Pitoeff, président de l’union syndical des personnels de l’éducation et de la formation en Polynésie française. Et de poursuivre : “Cela va avoir des conséquences profondes sur notre système éducatif à long terme. Et cela finira par jouer sur la qualité de l’enseignement. Si la Polynésie obtient toutes ces compétences et qu’il y a une dotation globale de fonctionnement, c’est nos enfants qui vont faire les frais de ces transferts”. A Ti’a i Mua qui rassemble l’intersyndicale s’inquiète notamment de la validité des conditions de recrutement et de formation des enseignants. Mieux, elle se demande quelle qualité le système d’éducation autonome polynésien sera-t-il en mesure de garantir aux jeunes et aux familles. Ou encore quelle valeur aurait des diplômes sans la reconnaissance nationale ou internationale. “Demain si nous avons des diplômes polynésiens nous n’avons aucune garantie qu’ils soient reconnus. C’est mettre en péril le système. Il suffit de revenir 30 ans en arrière et voir l’Histoire du Vanuatu. Regardez, nous avons déjà essayé de mettre en place par exemple des diplômes pour les capitaines en Polynésie et résultat ils ne peuvent naviguer qu’en Polynésie française parce qu’ils ne sont pas valables et nous ne voulons pas de cela. Nous voulons garder un système avec des diplômes nationaux et reconnus dans toute l’Europe”, a martelé Dimitri Pitoeff.
En signant ces transferts, l’État se désengage de 50 milliards de Fcfp à injecter pour l’éducation
Autre point : le financement de l’Éducation. En effet, l’intersyndicale, se demande comment le Pays parviendra à financer “l’effort indispensable de l’éducation”. “Un des gros problèmes est que le Pays ne fait déjà pas ce qu’il doit assumer. Il y a des collèges dans un état de vétusté important (…) C’est une compétence du Pays ! Alors qu’il commence à exercer correctement ces compétences avant d’en demander plus. Il voudrait transférer des compétences mais cela ne sert à rien. En signant ces transferts, l’État se désengage parce qu’il se débarrasse lui de 50 milliards de Fcfp à injecter pour l’éducation, sauf que la Polynésie ne pourra jamais faire face. Et qui va payer les surcoûts ? Cela fait tout de même 50 milliards de plus pour le Pays à trouver. Vont-ils lever des fonds d’impôts pour y parvenir. Nous, nous inquiétons en tout cas. Le Pays va s’endetter s’il fait cela. Avec l’instabilité politique en plus, depuis 2004, je ne pense pas que nos élus soient prêts à budgéter 50 milliards de Fcfp pour l’éducation”, a souligné A Ti’a i Mua. Pour cela, l’intersyndicale demande au ministre de l’Éducation, Jean- Marius Raapoto d’éclaircir sa position. “Nous voudrions qu’il soit clair par rapport à cela et qu’il réponde à toutes nos interrogations avant de faire une chose comme celle-ci”, explique l’intersyndicale. Si rien n’est fait, elle compte bien manifester son mécontentement au travers de mouvements sociaux prévus pour la rentrée scolaire. Du côté de la métropole, les centrales syndicales de l’éducation soutiennent les syndicats locaux. “Nous savons aujourd’hui que même si Darcos, le ministre de l’Éducation nationale est pour ce transfert, il ne le fera pas si le ministre local s’y oppose. C’est à nous maintenant de réagir avant qu’il n’y ait de graves conséquences pour notre système éducatif”, conclut Dimitri Pitoeff. Vendredi, l’intersyndicale doit rencontrer le haut comité de l’éducation pour lui faire part de son point de vue.
Jenny Hunter
“Le transfert de lamasse salariale n’est pas à l’ordre du jour !”
Suite à la conférence de presse de l'intersyndicale de l'éducation, le ministère a tenu à réagir dans un communiqué. Il y indique : “Afin d’éviter toute polémique sur ce que certains dénoncent déjà comme “le problème du transfert de la masse salariale” des personnels de l’Éducation de l’État vers le Pays, le ministère de l’Éducation tient à apporter les précisions suivantes pour une meilleure compréhension de ce “dossier”… En avril dernier le ministre de l’Éducation s’est rendu à Paris afin de relancer les négociations sur la future “Dotation globale de compensation”. Cette dotation comprendra les actuelles dotations d’investissement et de fonctionnement, dotations jusqu’ici reconduites tous les ans depuis la signature de la convention de 2007. Cette dotation globale de compensation nous permettra de disposer de plus d’autonomie dans la gestion du système éducatif et de répartir au mieux dans notre budget et en fonction des besoins annuels, les subventions d’investissement et de fonctionnement aux établissements scolaires. De plus elle permettra de sécuriser les versements. Pour ce qui est du “transfert de la masse salariale” dans le cadre d’une éventuelle dotation globale d’autonomie (à ne pas confondre avec la Dotation globale de compensation) Jean-Marius Raapoto a déjà eu l’occasion de dire aux représentants des personnels de l’Éducation qu’il n’était pas à l’ordre du jour et qu’aucune discussion n’a été prévue avec l’État sur le sujet. À Paris, notre ministre a précisé que si le transfert de la masse salariale devait être envisagé par l’État, il conviendrait alors de prendre du temps et de mettre en place une très large concertation. En effet, le transfert de la masse salariale ne saurait s’envisager sur un coin de table entre deux ministres. Les représentants des personnels de l’Éducation peuvent ainsi être rassurés.”
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Ou bien, leurs soucis ne seraient-ils pas liés à la sécurité de leur salair et retraite hautement conséquente. Tous les syndicats se mettraient à soutenir leur action alors aucun de ceux ci n'ont pris la peine de défendre les soucis au quotidien des familles de la claisse défavorisée et à revenu faible et l'angoisse que celles ci peuvent avoir de pouvoir manger 3 repas décents par jour et un toit décent pour s'abriter ? Les grands et les puissants défendent les grands et les puissants, alors que la vaste majorité de la population est laissée pour compte, de "debrouillez-vous"!!!!!
Les revendications du Président Intersyndical se situent non pas sur la qualité de l'enseignent local mais sur la sécurité de leurs salaires conséquents, voila la vérité de leur inquiétude et revendications!!!
Faatoito
etn