JUSTICE. José Thorel est en pôle position pour succéder à Jean Bianconi, l’actuel procureur de la République. Du côté du palais de justice, on attend l’avis du Conseil supérieur de la magistrature et du décret de sa nomination.
Depuis la fin de l’année dernière, les bruits de couloirs au tribunal de Papeete se font de plus en plus nombreux quant à la succession du procureur de la République, Jean Bianconi. La presse métropolitaine s’en fait également l’écho. Qui remplacera l’actuel procureur de la République ? Les noms fusent. Avec celui de José Thorel, l’actuel procureur de la République d’Ajaccio en Corse, en pôle position. Hier, un article paru dans Corsica et vous, un journal corse, s’avance en titrant que José Thorel est “nommé” à Papeete. Officiellement, ce n’est pas encore le cas. Pour l’heure, la garde des Sceaux a effectivement proposé et soumis le nom du procureur de la République d’Ajaccio. Reste à attendre l’avis du Conseil supérieur de la magistrature. “C’est un avis simple, le ministère de la Justice peut ensuite passer outre ou pas cet avis du Conseil supérieur de la magistrature pour nommer le procureur de son choix”, a souligné le parquet général de Papeete. Cet avis doit être rendu d’ici peu. Le décret portant nomination des magistrats, lui, doit être acté peu de temps après. Une chose est sûre, il doit passer avant la fin du mois de juin. Jean Bianconi prenant sa retraite le 30 juin, son successeur devrait prendre ses fonctions dans la foulée.
S’il s’agissait bien de José Thorel qui a “fait savoir à la Chancellerie depuis la fin de l’année dernière qu’il apprécierait particulièrement retrouver la douceur de vivre de Papeete”, selon Corsica et vous, l’homme ne viendrait pas en terre inconnue. En effet, le procureur de la République d’Ajaccio a déjà été en poste en Polynésie durant près de sept ans, de 1995 à 2002. Durant ces années, il a été juge au tribunal de première instance, juge d’application des peines, mais également président suppléant de la commission de conciliation en Polynésie française. Autant dire, qu’il connaît le fenua. Après son passage dans le Pacifique, il avait été nommé comme vice-président du procureur de la République près du tribunal de grande instance de Paris avant d’être nommé procureur de la République à Ajaccio. En Polynésie et en métropole, certains considèrent “l’arrivée” de José Thorel comme un grand changement au niveau judiciaire. Et pour cause, d’un côté, Jean Bianconi est “réputé chiraquien convaincu”, quant à José Thorel, nombreux sont ceux à le considérer “en bonne grâce auprès de l’actuel président de la République”.
Enfin, à noter que Jean Bianconi est en Polynésie depuis 2003. Ce magistrat au parcours pour le moins atypique arrivait tout droit de la cour d’appel d’Aix-en- Provence où il était président de chambre depuis 1999. Mais l’outre-mer, il connaissait. Il était en effet le substitut du procureur de la République en Nouvelle- Calédonie lors des événements de 1988. Le 27 avril, il était pris en otage par les indépendantistes avec le chef du GIGN et cinq de ses hommes. Il joua par la suite le rôle de médiateur. En 1999, Jean Bianconi a quitté, à sa demande, le tribunal des forces armées de Paris où il était premier juge d’instruction. Une juridiction qu’il connaissait déjà puisqu’en 1997, il avait été nommé premier juge au tribunal des forces armées de Paris. En mars 1996, il est magistrat, en service détaché près la cour d’appel de Nouméa après avoir été nommé au mois d’octobre de la même année, premier juge d’instruction au tribunal de grande instance de Paris. Au cours des deux années précédentes, il était placé en position de détachement auprès du ministère des Affaires étrangères, en qualité d’expert à l’École nationale d’administration, de gestion et de la magistrature de la République démocratique du Laos. En quittant la France, il avait quitté son poste de procureur de la République adjoint près le tribunal de grande instance de Nice qu’il occupait depuis 1993.
JH
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