ENFIN ! Deux mois presque jour pour jour après l'organisation des Tahiti Nui X-Games, la terre qui encombrait le stade Pater commence à être évacuée. Trois jours seront nécessaires. La facture s'annonce salée compte tenu des importants dégâts, plus de 75 millions de Fcfp et encore de longs mois d'attente pour recommencer à courir sur la piste en tartan.
L’ESSENTIEL
- L'évacuation de la terre du stade Pater a débuté hier, deux mois presque jour pour jour (les Tahiti Nui X-Games ont eu lieu le 20 décembre 2008) après ce qui demeurera un des plus gros désastres dans la catégorie organisation d'événement sportif
- Plus de 75 millions seront nécessaires pour réhabiliter le stade
- Une bonne nouvelle très vite chassée par une mauvaise, puisque la piste d'athlétisme ne sera pas praticable avant plusieurs mois
 Ils n'ont pas manqué cette trop belle occasion, offerte sur un plateau par l'ancien gouvernement, pour démontrer l'efficacité de la nouvelle équipe à la tête du Pays. Les ministres de la Jeunesse et des Sports Tauhiti Nena et de l'Équipement Jonas Tahuaitu, étaient hier matin tôt au stade Pater. Ensemble, devant les journalistes et les pelleteuses à la tâche, ils ont lancé –et assisté– l'évacuation de la terre. Gaston Flosse a bien compris l'intérêt de se montrer à cette conférence de presse in situ. Ce fut rapide, quelques minutes seulement, juste le temps d'être photographié et filmé à cette occasion. Pas un mot dans les micros, mais un message subliminal : le Tahoeraa a sauvé le stade Pater...
Annoncée pour fin mars, le temps que les délais légaux pour l’étude de la notice d’impact sur l’environnement soient écoulés (des démarches que les organisateurs n’avaient pas anticipées), Jonas Tahuaitu, le "ministre des Petits travaux" a accéléré la procédure. Même si toutes les autorisations administratives ne sont pas prêtes, admet-il. Mais finalement pour les scolaires qui sont entre 200 et 500 chaque semaine à occuper cet espace et les nombreux joggers, qu'importe, "l'essentiel est qu'il n'y ait pas de fourmis de feu et que les sportifs puissent fréquenter le stade. Il faut aller à l'essentiel. C'est ma façon de travailler. Ce qui compte, c'est l'efficacité et le résultat".
Un peu plus de 3 millions de Fcfp et trois jours de déblayage seront nécessaires pour, qu'enfin, on se rende véritablement compte des dégâts occasionnés, que l'on distingue déjà pour certains sur la piste d'athlétisme en tartan. "La piste est complètement dégradée", a aussi constaté le ministre des Sports qui détaille la facture : "50 millions de Fcfp pour la réhabiliter" et "deux à trois mois" pour en commander une autre. Des expertises vont être menées sur la pelouse : "Il faudra que des techniciens vérifient que les drains n'ont pas explosé." Si ce n'est pas le cas, c'est tout de même "20 millions de Fcfp" de travaux et "avec les drains en moins, c'est un montant plus important".
Pour Tauhiti Nena, pas question de laisser passer ça : "Il faudra aussi poursuivre les auteurs de cette manifestation. Je pense que l'on avait informé, avant cette manifestation, aussi bien le comité olympique que les fédérations sportives des dégâts possibles avec ces 6 000 m3 de terres sur un terrain. J'ai mis le cabinet dessus." Poursuivre qui ? L'association organisatrice, l'ancien ministère des Sports ? "Au sein de l'association, il y a énormément de membres du cabinet du ministre (de l'ancien ministre des Sports Clarenntz Vernaudon, ndlr). Le stade Pater est sous la responsabilité de l'Institut de la jeunesse et des sports, le président du CA est le ministre. On va faire ce qu'il faut." Reste à savoir si la plainte mettra moins de temps à arriver sur le bureau des juges que la terre à être évacuée vers Mahina pour combler le dépotoir, tout ça aux frais de l’IJSPF, l'Institut de la jeunesse et des sports, le gestionnaire du stade.

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Comment les X-Games se sont embourbés
La polémique a commencé bien avant que les Tahiti Nui X-Games ne débutent. Créée de toutes pièces dans le courant de l’année 2008, l’association Xtrem Event qui a organisé l'événement de moto-cross compte des membres et des proches du cabinet du ministère des Sports (Clarenntz Vernaudon). La présidente, Manulani Hartmann, est l’épouse de Michel Teai, le directeur de cabinet du ministre. Membre de l’association et “coordinatrice “ de l’événement, Capucine Teai, est attachée de cabinet du ministère et est la soeur de Michel. Enfin, Christian Taupua, directeur de cabinet adjoint de Kalin, a participé à l’organisation et à l’animation de la soirée, mais “était en congés”. Il est depuis le 9 février à Nuutania où il purge une peine de prison de 34 mois (quatre pour abus de confiance et falsification de chèque et 30 mois pour escroquerie). Après l'événement qui a eu lieu le 20 décembre, chaque jour qui passait était l'occasion de vérifier que la terre n'avait pas bougé. Le 20 janvier, la très peu convaincante "opération vérité" promise par Clarenntz Vernaudon se tenait enfin, mais sans sa présence. Ce sont les organisateurs qui s'expliquaient et rejetaient alors la faute du retard pris pour évacuer la terre sur le ministère de l'Équipement et la pluie. Le 13 février, la DRCL (Direction du contrôle de la légalité) demandait des comptes pour la subvention de 26,5 millions de Fcfp accordée par le Pays à l’association pour ces X-Games. Une démarche assez exceptionnelle de la part de l’État.
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