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Feb
21
2009
Sandras pour le droit de mourir PDF Imprimer Email
Fenua - Société

Bruno Sandras, député.ASSEMBLÉE NATIONALE. Le député Bruno Sandras a signé, avec huit autres députés, une proposition de loi visant à autoriser l’euthanasie dans un cadre bien précis. Entretien.

Pourquoi avoir signé une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie ?

“Il y a certains cas où on sait, avec l’avis des médecins, qu’il n’y a plus rien à faire pour un malade et celui-ci veut mettre fin à ses jours. Mais aujourd’hui, il n’y a rien qui est prévu pour ces cas. Vous risquez d’être poursuivi devant les tribunaux. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de condition humaine et qu’il y a des personnes, même ici en Polynésie, qui sont gravement atteintes et qui veulent s’en aller, mais elles ne peuvent pas. Même la famille dit : ‘On préfère qu’elle s’en aille, elle souffre trop’. Mais on ne peut pas. Je ne pense pas, avec les rigidités qu’il y a aujourd’hui, que ce projet de loi passe. Mais, je pense que c’est une attitude très humaniste vis-à-vis de ceux qui se trouvent dans cette situation. La loi est, selon moi, aussi faite pour répondre aux nécessités de la vie quotidienne et aux cas particuliers.”

Pour le médecin traitant de Chantal Sébire, l’euthanasie devait être considérée comme un acte d’amour envers ses proches qui souffrent de la voir souffrir. Pour vous, l’euthanasie peut-elle être un acte d’amour ?

“Bien sûr. Mais ce verbe euthanasier donne de l’ambiguïté. Je crois qu’il faudrait plutôt parler de fin de vie, de choix de vie, de choix des personnes avec l’accord de leur famille et respecter leur choix. Moi, je ne suis pas pour qu’on tue les gens.” Dans l’exposé des motifs de cette proposition de loi, on peut lire que “la réalité du terrain témoigne que l’euthanasie active, bien qu’interdite en France, se réalise dans l’ombre”.

Selon vous, est-ce aussi le cas en Polynésie française ?

“Non, ça ne se fait pas. On accompagne les gens jusqu’au dernier jour dans des souffrances horribles. Je veux qu’on respecte le droit des gens. Leur droit c’est aussi de mettre fin à leurs jours car ils souffrent trop.”

“Les archaïsmes judéo-chrétiens bloquent tout”

Les confessions religieuses seront-elles un gros frein ?

“Je pense que les confessions religieuses risquent de se manifester. Prenons l’exemple de l’initiative du funérarium à Faa’a : il y a eu l’accord du conseil municipal, mais il y a eu une levée de boucliers car les Églises se sont manifestées. Un certain nombre de personnalités se sont levées pour dire qu’en Polynésie on ne brûle pas les corps et que c’est anti-culturel : le corps doit retourner à la terre. Alors qu’on sait très bien que tous les jours, il y a des Polynésiens qui se font incinérer en Nouvelle-Zélande. Il y a des résistances comme ça. Il faut informer.”

Une loi du même type pourrait-elle voir le jour en Polynésie ?

“Déjà, je ne sais pas si ce projet de loi va aboutir en métropole. Si tel était le cas, cela voudra dire que les mentalités ont évolué. Mais les archaïsmes judéo-chrétiens bloquent tout. Mais si toutefois, la loi sera votée, la question de l’étendre se posera alors.”

Avez-vous eu des témoignages de personnes en fin de vie désireuses de mettre un terme à leur vie ?

"J’ai eu des témoignages de patients et de familles. Des médecins aussi m’ont dit qu’ils voudraient tellement faire droit à la demande de leur patient, avec qui ils ont un lien très fort, mais qu’ils ne peuvent pas. L’hôpital est là pour soigner. Mais il y a des moments où les médecins n’ont plus les moyens, il faut accepter la fatalité. Aujourd’hui, on ne peut pas répondre aux choix et à la volonté des patients car c’est eux qui le veulent d’abord.”

MT

 

DÉCRYPTAGE

Que propose le texte ?

En pratique, les députés proposent dans ce projet de loi que chaque demande d’euthanasie soit soumise à un conseil pluridisciplinaire, composé de praticiens concernés (oncologues, psychiatres, médecin traitant), des proches éventuellement (une à deux personnes dans le premier cercle familial) et du patient. Si la demande est refusée, le patient est orienté vers des soins palliatifs. Si elle est acceptée, “l’euthanasie est réalisée sans poursuites pour les personnes concernées par l’exécution de la décision”, autrement dit pour le personnel médical.

 

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Commentaires (2)Add Comment
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Par moustic, février 22, 2009
En Polynésie il faudrait voter le droit à faire disparaître à l'encontre de toute cette classe politique inutile et parasitaire.
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Par DS, février 25, 2009
Entièrement d'accord pour le droit de mourir dignement et si possible d'urgence à l'intention de nos "responsables", politiquement parlant ! Ils seraient tellement adulés s'ils changeaient de métier !

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