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Feb
20
2009
Tenir jusqu'en juin, au moins PDF Imprimer Email
Fenua - Société

Pierre Frébault.EMPLOI. Le ministre Pierre Frébault a reçu hier à son ministère les organisations patronales et les syndicats de salariés. Les deux propositionsqu'il leur a formulées pour sauvegarder les emplois ont convaincu. Mais problème, l'une d'elle ne pourra être effective qu'en juin, au mieux.

 

L’ESSENTIEL

  • Pierre Frébault recevait hier les organisations patronales et syndicats de salariés
  • Le ministre de l'Emploi leur a présenté deux mesures d'urgence pour relancer l'emploi
  • L'urgence, ce sera le mois de juin pour l'une d'elles, compte tenu des délais pour l'application de la loi du Pays

 

Organisations patronales (BTP, hôtellerie, CGPME, CEPF) et syndicats de salariés (les cinq organisations syndicales étaient représentées) se sont succédé hier au ministère de l'Emploi. Pierre Frébault, qui vient de rempiler à ce poste en pleine crise de l'emploi (“les chiffres de la CPS font état de 3 000 emplois perdus l'année dernière”, a-t-il indiqué) leur a annoncé la mise en place de deux mesures d'urgence, des “actions assez rapides pour intervenir auprès des entreprises et éviter les licenciements”. Ces deux mesures d'urgence ont convaincu de part et d'autres, mais problème, l'une d'elles, la plus importante, ne sera effective “au mieux” qu'au mois de juin. Il s'agit d’“un dispositif de maintien de l'emploi pour les entreprises qui seraient véritablement confrontées à une baisse d'activité”. “Afin d'éviter les licenciements, a expliqué le ministre, j'ai proposé que le Pays puisse intervenir pour maintenir une partie du revenu du salarié, à hauteur de 20%, à condition que soit signé un accord entre partenaires de l'entreprise, qu'ils se mettent d'accord s'ils constatent ensemble que l'activité doit être réduite. Si cet accord existe entre les employeurs et les représentants des employés, sur ce fondement, je pourrai intervenir pour aider l'entreprise. L'aide que je verse aux entreprises est destinée aux salariés. (…) J'ai simplement rappelé que ce dispositif trouvera son application via une loi de Pays et que je ferai en sorte qu'au mieux il puisse être prêt au mois de juin.”

Seconde mesure, qui elle pourra être applicable plus rapidement : un contrat pour la relance de l'emploi, “notamment dans les secteurs qui pourraient bénéficier rapidement du plan de relance afin qu'elles recrutent”. Il s'agit du contrat pour la relance de l'emploi. “J'interviendrai dans la cadre de financements pour des CDD, une aide pour quatre mois, reconductible”, a expliqué Pierre Frébault. À la sortie des rencontres, tous ont regretté cet échéancier. Comment imaginer que certaines structures, notamment les plus petites, puissent tenir encore quatre mois. Certains, comme Daniel Palacz, président de la Chambre syndicale des métiers du génie civil et des travaux publics, attendent le plan de relance. Il devrait être présenté mardi.

FR

 

REACTIONS

DANIEL PALACZ, président de la Chambre syndicale des métiers du génie civil et des travaux publics

“On attend le plan de relance”

“Nous avons expliqué nos problèmes, nous avons été écoutés dans une ambiance très décontractée. Nous espérons maintenant des solutions pour l'emploi. Pour retrouver de l'emploi, il faut relancer la machine des travaux publics et bâtiments, et pour cela, il faut des financements par le collectif budgétaire. On attend donc le plan de relance. (…) Le carnet de commande de la plupart des entreprises est vide. (…) Au tribunal du commerce, sur dix dossiers traités, huit concernent des entreprises de travaux publics.


MARC RESSINGER, co-président du Conseil des professionnels de l'hôtellerie

“Des timings à respecter, qui nous amènent au mois de juin”

“Nous avons fait le point sur la situation, notamment sur le nombre d'emplois en baisse et la sévère dégradation de l'activité. On sent une volonté forte du gouvernement de mettre en place des dispositifs, mais il fait malheureusement face à un certain nombre de contraintes qui sont des contraintes de timing. Pour le moment, nous sommes en discussion sur des choses extrêmement basiques et extrêmement concrètes pour sauver l'emploi. C'est pour nous une des priorités, compte tenu que nous sommes toujours sur des pourcentages de moins 30 à 35% de baisse en taux d'occupation. On pensait que ce ne serait que pour le premier trimestre, mais on sait aujourd'hui que ce sera au moins tout le premier semestre. Il y a donc des dispositifs de compensation et d'aides financières pour conserver les emplois qui doivent se faire, c'est ce qui est en discussion aujourd'hui. Mais nous sommes dans des carcans, des cadres de référence qui sont difficiles. Il y a des timings à respecter, qui nous amènent pour le moment au moins de juin.”

CHRISTOPHE PLÉE, président de la CGPME

“Il faut que ces lois du Pays soient très rapidement prêtes”

“Le ministre veut aller vite, même s'il est obligé de passer par le cadre de la loi du Pays. Il y a deux propositions mises sur la table comme des aides pour les contrats à durée déterminée. Nous allons travailler dessus et nous revoir très rapidement. Il faut que ces lois du Pays soient très rapidement prêtes.”


PATRICK GALENON, secrétaire général de la CSTP-FO

“On va rencontrer les partenaires dès la semaine prochaine”

“Nous sommes satisfaits de la rapidité avec laquelle le gouvernement a réagi. Malheureusement, il nous faut des lois du Pays et l'application ne pourra se faire que dans quelques mois. On va rencontrer les partenaires dès la semaine prochaine.”

 

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