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Feb
19
2009
La ruée vers Arue PDF Imprimer Email
Fenua - Société

La ruée vers l'or ?TERRAIN MILITAIRE. Une cinquantaine d’entreprises ont déposé un dossier pour s’installer sur les trois hectares de terrain militaire qui devraient être libérés à Arue en 2011 par l’armée. Mais les critères d’implantation pour ces entreprises n’ont pas encore été déterminés.


 

L’ESSENTIEL

  • Le maire de Arue souhaite découper ce terrain de 3 ha en trois. Une partie accueillant des “activités innovantes”, une autre “des activités un peu plus classiques” et une dernière “des pépinières d’entreprises”
  • En juin, un contrat entre les partenaires État, Pays et la commune devrait être signé
  • Les communes de Pirae, Taravao, Mahina ont elles aussi dressé des ébauches de projets. Faa’a attend le plan de redéploiement des forces armées
 
Déjà plus d’une cinquantaine d’entreprises ont postulé pour s’installer sur le terrain de trois hectares qui devrait être cédé par l’armée à la commune de Arue (voir plan). Une demande largement supérieure à la capacité du terrain. Cette ruée montre une fois de plus le besoin récurrent des entreprises d’avoir des terrains, a souligné hier le CEPF à la sortie de la réunion du comité de redynamisation de site de la commune de Arue. “Cet engouement indique qu’il est nécessaire d’aller bien audelà de ces trois hectares dans le cadre d’un plan de relance économique”, a souligné Luc Tapeta, 2e vice-président du CEPF qui a aussi rappelé “l’encombrement” des zones de Tipaerui et de la Punaruu. Selon le maire de Arue, “sur cette cinquantaine d’entreprises, le quart sont de nouvelles activités. Le reste, ce sont plutôt des transferts d’entreprise ou alors des entreprises qui ont besoin d’entrepôts”.

Ce terrain de trois hectares sera cédé pour un euro symbolique. Mais cette cession est encadrée : “Il y a des conditions de délai de réalisation et ces conditions de délai sont liées aussi au délai de libération du site. Les trois hectares seront normalement libérés en 2011. Mais certaine parcelles, celles qui poseraient le moins de problème en matière de déménagement, pourraient être libérées avant 2011”.

Les critères d’implantation pour ces entreprises n’ont pas encore été déterminés. “C’est pourquoi nous avons eu besoin de faire cette consultation aujourd’hui, pour voir quel est le panel d’activités proposé par les entrepreneurs”, explique Philip Schyle. “Mais il y a un préalable qui me semble être important. Je souhaite qu’on puisse établir des activités qui soient nouvelles, des activités innovantes sur ces trois hectares. On a parlé par exemple d’entreprises qui valoriseraient tout ce qui est du domaine de la biodiversité, marine ou terrestre. Le secteur de l’informatique, lié à l’arrivée du câble numérique, voilà un secteur qui me semble aussi intéressant et répond au critère d’innovation. Et puis, je verrais aussi une deuxième zone sur ces trois hectares, où l’on mettrait des activités un peu plus classiques : agroalimentaire, industrie textile par exemple. Et une troisième petite zone où pourrait être implantée une pépinière d’entreprises pour encourager des jeunes chefs d’entreprise à se lancer”.

Pour les entrepreneurs, cette perspective de terrain pourrait être une très bonne aubaine. “Dans le cadre du contrat de site, les entreprises, qui lanceraient les activités sur le terrain, pourraient bénéficier d’un soutien financier de la part de l’État par le biais de ce contrat de site”, précise le maire de Arue. “Ces entreprises devraient aussi bénéficier d’un soutien du Pays par de la défiscalisation par exemple”. En juin, un contrat entre les partenaires État, Pays et la commune devrait être signé.

Aucune étude d’impact du redéploiement des forces armées n’a encore été faite au niveau de la Polynésie. Seule la commune de Arue a réalisé une étude d’impact socioéconomique du départ du RIMAp-P. Selon celle-ci, il y aura d’abord un impact direct. L’armée en tant que structure dépense en effet 1,8 milliard de Fcfp par an réparti sur 138 entreprises. Mais il y a aussi des effets indirects. Selon cette étude, Arue abrite 106 logements militaires dont 43 sont des “pris à bail”. Le montant des loyers cumulés s’élève ainsi à plus de 91 millions de Fcfp. Le départ des militaires devrait aussi impacter les écoles. Plus de 100 enfants de militaires fréquentent les écoles de la commune. Arue a aussi effectué une enquête de consommation auprès des militaires. Une famille avec deux enfants dépense 354 000 Fcfp par mois, soit 4,2 millions de Fcfp par an. Autant de dépenses qui partiront avec les militaires.

MT

 

DÉCRYPTAGE

  • La démarche pour les entreprises souhaitant s’installer à Arue : “Elles doivent présenter un dossier aussi précis que possible, mais sans pour autant rentrer pour l’instant dans le détail ; c’est-àdire indiquer la nature des activités qu’elles proposent, la surface qu’elles sollicitent et éventuellement une estimation financière du projet”, explique Philip Schyle.
  • Yves Jégo a annoncé en juillet dernier qu’il disposera “d’un budget spécifique pour la restructuration outre-mer de 2,4 milliards de Fcfp” au total.
  • Les effectifs de la Défense passeront de 1 850 à 850 personnes après la fermeture du RIMaP-P et de la BA 190 en Polynésie alors que le Comsup, le commandement des forces armées du Pacifique, sera transféré en Nouvelle- Calédonie. Les moyens de secours, aériens comme maritimes, seront conservés.
  • La Marine sortira quasiment indemne de cette politique de rigueur sans précédent. Ses effectifs, estimés à 530 personnes, devraient être toutefois légèrement réduits. Le GSMA, lui, sera préservé.

 

 

Dans les autres communes

À Pirae, “un coeur de ville” sur le terrain du Comsup

D’autres communes sont elles aussi concernées par une possible cession de terrain militaire pour un euro symbolique. À Pirae, c’est deux hectares du terrain du COMSUP qui pourrait être cédés à la commune. Béatrice Vernaudon souhaite y construire “un centre communal d’activités”. L’idée est d’aménager tout le secteur qui part du marché jusqu’à l’hôpital pour “donner une cohérence à tout cela”. La mairesse souhaite ainsi créer un “coeur de ville”. À Taravao, le domaine militaire s’étend sur trois hectares. Déjà, des entreprises se sont manifestées auprès de la mairie pour y créer des activités. La commune de son côté souhaiterait utiliser une partie de ce terrain notamment pour construire une “crèche, une cuisine centrale pour les écoles, un centre d’accueil pour les familles en détresse”. La commune souhaiterait aussi conserver “une partie du fort pour en faire un musée”. Pour mener à bien ces projets, elle a embauché le mois dernier un chargé d’études. Mahina compte bien aussi récupérer un terrain militaire pour “faire des aires de jeux et des animations”, explique-t-on du côté de la mairie. La commune de Faa’a, qui abrite la BA 190, est, elle, dans le flou, le premier adjoint au maire Désiré Tokoragi explique ne pas savoir si une partie du terrain militaire de la BA 190 pourrait être cédée à la commune. Faa’a explique attendre le plan de redéploiement des forces armées.

 

 

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Commentaires (1)Add Comment
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Par obs, février 19, 2009
Un peu comme le terrain en face de la Présidence, ancien atelier de mécanique devant être DÉPOLLUÉ.
Avec le temps les pluies et la Vaiami la bordant sous l' Avenue Pouvana'a ex Bruat, un jour il sera tout propre ce terrain !

Ils sont comment ceux d' Arue ? Où il est le compteur Jeager ?
On pourrait y mettre Radio Tefana "la radio ... active" . lol

A Mahina c' est ce domaine boisé fantastique en face du Motu Martin ?

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