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Jan
18
2010
Mêmes scénarios en 2007 et 2009 PDF Imprimer Email
Fenua - Politique

LE REFRAIN DE FLOSSE. À chaque fois, quand Oscar ou Gaston Tong Sang sont à Paris, Gaston Flosse, sans doute furax de ne plus avoir les faveurs de Paris, en profite pour distiller des critiques contre ses partenaires. Le ton et les actes commencent ensuite à durcir. On entre alors dans la phase : “je prends mes ministres sous le bras”. Et je les garde sous le coude. Les tractations battent alors leur plein.

Mai à septembre 2007

ACTE I : mai

Un président du Pays à Paris

Lorsqu’un président du Pays est à Paris, Gaston Flosse n’aime pas cela surtout parce que ce n’est pas lui. Le temps où Gaston Flosse avait des passe-droits à l’Élysée est aujourd’hui révolu. Il ne fait donc pas bon pour les présidents du Pays de rester éloignés trop longtemps de leur fauteuil. En mai 2007, à la veille de la cérémonie de passation de pouvoirs entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy à l’Élysée, Gaston Tong Sang réussit à rencontrer le nouveau président de la République. Un bref instant, juste le temps de se saluer. Mais suffisant pour une photo souvenir. Gaston Tong Sang apparaît aux côtés de Nicolas Sarkozy qui lui pose la main sur l’épaule. Tout un symbole. Sarko prend quelques minutes pour marquer, par l’image, son soutien au président polynésien. Cette photo doit faire grincer les dents dans les hauteurs de Vetea.

ACTE II : mai

Flosse se démarque

Quelques jours après la photo Tong Sang-Sarkozy, Gaston Flosse, lui, est à Matignon pour écouter le Premier ministre donner le coup d’envoi de la campagne législative. Ce n’est pas le moment pour des discussions approfondies, mais le sénateur n’en garde pas moins la ferme intention de revenir à Paris après les législatives pour discuter “d’une manière plus approfondie” avec François Fillon et la ministre Michèle Alliot-Marie. Gaston Flosse en profite pour tacler Tong Sang alors qu’il est interrogé sur un éventuel entretien avec le nouveau président de la République. Le leader orange répond sans détour qu’il faut “lui (Sarkozy) laisser le temps de s’installer. Pour l’instant, je ne pense pas que l’on puisse avoir de discussions approfondies. On pourrait au mieux échanger des civilités, mais je ne suis pas là pour ça. Je suis là pour travailler pour la Polynésie”. Depuis plusieurs semaines, la guerre se prépare entre le Tahoeraa “canal historique” et les plateformistes. Début mai, alors que le Tahoeraa soutient Bruno Sandras et Michel Buillard pour les législatives, Gaston Tong Sang a, lui, proposé une candidature unique pour les législatives.

ACTE III : juin-juillet

Le ton se durcit

Obtenir un divorce pour faute, c’est toujours utile pour légitimer une séparation. Le Tahoeraa l’a bien compris et égrène avant toutes les séparations des motifs de mécontentement. Privé de sa perspective de dissolution rapide par l’État –qu’il espère–, Gaston Flosse passe au coup d’après et recentre le tir sur Gaston Tong Sang. À la fin du mois de juin 2007, Gaston Flosse prend sa valise et part pour Paris présenter à Christian Estrosi son contre-Contrat de projets, qui a été “validé” en une journée par ses 18 élus. Gaston Tong Sang a lui prévu un voyage en métropole la semaine suivante pour présenter le Contrat de projets. Pour justifier ce voyage, Gaston Flosse fait mine de découvrir subitement l’existence du Contrat de projets. Pourtant, le président du Pays et son gouvernement, dont les ministres orange, travaillaient sur le sujet depuis février dernier avec le haut-commissariat. Le leader orange reproche notamment au président du Pays de ne pas avoir consulté l’assemblée de la Polynésie. Le 16 juillet, le ton monte encore d’un cran. Le bureau exécutif du Tahoeraa prend une décision lourde de conséquences : le parti orange quitte la majorité. Pour l’instant, les ministres orange ne sont pas concernés.

ACTE IV : 13 septembre

Je retourne ma veste : le mariage de la carpe et du lapin

Le 19 juillet 2007, Les Nouvelles dévoilent l’incroyable : le pacte secret Flosse-Temaru. Une sorte de “paix des braves” qui prévoit le renversement du gouvernement Tong Sang. Celui-ci est décidément jugé trop encombrant et trop proche de l’État par Gaston Flosse. Celuici ne s’attendait pas à ce que Gaston Tong Sang, élu président du Pays presque malgré lui, vole de ses propres ailes et refuse de jouer le pantin du Vieux Lion. Après avoir tenté, sans succès, de pousser les fameux îliens dans leurs derniers retranchements pour qu’ils retournent une fois de plus leurs vestes et renversent le gouvernement Tong Sang, Gaston Flosse finit par attaquer de front le président du Pays. Le Tahoeraa retire ses ministres du gouvernement. Tong Sang acte les démissions le 26 juillet.Mais Tearii Alpha et Luc Faatau bravent la décision du canal historique orange et restent dans leurs fauteuils. Le pacte Flosse-Temaru fonctionne et GTS est renversé le 13 septembre. De ce pacte naît un gouvernement 100% bleu. Mais le gouvernement d’Oscar Temaru, qui se voit offrir sur un plateau d’argent le pouvoir, n’est qu’une étape transitoire en fait. Elle doit, dès sa mise en place, se préparer au scrutin des territoriales.

Mars-avril 2009

ACTE I : début mars

Opérations portes ouvertes pour Oscar à Paris, Flosse s’interroge sur ses rencontres

Après avoir été reçu par Jean-Louis Borloo (Écologie), Yves Jégo (Outre-mer) et Dominique Bussereau (Transports), Oscar Temaru se voit ouvrir les portes de Matignon par le Premier ministre François Fillon. Pendant son séjour, début mars, Oscar dévoile son programme et ses ambitions pour la Polynésie. Dans le même temps, Gaston Flosse s’interroge sur la rentabilité des rencontres de Temaru avec le gouvernement central. “Combien de milliards ont-ils obtenu ?”, s’interroge-t-il. Les relations entre les deux alliés sont déjà loin d’être au firmament. La semaine d’après, ce sont les projets de nomination des conseils d’administration des Sem qui ont fait réagir le Vieux Lion. Gaston Flosse réclame de “la concertation” dans un courrier officiel, demande une remise à plat et reproche à Temaru de s’être “réservé la part du lion”. À peine un mois plus tôt, avec 37 voix (UPLD-Tahoeraa-Ia Ora te Fenua), Oscar Temaru était une nouvelle fois élu président du Pays avec les voix orange malgré la déception de Gaston Flosse.

ACTE II : 16 mars

Flosse prend ses ministres sous le bras

Le 16 mars, un comité de majorité présidentiel doit se tenir. Il n’a finalement pas lieu. Un problème de calendrier, selon Édouard Fritch. En réalité, c’est une lettre qui fait boom et qui est sans doute à l’origine de ce rendez-vous de majorité manqué. En tant que président du Tahoeraa Huiraatira, Gaston Flosse prend la plume pour annoncer à Oscar Temaru qu’il emporte quatre de ses ministres sous le bras avec lui aux Marquises en tournée. Objectif affiché ? “Traiter sur place des dossiers relevant de leurs –celles des ministres– compétences.” Il emmène avec lui les ministres Tahuaitu, Riveta, Raynal et Moutame.

ACTE III : 26 mars

La séparation devient inévitable

Coup de théâtre le jour de l’ouverture de la session extraordinaire le 26 mars. Oscar Temaru recadre sévèrement Gaston Flosse accusé de vouloir casser la majorité et appelle les élus à le rejoindre pour “mettre en place la stabilité”. Oscar Temaru sent le moment propice pour dire à Gaston Flosse ce qu’il pense du voyage aux Marquises défiant les lois régissant les principes d’une “majorité plurielle”, de “l’échec” de sa visite parisienne et vraisemblablement des discussions entre président- forever et un Teina Maraeura pour qui “impossible n’est pas français”. Oscar lance dans l’assemblée un très inattendu : “On vient à peine de mettre en place le nouveau gouvernement et on veut déjà casser ça… pour des futilités”.

ACTE IV : avril

La porte est claquée

Perdre le perchoir, c’est aussi ne plus avoir la main sur un levier essentiel dans l’optique de reconquérir le palais présidentiel. C’est pourquoi le Tahoeraa souhaite placer Fritch en avril dernier au fauteuil de président de l’assemblée. C’est finalement Philip Schyle, candidat de To Tatou Ai’a, qui s’en empare. Fritch s’est pourtant battu bec et ongles pour le conserver en se tournant même vers le Conseil d’État. Le Tahoeraa avait annoncé que ses ministres démissionneraient si Édouard Fritch perdait le perchoir. Une nouvelle majorité UPLD-Ia Ora te Fenua-To Tatou Ai’a naît tandis que le parti orange prend sa place dans les rangs de l’opposition. Jusqu’au coup suivant…

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Commentaires (3)Add Comment
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Par GABELOU90, janvier 18, 2010
GF est un malfaisant!!!!
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Par myconia, janvier 19, 2010
il faut l'enfermer smilies/grin.gif
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Par BOB, janvier 19, 2010
On bat les cartes et on redistribue ...

Manque toujours le joker.

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