PARIS-PAPEETE. Les relations vont-elles reprendre un cours plus régulier ? En tout cas, à la fin de son séjour, Gaston Tong Sang a à nouveau abordé la question d’un éventuel voyage de Nicolas Sarkozy à Tahiti.
L’ESSENTIEL
- Gaston Tong Sang a annoncé vendredi à Paris que Nicolas Sarkozy pourrait venir en Polynésie
- Ce serait dans le cadre d’une loi sur la réforme du mode de scrutin en Polynésie, dont l’Élysée annonce avoir ouvert chantier. Mais pas avant 2012
- Quant à la visite de Marie-Luce Penchard, elle reste d’actualité pour le moment
Vendredi à Paris, Gaston Tong Sang indiquait devant la presse nationale que le président de la République pourrait venir en Polynésie “dans le contexte d’un accord-cadre pour un développement économique reposant sur une base institutionnelle solide. (…) Il faut savoir, un moment donné, marquer l’histoire”. “C’est une bonne idée”, reprend-on à l’Élysée, quoique le président ne soit pas encore mis au parfum. Il n’en reste pas moins que le Château concède avoir ouvert en 2010 un chantier qui aboutirait à une loi sur la réforme du scrutin en Polynésie. La loi serait prête en 2011 ou début 2012. Et là, le président viendrait l’annoncer. “C’est probable”, dit notre source qui renforce ainsi l’affirmation de Marie-Luce Penchard lors de ses voeux : “La question n’est pas exclue”.
Comme quoi, tout peut évoluer rapidement. La manière dont va se dérouler le séjour de Marie- Luce Penchard, et surtout, ce qui concrètement en découlera, donnera le ton. Si la question d’une révision du scrutin n’est plus taboue, elle se doit cette fois-ci de découler véritablement d’un consensus, et non pas seulement être le fruit des ambitions des dirigeants du moment. Et si Paris ne dit plus “niet” a priori, c’est aussi qu’en échange, le nombre d’élus serait diminué et donc le coût de fonctionnement du Pays aussi, tous deux disproportionnés par rapport à la population polynésienne. Sauf que comme Marie-Luce Penchard l’a déjà dit, c’est aussi une question de comportement des élus locaux.
Les élus polynésiens n’ont pourtant pas l’impression de retenir la moindre leçon de stabilité entre deux motions de défiance. La mémoire est courte, pour preuve : ragaillardi par le relatif succès de sa mission à Paris, Gaston Tong Sang aurait commenté, à l’égard des Guyanais et Martiniquais : “Ils auraient dû demander aux Polynésiens ce qu’est l’autonomie, nous aurions pu animer des ateliers et eux auraient pu envoyer des gens en Polynésie”. Sauf qu’il a visiblement oublié qu’en 2004, la population polynésienne n’avait pas été consultée pour le changement de statut ! Rien n’est donc encore joué. Si le voyage de Nicolas Sarkozy n’est annoncé nulle part, celui de Marie-Luce Penchard reste prévu. Mais pour mémoire, le mois dernier encore, Hervé Morin, juste après Jean-Louis Borloo, ont tous deux annulé leur visite en Polynésie au tout dernier moment.
FX & LD
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :
|
Il ferait mieux d'aller voir sur Tahiti référendum, dans Tahiti Hérald Tribune, ce que pensent les Polynésiens de son autonomie.