PHILIP SCHYLE. Tout juste rentré de vacances, le président de l'assemblée est reparti à Paris pour rejoindre Gaston Tong Sang. Peu étonné par les rumeurs de défiance, il attend le mois d'avril pour voir s’il conserve le perchoir. Entretien.
L’ESSENTIEL
- Philip Schyle s’est dit “étonné” que son nom ait pu circuler concernant la rumeur d’un dépôt de défiance
- Il a répété “ne pas être accroché” au siège de président de l’assemblée
- Philip Schyle a rejoint Gaston Tong Sang à Paris, pour évoquer la reconversion des sites militaires ainsi que la loi sur l’indemnisation des victimes des essais nucléaires
Pendant votre absence, Oscar Temaru a déclaré qu'il voulait déposer une motion de défiance avant la fin du mois et parmi les possibles signataires, votre nom a circulé avec insistance…
“Je ne suis pas surpris de l'agitation et de la rumeur d'un dépôt d'une motion de défiance puisqu'elle avait déjà circulé au moment où s'engageait le débat budgétaire. En revanche, je suis très étonné que mon nom ait pu être cité pendant un certain temps comme étant l'un de ceux qui pourraient contribuer à l'enclenchement de cette défiance, d'autant plus que je n'ai pas eu de contacts ou d'approche particulière après le vote du budget à l'assemblée, aussi bien avec M. Temaru qu'un membre quelconque de l'UDSP.”
Pourquoi votre nom a-t-il circulé alors ?
“Je pense que ce sont les propos que j'ai tenus qui ont pu contribuer à encourager certains dans cette direction-là. La rumeur a circulé pendant la période des fêtes et on sait que pendant cette période, il y a quand même une trêve à respecter et pour ma part je suis très respectueux de cette tradition. Preuve en est que sitôt le vote du budget effectué, j'étais avec ma famille à l'étranger pendant pratiquement quinze jours.”
Il est toujours question d'une motion de défiance, mais plutôt en avril, au moment du renouvellement du bureau de l'assemblée et éventuellement de sa présidence…
“Ça ne me surprend pas puisque chaque année, c'est toujours la même rengaine, c'est toujours le même refrain qui est entonné. Dès qu'il y a élection du président de l'assemblée, élection des membres du bureau, élection également des présidents de commission, c'est toujours la même agitation, ce sont toujours les mêmes tractations qui se font. Parce qu'on sait que ces postes sont convoités pour leur intérêt politique mais également pour leur intérêt financier : la possibilité pour ceux qui se retrouveraient à ces postes de pouvoir embaucher qui ils souhaitent. Il est évident que, pour cette majorité, le premier obstacle, et qui a été franchi, c'était le vote du budget ; le deuxième, c'est l'élection du président de l'assemblée, le renouvellement du bureau et des présidences de commission.”
Avez-vous parlé du perchoir avec Gaston Tong Sang. Est-ce que vous allez conserver votre siège de président de l'assemblée ?
“Non, et pour ma part, je ne suis absolument pas accroché au poste que j'occupe actuellement, je l'ai déjà dit et répété à plusieurs reprises. J'ai un mandat d'un an, aller au-delà ne fait pas pour l'instant partie de mes projets d'autant plus que cela n'a jamais été discuté avec le président Tong Sang.”
Mais selon le statut, il y a une nouvelle élection du président de l'assemblée, seulement si la majorité absolue des représentants le demande…
“La majorité prendra sa décision le moment venu, mais je ne me fais pas trop d'illusions. C'est un poste qui est tellement convoité et compte tenu du potentiel de convoitise qu'il peut y avoir au sein de la majorité, je ne serai pas surpris qu'arrivé vers la fin du mois de février, ces ambitions s'expriment et que certains se positionnent pour briguer ce poste. C'est pour cela que je ne m'accroche absolument pas. D'ailleurs, je n'ai même pas demandé, et je le rappelle, à me retrouver président de l'assemblée ; c'est Gaston Tong Sang qui me l'avait demandé en avril 2009, àma très grande surprise.”
Et vous suivrez la décision de la majorité même si elle consiste à vous éjecter de votre perchoir ?
“Si c'est la volonté de certains, ils verront quelle sera ma décision à ce moment-là.”
L'assemblée est en “repos”, quelle est votre actualité politique dans les prochains jours ?
“Je prépare la session extraordinaire, souhaitée par le président du Pays et qui est prévue pour le jeudi 21 janvier. Le président du Pays m'a aussi contacté vendredi matin pour que je me joigne à lui lorsqu'il sera reçu par Hervé Morin mercredi prochain. Donc je me rends à Paris dimanche (ndlr : interview réalisée samedi) et je serai de retour en Polynésie vendredi prochain.”
Vous allez évoquer la reconversion des sites militaires et les décrets d'application de la loi Morin…
“S'agissant de la reconversion des sites militaires, j'ai suivi ce dossier depuis la genèse et c'est la raison pour laquelle Gaston Tong Sang a souhaité que je sois avec lui pour traiter de ce dossier-là. Et nous allons aussi évoquer la loi sur l'indemnisation des victimes des essais nucléaires.”
Propos recueillis par CV
PROCHAINS RENDEZ-VOUS POLITIQUE
- À Paris Philip Schyle doit rencontrer Hervé Morin, le ministre de la Défense, aux côtés de Gaston Tong Sang, mercredi. Les trois hommes vont évoquer la reconversion des sites militaires et les décrets d'application de la loi Morin d'indemnisation des victimes des essais nucléaires.
- À l'assemblée À la demande du président du Pays, une session extraordinaire doit s'ouvrir le jeudi 21 janvier. En avril, lors de la première séance de la session administrative qui doit avoir lieu le deuxième jeudi d'avril, c'est-à-dire le 8, Philip Schyle pourrait voir son siège de président de l'assemblée remis en question.
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