MAJORITÉ. La porte de la sortie de majorité s’ouvre un peu plus chaque jour. Si seul le groupe des îliens en est sorti pour l’instant, To Tatou Ai’a concède qu’il ne sera pas possible d’attendre dans cette situation jusqu’aux prochaines élections.
C’est une question de temps. Que la majorité tient à un fil, on le sait déjà. Mais même si To Tatou Ai’a reste sans bouger pour l’instant, une telle situation ne peut pas durer. “Je me limite à mon rôle d’élu de l’assemblée, j’ai tiré la leçon de cinq mois de concertation”, estime Gaston Tong Sang. Ce dernier affirme qu’il croyait au début qu’il était possible de travailler avec les indépendantistes, que les besoins du Pays étaient plus forts que l’idéologie. Mais la coupe s’est remplie avec le différend sur le King Tamatoa.
La goutte qui a fait déborder le vase, c’est la déclaration sur le néocolonialisme d’Oscar Temaru à l’issue des états généraux. Outre l’aspect idéologique, Gaston Tong Sang estime que ces propos sont “inadmissibles et irréparables. Des investisseurs qui étaient à deux doigts de lancer une opération veulent finalement attendre”, a-t-il confié aux Nouvelles. Pour le responsable de la Fédération UMP de Polynésie française, les déclarations du président du Pays, c’est comme si la Polynésie se tirait une balle dans le pied. Alors que la coupe de la discorde était déjà bien pleine, le débat sur la justice française qui a eu lieu dans l’hémicycle jeudi, auquel ont notamment pris part des élus Tahoeraa, Jean-Christophe Bouissou et même Vito Maamaatuaiahutapu en a rajouté une couche. “Le calme était revenu et c’est reparti de plus belle contre la justice française ! C’est horrible, et Oscar Temaru n’a pas rectifié”, commente le maire de Bora Bora. Le communiqué de l’UDSP à l’encontre “des barons des îles” est venu en rajouter encore une autre couche. “C’est une bassesse sans nom de les insulter ainsi. Ils n’ont aucune considération pour les élus et la population qu’ils représentent.”
“Je ne veux pas être considéré comme celui qui met les pieds dans le désordre”
Ça déborde encore, alors pourquoi ne pas claquer la porte de la majorité comme l’a fait Te Mana o te mau Motu ? “Je ne veux pas être considéré comme celui qui met les pieds dans le désordre. C’est à lui (Oscar Temaru, ndlr) de réfléchir. Si on sort, il n’y a plus de majorité. Je veux mettre Oscar Temaru devant ses responsabilités”, répond Gaston Tong Sang. Alors pour l’instant, il préfère rester dans cette position un peu ambiguë, avec un pied hors de la majorité et des ministres au gouvernement. Il estime que les ministres de son parti “font avancer les choses”, qu’il est “satisfait” de leur travail. En d’autres termes, tant que rien n’est concrétisé, ils restent au gouvernement. Mais si la situation actuelle est impossible à tenir jusqu’aux prochaines échéances électorales, ça veut bien dire qu’une motion de défiance va finir par tomber.
L’objectif de Gaston Tong Sang reste toujours le même depuis qu’il a perdu la présidence du Pays : revenir au résultat des dernières élections. “Les états généraux nous rappellent le b.a.ba politique, qu’il faut que la gouvernance reflète ce suffrage. On dégageait une unité politique basée sur une idéologie et un programme.” Sauf que cette foisci, il va falloir une motivation sacrément valable pour renverser le gouvernement, que le budget 2010 va certainement incarner. Gaston Tong Sang sait qu’un nouveau renversement de gouvernement serait impopulaire. Donc il faut qu’il soit fondé sur quelque chose d’assez solide. Et finalement, on pourrait bien revenir sur le vieil antagonisme indépendance/ autonomie, saupoudré d’une couche de crise économique. Mais il lui faudra aussi une majorité fiable. Ça, c’est une autre paire de manche. Une large majorité devrait être assez facile à rassembler en terme de nombre d’élus, c’est déjà en route. Mais comment croire en une quelconque fiabilité avec des élus qui ont déjà fait toutes les alliances possibles sans succès ? “On ne perd pas la foi”, assure Gaston Tong Sang. La majorité des électeurs par contre, a perdu la foi depuis belle lurette.
Lara Dupuy
Le“gang des îliens”, des “fauteurs de troubles politiques”pour l’UDSP
Dans un communiqué, le groupe UDSP, formé par les représentants UPLD, ne mâche pas ses mots envers le groupe Te Mana o te mau Motu, formé par les îliens, et qui vient de quitter la majorité d’Oscar Temaru pour rejoindre les bancs de l’opposition. “Alors que la société civile vient juste de faire part de son impérieux besoin de stabilité, lors des états généraux de l’outre-mer, on peut dire que le gang des îliens a tout fait pour avoir un résultat contraire à cette volonté populaire, attaque le communiqué. La volonté populaire, les barons des îles n’en ont que faire, ce qui les intéresse, ce sont les dorures des ministères, les véhicules de fonction, mais plus encore, les outils d’arrosage financier et la distribution de subventions afin d’asservir les administrés des îles, en faisant du clientélisme.” Le groupe USDP considère que “les désaccords sur la licence du King Tamatoa, les propos du président lors des états généraux, ses prétendues prises de décision unilatérales ne sont que simples prétextes”. Et le groupe livre sa version des faits : “La vérité est bien moins glorieuse, pour ne pas dire inavouable publiquement : c’est tout simplement une opération de chantage dont l’objet est de remplacer les ministres issus du Tahoeraa par leurs fidèles serviteurs ou des membres de leur famille.” Pour l’UDSP, ce nouvel épisode ternit encore un peu plus l’image de la société polynésienne au moment où “les acteurs économiques du pays , en cette période de crise profonde, aspirent à plus de sérénité”. Et de conclure : “Les fauteurs de troubles politiques, qui sont les mêmes depuis le statut de 2004, n’ont manifestement ni la volonté, ni les capacités pour construire un avenir serein pour les générations futures de notre Pays.”
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fin de compte, sarkozy devrait faire une proposition, on reprend la gestion de la polynésie, sinon vous vous débrouiller tous seuls, ce qui sous-entend, plus d'argent de la metropole.
bon week-end