ASSEMBLÉE. Les représentants se penchaient jeudi matin sur le rapport de la chambre territoriale des comptes étudiant les comptes et l’activité de la compagnie au tiare de 1996 à 2007. Au final, les élus semblent tous d’accord sur deux points : ça va mal et il faut changer les choses.
L’ESSENTIEL
- Dans son rapport, la CTC constate qu’“ATN est dans une situation financière et patrimoniale des plus précaires” et l’impute à une gestion défaillante et à “des erreurs stratégiques”
- L’étude du rapport jeudi à l’assemblée a viré au règlement de compte entre Oscar Temaru et Gaston Flosse
- Mais tous les élus semblaient d’accord sur la nécessité de renflouer les caisses d’ATN
“Ça va mal”, l’expression frôle l’euphémisme quand on sait que le compteur de la compagnie affiche 5,3 milliards de Fcfp de pertes en 2008 et qu’elle ne doit sa survie qu’à de massifs transferts financiers de l’État (via la défiscalisation) et du Pays. Depuis sa création, Air Tahiti Nui a reçu 31,5 milliards de Fcfp d’aides publiques et pourtant, selon la chambre territoriale des comptes (CTC), “ATN est dans une situation financière et patrimoniale des plus précaires et ne survit que grâce au soutien public de la collectivité d’outre-mer qui s’est jusqu’à présent maintenu au mépris des règles juridiques encadrant l’interventionnisme économique”. Voilà pour le constat.
Jeudi, les élus se sont soigneusement renvoyés la balle durant deux heures quant aux responsabilités. Spéciale dédicace à Gaston Flosse de To Tatou Ai’a : “Bien évidemment, la compagnie a coûté énormément au Pays, et sûrement parfois du fait d’une trop forte immixtion du politique dans sa gestion, ce qui a entraîné des dépenses somptuaires et des choix stratégiques peu voire pas rentables”. De son côté, Gaston Flosse a préféré taper sur Oscar Temaru, rappelant que le Tahoeraa n’était plus aux commandes du Pays et donc de la compagnie à partir du second semestre 2004. “Il ne faut quand même pas oublier que pendant près de deux ans, ATN a été dirigée par le directeur de cabinet du président Temaru. Comment un homme, même surdoué, pourrait-il efficacement occuper simultanément ces deux postes ? C’est bien de cette période que date le début de l’effondrement”. Après Oscar Temaru, Gaston Flosse s’en est pris à sa deuxième bête noire, la CTC : “Je respecte le point de vue comptable, mais quand les comptables prétendent juger une politique économique globale, franchement je trouve qu’ils sont un peu légers. Chacun devrait savoir rester à sa place”, a-t-il dit avant de conclure en réitérant sa demande quant à la création d’une commission d’enquête au nom de la “vérité”.
Dans sa réponse, Oscar Temaru n’est pas passé par quatre chemins, taxant de “ridicules” les accusations de Gaston Flosse et ironisant : “Quand j’entends dire que tout va mal depuis 2004, ce n’est pas sérieux. Ce n’est pas nous les responsables de la hausses des cours du baril du pétrole”. Et pour ce qui est de la création d’une commission d’enquête, le président n’a laissé aucune chance au projet du sénateur, le qualifiant de “perte de temps et de moyens”, d’autant que le travail a déjà été fait… par la CTC.
Néanmoins, les deux hommes se sont rejoints sur au moins une chose, la nécessité de garder à flot le transporteur, pourvoyeur de 800 emplois et indispensable outil au développement touristique du Pays. Oscar Temaru s’est même appuyé sur l’exemple du plan de relance américain : “Ils soutiennent les grosses entreprises. Nous aussi, nous avons l’obligation de soutenir ATN. Bien sûr, il faut rationaliser cette gestion”. Oui, ce serait une idée, parce que si la crise n’a pas aidé la compagnie à redresser ses finances, ce n’est pas la crise qui a mis ATN dans le rouge mais bien la gestion désastreuse pointée par la CTC.
CV
Zoom
Le projet de loi Morin à l’APF
Épilogue à moitié heureux pour les représentants qui n’ont pas pu se prononcer en temps et en heure sur le projet de loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires. Saisie pour avis il y a un mois, l’assemblée ne s’est pas prononcée dans le délai imparti par la loi (un mois) et c’est le gouvernement qui a rendu un avis défavorable, par arrêté. En début de semaine, Philip Schyle, président de l’assemblée a adressé une lettre au haut-commissariat afin de demander un peu de temps, 15 jours de rab, “compte tenu de l’importance et de l’impact de ce texte pour la Polynésie”, écrivait-il. La réponse est arrivée jeudi, signée par Laurent Prevost, directeur de cabinet du secrétaire d’État à l’Outre-mer Yves Jégo : “Comme vous le savez, la loi organique (…) précise, par son article 9, que ‘l’assemblée dispose d’un mois pour rendre son avis’, sans prévoir de possibilité de délai. Toutefois, eu égard à l’importance de ce projet de loi pour la Polynésie, je puis s’ores et déjà vous assurer que le gouvernement prêtera la plus grande attention à l’avis que vous lui transmettrez à l’issue des consultations et du travail d’étude évoqué dans votre courrier”. Une réponse qui a satisfait les représentants, d’autant que dans sa magnanimité, le directeur de cabinet d’Yves Jégo n’a pas cité en entier l’article 9 du statut qui précise que, “le délai expiré, l’avis est réputé avoir été donné”, c’est-à-dire favorable.
La commission de la santé doit se réunir mardi pour étudier le projet de loi, ajoutez à cela le délai d’information des représentants de quatre jours, l’assemblée devrait se retrouver lundi 11 mai pour débattre du projet de loi Morin.
CV
LES QUESTIONS ORALES
- Lors des questions orales, la représentante UPLD Tamara Bopp- Dupont s’est particulièrement illustrée en interpellant par deux fois des ministres du gouvernement, de manière plutôt énergique. La première salve a été envoyée au ministre de l’Artisanat Joseph Kahia, qu’elle a plus ou moins accusé de chauvinisme marquisien, devant la mine éberluée et agacée du président Oscar Temaru, qui a d’ailleurs défendu son ministre.
- La deuxième question était adressée au ministre de la Jeunesse et des Sports, Tauhiti Nena, pour faire le point sur deux fiascos du précédent ministre, les X-games et le Fare Va’a à Mahina. Insatisfaite par sa réponse, la représentante a souhaité relancer le ministre, sauf que ce n’est pas prévu par le règlement intérieur de l’assemblée, règlement qu’elle a donc suggéré de changer. Décidemment, la pilule de ce nouveau gouvernement et de cette nouvelle majorité, ne semble toujours pas passer chez Tamara Bopp-Dupont.
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« Bonjour, René HOFFER, le président de « la Polynésie française » (sic).
Les Nouvelles de TAHITI du 2 mai publient trois phrases rigolottes :
La première : « Le sénateur, vindicatif, a rappelé que le Tahoeraa n’était plus aux commandes depuis 2004 », ce qui est assez drôle quand on sait que la mascarade du 22 octobre 2004 a été entérinée par le conseil d’Etat le 10 décembre 2004 au motif que malgré les irrégularités de la procédure la sincérité de ce scrutin (à une date où aucune élection n’était bien sûr prévue !) n’avait pas été altérée.
Bref, le mis en examen Gaston FLOSSE reconnaît enfin que le 22 octobre 2004 il n’y avait pas d’élection et est donc bien obligé de reconnaître que c’est celle du 25 octobre 2004 ayant vu mon autoproclamation qui est la seule vraie et jusqu’à ce jour.
Ensuite, c’est au tour du douanier Oscar TEMARU qui a dit : « Quand j’entends dire que tout va mal depuis 2004, ce n’est pas sérieux » (sic) !! « Ce n’est pas nous les responsables de la hausse des cours du baril de pétrole. ». Tout le monde aura compris que la hausse est de 2008 et pas de 2004 bien entendu…
Enfin, même la représente To Tatou Aita Rosine BRODIEN s’interroge ouvertement : « A croire que le terme « nui » est synonyme d’échec » (Quelle lucidité, ou plutôt, quelle évidence !)… Là encore, j’ai annihilé, le 25 octobre 2004- avant mon acceptation du titre de président de « la Polynésie française » (sic) -, l’ex-ordre de Tahitinui dont le « président de la Polynésie française » devenait avant, et automatiquement, le grand-maître, d’ailleurs la dernière décoration ex-humée, le 29 juin 2007 a vu le décès de la Maman dans les heures qui ont suivi cette exhumation par le mis en examen Gaston TONG SANG…
A suivre, et bonne journée à tous."
Avec Honneur
Le président de "la Polynésie française", des Françaises et des Français
René, Georges, HOFFER
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Tél (689) 77 71 70