PRÉSIDENCE. Deux semaines après le dépôt de la motion de censure, la nouvelle direction du Pays a pris place dans les différentes institutions. Et ce quatrième gouvernement présidé par Oscar Temaru engendre commentaires... et attentes.
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Temaru préfère Géros pour l’intérim
Jean-Christophe Bouissou a peut-être pensé occuper le poste de vice-président lundi soir. Mais au-delà de l’opposition du Tahoeraa à cette nomination, Oscar Temaru ne pouvait pas désigner un homme qui ne soit pas issu de l’UPLD pour être chargé “d’assurer son intérim en cas d’absence”. Depuis fin décembre, Oscar Temaru n’occulte plus sa maladie. Au micro de RFO, il avait même annoncé qu’il devait repartir fin janvier pour la Nouvelle-Zélande “suivre un traitement pendant un ou deux mois”. Hier, s’il a repoussé ces échéances, elles arriveront bien un jour ou l’autre. Et là, c’est à un homme de confiance et de même sensibilité que les clés du Pays seront confiées. Viceprésident de septembre 2007 à février 2008, le nom de Tony Géros sonnait comme une évidence. Cela ne pouvait vraiment pas être Jean-Christophe Bouissou…
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Paris : pas demain, mais le mois prochain
Si la rencontre demain à l’Élysée entre Nicolas Sarkozy et les présidents des collectivités ultramarines ne concerne que les Dom, Oscar Temaru a annoncé qu’il comptait se rendre à Paris dès le début du mois prochain. Pour y rencontrer le chef de l’État ? Rien n’est fait, mais ce sera au moins pour un premier rendez-vous avec Yves Jégo. Néanmoins, Oscar Temaru compte inviter Nicolas Sarkozy et son épouse en Polynésie pour y faire braquer les projecteurs des médias. En 2009, seul un déplacement du chef de l’État en Nouvelle-Calédonie (juillet) est évoqué pour le moment au sujet du Pacifique Sud.
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Et le plan de relance, c’est pour quand ?
Des négociations à n’en plus finir lundi soir. Une présentation pour la photo officielle deux heures après l’horaire à laquelle les médias étaient conviés. Le Pays s’est remis instantanément à l’heure Temaru… Pourtant, l’heure doit être à l’action désormais. Hier, les ministres avaient à la bouche les premières mesures qu’ils souhaitent mettre en oeuvre, les dossiers chauds à résoudre. On attend maintenant que le plan d’urgence, celui qui doit tenter de juguler la crise économique auquel fait face le pays, soit dévoilé. D’ailleurs, sera étudiée la demande d’ouverture d’une nouvelle session extraordinaire de l’assemblée. La prochaine session ordinaire, l’administrative, n’ouvre que le 9 avril et la Polynésie ne peut attendre encore un mois et demi. De plus, demeure la possibilité de bénéficier d’un “crédit” d’une vingtaine de jours de session extraordinaire (limitée statutairement à 60 jours entre deux sessions ordinaires). Ces presque trois semaines se doivent d’être consacrées à ce plan de relance, qui nécessitera obligatoirement un collectif budgétaire. Ce matin se tiendra le premier conseil des ministres, mais qui ne devrait que survoler les mesures, le temps étant encore à la constitution des cabinets ministériels et aux délégations de signatures. Toutefois, les acteurs économiques et la population attendent depuis des semaines déjà…
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Le Tahoeraa se renforce encore à l’assemblée
Avec les nominations de ministres, une nouvelle transhumance se matérialise à Tarahoi avec l’arrivée de nouveaux représentants prenant le siège de ceux amené à oeuvrer au sein du gouvernement. Si le groupe UPLD se féminise, à l’inverse du gouvernement, la répartition des forces évolue un peu. Armelle Merceron qui siégeait au sein du groupe Ia Ora te Fenua avait été élue sur une liste Tahoeraa. Du coup, le groupe orange gagne une unité (passant à 13 si l’on y inclut les trois élus Ai’a Api) et le groupe Bouissou compte désormais tout juste les six représentants réglementaires permettant la constitution d’une entité.
Très discret depuis une semaine, Émile Vernaudon et le Ai’a Api n’ont bénéficié d’aucun retour à leur vote en faveur d’Oscar Temaru. Une situation inhabituelle pour le shérif. Ronge-t-il la lanière de son chapeau, attendant pour les siens le 2e tour de distribution, les sucettes des Sem Nui après le gâteau gouvernemental ? D’ailleurs, il est concerné au premier chef avec son mandat de président du conseil d’administration de la TEP. Et oui, ces nominations à la tête des services de l’administration et des satellites du Pays vont à leur tour animer les semaines à venir. À moins que le changement que souhaite incarner Oscar Temaru ne se matérialise dans ce domaine avec la fin de pratiques qui, elles aussi, ont lourdement pesé sur l’activité économique et sociale de la Polynésie.
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Bouissou-Tahoeraa, la guerre ouverte
Il sera facile de nous taxer d’attiseur de tensions. Pourtant, les communiqués assassins après les petites phrases sont là pour en témoigner, les relations entre le Tahoeraa et Jean-Christophe Bouissou sont extrêmes. Depuis lundi, chacun s’est rejeté la paternité des longueurs dans la formation du gouvernement, arguant d’appétits démesurés de part et d’autre. Pour l’instant, ces règlements de compte se tiennent par chefs interposés, donc en dehors du gouvernement. Jusqu’à quand cette guerre ouverte épargnera-t-elle la cohésion de l’exécutif, sans même évoquer la solidité de la majorité ?
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Les vieilles affaires vont-elles sortir ?
Atoll de Anuanuraro, Rockland Hostel, soirée du 23 mai, dérives de l’OPT… Sans l’alternance, ces dossiers n’auraient pas été ouverts et rendus publics, avec une instruction judiciaire à la clé pour certains. Là, en dehors de la période des présidences Tong Sang (décembre 2006-août 2007 et avril 2008-février 2009), on pourrait assister à la matérialisation d’une chape de plomb pour les agissements des autres gouvernances de ces dernières années. En effet, pour le nouveau gouvernement Temaru, dénoncer d’éventuelles dérives des prédécesseurs équivaudra à mettre en cause certains des ministres actuels ou leur mouvement politique, car tous ont appartenu aux gouvernements de ces dernières années. Alors, ce nouvel exécutif aura-t-il la même propension que celle affichée depuis cinq ans à dénoncer les dérives du passé ? Le changement réside aussi dans cette attitude.
Frédéric Gouis
Gouvernement
Tout sauf new look
Quinze ministres comme imposés, deux novices seulement (Moutame et Pommier), dont un seul issu de la société civile (Pommier), on ne peut taxer ce gouvernement de révolutionnaire. D’ailleurs, pour la touche féminine, sans même parler de parité, Armelle Merceron a beau se retourner, elle est désespérément seule… Après, prendre des hommes ayant déjà exercé des fonctions ministérielles, même si le portefeuille différait, peut faire gagner en efficacité à court terme, les rendant opérationnels plus vite. À moyen terme, seuls quatre ont tenu un ministère pendant au moins deux années d’affilée (Merceron, Puchon, Tahuaitu et Riveta). Pour les autres, leurs passages précédents n’ont pas toujours laissé de souvenirs impérissables. Néanmoins, Oscar Temaru a évité dans ses nominations les renvois d’ascenseur, les fetii et les personnages à trop nombreuses casseroles judiciaires. It’s time to change…
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