TGI DE PARIS. Il a condamné hier Alex Du Prel, le directeur de publication de Tahiti Pacifique, pour diffamation. Celui-ci devra verser 1 000 euros (soit 119 332 Fcfp) de dommages et intérêts au procureur Jean Bianconi et payer 1 000 euros d'amende. “C'est une condamnation forte”, souligne Alex du Prel.
La 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris a condamné hier le directeur de la publication Tahiti Pacifique, Alex du Prel, pour diffamation. Le procureur de la République Jean Bianconi, son substitut Christophe Perruaux (aujourd’hui en exercice à Marseille, ndlr) et le juge d’instruction Philippe Stelmach avaient porté plainte pour diffamation. Ils estimaient que le magazine les avait directement mis en cause dans le traitement du dossier JPK, dans un article intitulé “Oui JPK a bien été assassiné” et publié en janvier 2007. L'article mettait notamment en avant que “certains comparent cette affaire à celle du juge Borel à Djibouti : on tenterait d'enterrer la vérité pour des ‘raisons d'État’”. Les trois magistrats réclamaient 5 000 euros (596 659 Fcfp) de dommages et intérêts.
Le TGI n'a finalement retenu la diffamation qu'à l'encontre de Jean Bianconi
Le tribunal de grande instance de Paris n'a finalement retenu la diffamation qu'à l'encontre de Jean Bianconi. Il a ainsi condamné Alex du Prel à verser 1 000 euros (119 332 Fcfp) de dommages et intérêts au procureur de la République. Le journaliste devra également payer une amende de 1 000 euros et faire paraître une publication judiciaire dans Tahiti Pacifique qui mentionnera la condamnation. “Je m'attendais peut-être au franc symbolique ou bien comme il y avait énormément de vices de procédures que le tribunal les retienne. Ils n'en ont retenus aucun”, a commenté Alex Du Prel hier. “C'est une condamnation qui est quand même forte”. Le tribunal a estimé que certains passages de l’article étaient diffamatoires. Il a jugé qu’il en était de même pour le dessin, où l’on voit une personne prête à couper la tête d’un juge avec un glaive sur lequel est inscrit “raison d’État”.
Lors de l’audience, il y a un mois, le procureur de la République avait pourtant considéré le contraire. Il avait demandé de faire “la part des choses”. Sur le dessin, il avait ainsi estimé qu’“il démontre qu’il est possible pour les journalistes de critiquer la façon dont sont menées les procédures”. Il avait souligné que dans de nombreuses parties de l’article, c’est la justice qui était montrée du doigt, et non des personnes nommément désignées. Tout en comprenant qu’il n’est “pas agréable de voir son travail critiqué par la presse”, elle a affirmé que “Tahiti Pacifique est légitime à s’intéresser à ce sujet et à inviter ses lecteurs à réfléchir sur le fonctionnement de la justice”. En clair, pour l’essentiel, “le directeur de la publication n’a pas dépassé les limites de la liberté d’expression”.
Le procureur avait néanmoins retenu un paragraphe dans lequel il estimait qu’il s’agissait “d'attaques personnelles qui dépassent le débat public sur le fonctionnement de la justice”. Dans sa plaidoirie, l’avocate d’Alex du Prel, Me Claire Doubliez, avait remis le dossier dans le contexte polynésien en s’appuyant sur de nombreux éléments qu’elle estime troublants : affaire Vetea Guilloux, occupation de bâtiments publics par le GIP n’ayant pas fait l’objet de poursuites par le Parquet, affaire Taliercio, juge d’instruction qui demande son dessaisissement de l’affaire JPK… Les requérants avaient attaqué Tahiti Pacifique à Paris en arguant que le magazine est vendu dans la capitale. “C'est une stratégie qu'ils ont pris et apparemment elle a payé”, souligne Alex du Prel. Celuici ignorait hier encore s'il allait faire appel ou non. “Je vais attendre de voir les attendus (les motifs du jugement, ndlr). On verra aussi s'ils font appel ou non”.
MT et DM, à Paris
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Peux-tu nous passer ton numéro de compte en banque afin de pouvoir te donner un coup de main ? Ce sera aussi une façon de signifier à ces Messieurs de la magistrature ce que certains citoyens pensent d'eux. Et fais attention à l'avenir Alex, tu sais bien qu'à Tahiti dénoncer certains méfaits est plus périlleux que les commettre.
Moe