JUSTICE. Pascal Luciani a comparu hier devant le tribunal correctionnel pour abus de confiance, détournement de fonds et faux en écriture. Il a été condamné à six mois de prison avec sursis.
L’ESSENTIEL
- La justice lui reproche d’avoir détourné les subventions d’une association à son profit
- Il a utilisé cet argent pour l’achat d'une voiture, de planches de surf et des pleins d’essence
- Les faits ont été dénoncés par la direction des finances et de la comptabilité et le service de la jeunesse et des sports
Six mois de prison avec sursis et l’obligation de rembourser 1,5 million de Fcfp de subventions. C’est la peine qu’a infligée le tribunal correctionnel à l’encontre de Pascal Luciani. La justice reproche à l’ancien président de l’association To’a Moana Surf School d’avoir détourné 1,5 million de subvention destiné à l’association, d’avoir fait des faux en écriture et un abus de confiance. L’affaire avait commencé à faire des vagues en juillet dernier, lorsque l’ancienne chef du service de la jeunesse et des sports, Danièle Guyonnet a dénoncé les faits auprès du procureur de la République. Et c’est la direction des finances et de la comptabilité qui a découvert le pot aux roses. Pour justifier de l’utilisation de ces subventions, Pascal Luciani a produit des pièces relatives à l’achat d’un véhicule Ford Galaxy du type monospace, acquis en 2005, à son assurance (la carte grise du véhicule porte le nom de Pascal Luciani et non de l’association) et à des frais de réparation dudit véhicule. Cela sans compter des fausses factures ou encore des factures gonflées pour l’achat de huit planches de surf et des frais de carburant. “Oui mais tout cela, je m’en servait pour l’association de surf. La voiture, les planches… c’était pour ça”, a expliqué le surfeur.
Sauf que pour la partie civile, le Pays, “il y a utilisation des aides et des fonds publics qui ont servi à des fins personnels”. Même son de cloche du côté du Parquet qui a estimé qu’au final, cette association qui ne réunit que des proches de l’ancien chargé de mission du ministère des Sports, “a été créé uniquement pour récupérer de l’argent”. “C’est un dossier de petite arnaque, c’est ridicule mais c’est inacceptable de le faire. On connaît l’objet de l’association qui est de donner des cours de surf à des démunis mais je m’interroge vraiment sur la réalité de l’association”, a expliqué le procureur, Lionel Bounan. Et pour cause, à cette époque, Pascal Luciani était non seulement chargé de mission auprès du ministère de Clarenntz Vernaudon mais il était aussi président de l’association de surf, To’a Moana surf school. Il était en plus patenté et donnait des cours de surf à son propre compte. “Il y a un mélange des genres et cela n’est pas bon du tout”, a lâché le procureur. Pour Me Quinquis, l’avocat de la défense, tout cela relève d’une confusion plutôt que d’une arnaque. “Pascal Luciani est fâché avec la paperasse mais tout cela a été fait pour l’association”, L’avocat a ensuite plaidé sur un terrain purement juridique en remettant en cause la recevabilité de la citation, estimant que s’il y avait une victime ce ne serait pas le Pays, mais l’association elle-même. Pour ensuite conclure, que tout ceci “est un règlement de compte entre deux équipes qui s’opposaient à cette époque au sein du ministère”. Quoi qu’il en soit, le ministère public a requis une peine de 300 000 Fcfp d’amende, la partie civile a elle réclamé le remboursement de ses subventions. Le tribunal a été plus dur et a condamné Pascal Luciani a de la prison avec sursis.
Jenny Hunter
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