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Dec
16
2008
Hôtels ô désespoir PDF Imprimer Email
Fenua - Economie

La politique touristique de la chaise vide.ÉCONOMIE. Quand le tourisme vivote c'est toute l'hôtellerie qui vacille. Le secteur va mal on le sait, et l'hôtellerie n'en finit pas de jongler entre plan social et optimisation des moyens. Avec un coefficient de remplissage moyen depuis le début de l'année de l'ordre de 54,7% pour les hôtels internationaux, le pessimisme est à l'ordre du jour et pour plusieurs mois encore.

 

L’ESSENTIEL

  • Pour Laurent Garrido, directeur général du Sheraton Tahiti, peu de doute sur l'avenir proche : "Les prévisions pour 2009 sont tout simplement catastrophiques"
  • Le coefficient moyen de remplissage est de l'ordre de 54,7% de janvier à octobre de cette année soit quatre points de moins que pour la même période en 2007
  • Grosso modo, pour assurer la bonne marche économique d'un hôtel, le coefficient devrait se situer entre 65 et 70%
 

Réduction horaire, personnel multi-tâches, baisses de tarifs voire plan social, les hôtels, pris dans l'ouragan de la crise touristique, colmatent tant bien que mal les effets d'une baisse de la fréquentation minant les chiffres d'affaires et plombant les coefficients moyens de remplissage (CMR). Un chiffre pour commencer : - 8,3% c'est la baisse de fréquentation touristique arrêtée au terme du troisième trimestre 2008, comparée à la même période pour 2007. Ce qui signifie tout simplement qu'on va vraisemblablement être en dessous de la mythique barre des 200 000 touristes annuels et ce qui signifie aussi que dans les hôtels, les portes de chambres restent closes.

Les taux de remplissage moyen (voir tableau) montrent, en quelques données, l'état préoccupant du secteur. Au terme du troisième trimestre de cette année, le CMR établi par l'Institut statistique est de 54,7% alors qu'en 2007 il était de 58,9% soit près de quatre points perdus en un an. Même si on réduit l'échelle de comparaison en se limitant au seul mois d'octobre, la baisse est omniprésente. En octobre 2008, le CMR était de 61,7% alors qu'en 2007, il était de 66,3% et 69,6% en 2006. Un grignotage persistant qui ne laisse que peu de place à l'optimisme, surtout quand on sait que la bonne marche d'un hôtel nécessite en moyenne un taux d'occupation minimum compris dans une fourchette allant de 65 à 70% annuel, bien loin donc pour l'heure du modeste 54,7%.

Mais le pire pourrait ne pas être encore atteint. "La grosse inquiétude, prévient Dominique Michaud, co-président du Conseil des professionnels de l'hôtellerie, se situe à l'approche de l'année 2009, dont les prévisions des premiers mois de l'année sont assez inquiétantes, entre -15 et 20% par rapport à la même époque l'an dernier." En fait de premier trimestre, il s'agit de premier semestre. " "Je dis premier trimestre, nuance le professionnel, parce que certains hôtels ont une visibilité plus forte que d'autres, mais disons que certains parlent déjà de l'année 2009 et je serais plus juste en disant premier semestre."

Pour Laurent Garrido, directeur général du Sheraton Tahiti, le constat est net et sans bavure : "Les prévisions pour 2009 sont tout simplement catastrophiques." L'hôtel, qui se relève à peine d'un plan social qui a touché près de 17 personnes, se prépare à un futur peu engageant."Avec la crise internationale qui est extrêmement importante, on se rend compte que tous ces indicateurs économiques ne vont pas nous aider à faire venir plus de touristes en 2009." Autrement dit, si on maintient le nombre de touristes déjà en forte diminution ce sera presque une victoire. Et au-delà d'une crise touristique générale, le directeur évoque également les hausses du Smig et celle de l'électricité. Quant à savoir si le non-réajustement du Darse par rapport à la dernière augmentation du Smig a eu une grande influence sur la tendance, pas forcément. Bien qu'il soit une aide précieuse pour l'emploi dans les entreprises, Thierry Buttaud de l'Union polynésienne de l'hôtellerie (voir entretien) estime que le dispositif "ne vas pas inverser la tendance en terme de remplissage, ça va simplement être un soutien, et de marteler, soyons clair, le Darse ne va pas emmener des touristes !"

Pour que les courbes statistiques soient plus favorables, il est nécessaire selon Thierry Buttaud, de rendre la destination plus accessible avec notamment des vols et une adéquation entre la promotion et les offres. Les causes de la crise ? Multiples et solidairement responsables. Dans une étude menée par l'IEOM en début d'année, intitulée "les déterminants économiques du tourisme en Polynésie française", et au-delà d'une conjoncture internationale, il est vrai peu favorable, plusieurs volets de l'industrie touristique polynésienne avait été pointés du doigt. L'institut avait cité les causes du mal : accessibilité réduite notamment pour l'Europe, compétitivité, taux de change, qualité et service, adéquation entre les capacités aériennes et hôtelières et promotions touristiques.

Le renouveau viendra-t-il de l'empire du Milieu ? Pas sûr, car si les démarches pour l'obtention d'un visa semblent s'être simplifiées il n'en reste pas moins que pour les Chinois (lire ci-contre), la destination demeure chère. Une cherté souvent relevée d'ailleurs par une enquête de l'ISPF sur le sentiment de satisfaction des touristes, sortie en mai dernier. C'est par conséquent une année 2009 d'ores et déjà gris sombre qui s'annonce pour un tourisme polynésien vivotant et qui n'en finit plus de pleurer des visiteurs devenus peut-être un peu plus regardant sur les dépenses.

PL

 

Entretien Thierry Buttaud de l’Union polynésienne de l’hôtellerie

Tout ce qui est contrat à durée indéterminée a été arrêté depuis longtemps

Quelle est votre analyse de la situation actuelle, à court et moyen terme ?

“Actuelle : mauvaise, perspectives à court terme : mauvaise, et à moyen terme : mauvaise.”

En taux d'occupation, ça va se traduire comment ?

“Ce qui est intéressant, c'est la tendance, et cette dernière va osciller entre du -20 et du -30%.”

Dans votre syndicat ça s'est traduit par des licenciements, des hôtels en difficulté ?

“Des licenciements, pas à ma connaissance, même s'il y a eu des tentatives. Ce qui est clair, c'est que tout ce qui est contrat à durée indéterminée, tout ça a été arrêté depuis longtemps, et ensuite, effectivement, il y a des collègues qui souhaitent ou qui ont commencé à mettre en place des plans sociaux avec des réductions du temps de travail.”

Beaucoup de professionnels et notamment au CPH misent sur un premier semestre difficile, c'est aussi votre analyse ?

“Tout à fait. La même analyse. De janvier à fin juin, on s'attend à ce que ce soit très mauvais et puis ensuite, nous espérons. Nous n'avons pas d'indicateurs fiables à 100%. On espère que la saison va démarrer.” Quels sont les éléments qui pourraient débloquer ? “On en revient toujours à nos mêmes soucis de l'accessibilité de la destination. C'est-à-dire l'aérien à la fois local et international. Il faut d'abord amener les clients donc il faut qu'il y ait des vols, il faut que les prix soient accessibles et qu'il y ait des fréquences. Ensuite, les problèmes de promotion, d'adéquation entre la promotion et les offres que les touristes peuvent trouver dans la destination. Les efforts tarifaires, on les fait, même les petits isolés dans les îles consentent à des efforts tarifaires importants avec tout un tas de promotions.”

La non revalorisation du Darse et la venue de l'interdiction de fumée sontelles déterminantes sur la tendance ?

“L'interdiction de fumée, je pense qu'à partir du moment où on va pouvoir, grâce aux conditions météo privilégiées, conserver des terrasses ouvertes, a priori on devrait pouvoir continuer à accueillir des clients fumeurs, donc ça ne va pas être majeur. Concernant le Darse, ce n'est pas ça qui va inverser la tendance en terme de remplissage, ça va simplement être un soutien. Soyons bien clair, le Darse ne va pas emmener des touristes, c'est une mesure de soutien. Pour amener des touristes pour le second semestre, il va falloir faire très vite, il va falloir avoir une politique commune entre les hôtels, l'aérien, la destination… Mais ça va être très dur…”

 


Un paradis cher payé pour l’empire du Milieu

Du 8 au 14 décembre, invité par le GIE Tahiti tourisme, un groupe de journalistes et de tour-opérateurs chinois a visité Tahiti, Moorea et Bora Bora. Objectif : visiter les structures touristiques de ces îles et découvrir le maximum d’activités et excursions disponibles en Polynésie, en un temps très court. Tout ceci, afin d’en déterminer le potentiel et d’en faire la promotion, une fois rentrés en Chine. Bilan : Tahiti et ses îles, c’est beau mais c’est loin et c’est cher, alors comment les promouvoir auprès des touristes chinois ? Car la concurrence est rude. Les Maldives ou les Seychelles mènent la vie dure au tourisme en Polynésie. Tour d’horizon des points négatifs et positifs.

LES +

  • Le lagon et le paysage
La beauté des eaux polynésiennes et la verdure des paysages ont particulièrement plu aux visiteurs chinois qui connaissaient Tahiti et ses îles que de nom ou sur cartes postales. “C’est notre première visite ici et nous avons été éblouis par les couleurs chatoyantes de vos îles”, s’accordent-ils à dire.
  • Le “fiu” polynésien : un handicap devenu un atout
“Quand on arrive à Tahiti, on oublie tout et on se détend, s’exclame Billy Shen, tour-opérateur de Byecity.com. En Chine, c’est toujours speed.” Il semblerait que le “fiu” polynésien plaise à nos voisins de l’empire du Milieu. Il s’agirait même d’un des plus gros avantages de la Polynésie, comparé aux Seychelles ou aux Maldives où selon eux, “il y a trop de monde et la visée économique du concept est trop mis en avant”.
  • Les structures : le must des bungalows sur pilotis
Les hôtels du fenua, à la fois modernes et traditionnels, ont également satisfait le groupe de Chinois en prospection. Néanmoins avec une préférence pour l’Intercontinental Resort & Thalasso-spa de Bora Bora. Les bungalows perchés sur pilotis au-dessus du lagon ont, eux aussi, eu droit à leur part de succès.
  • Une semaine pour avoir un visa

Grâce au président Gaston Tong Sang, la délivrance du visa destiné aux touristes chinois est passée à une semaine. Jusqu’au mois dernier, les Chinois devaient attendre un mois avant d’obtenir ledit visa. Un problème qui décourageait bien souvent les touristes chinois, indiens mais aussi russes à “venir chez nous”, précisait encore le président, à son retour de Paris, le mois dernier. “C’est un atout pour la Polynésie”, ajoute un des journalistes de la délégation chinoise. “Il nous sera plus simple de parler de cette destination.”

LES -

  • Un voyage long et éprouvant
“Il est plus simple et moins éprouvant pour nous, les Chinois, de passer nos vacances aux Maldives ou aux Seychelles”, avoue Cheng Tingting, manager du CITS (China International Travel Service Limited). Les courageux touristes chinois, en plus de payer des fortunes pour venir en Polynésie, doivent également voler 20 heures, avant d’arriver à point nommé. À quand le vol direct Chine- Tahiti ?
  • C’est trop cher !
“Tout est dix fois plus cher à Tahiti qu’en Chine”, explique le groupe. Le coût de la vie en Polynésie ne cesse d’augmenter, tout comme les prestations de service, les touristes ne sont donc pas épargnés. La clientèle visée sera donc la haute société de l’empire du Milieu. “Nous savons que nous aurons plus de mal avec les classes moyennes, explique le GIE Tahiti tourisme. Notre objectif principal était de viser ces personnes avant les autres. Et d’après les échos que nous avons eus, nous sommes sur la bonne voie. Si tout se passe bien, petit à petit, nous arriverons à les faire venir. Aussi, nous prenons bien en compte les avis de nos visiteurs afin d’améliorer nos services, au besoin.”
  • La barrière de la langue
Problème récurrent, ici ou ailleurs, la langue est souvent mise en cause par les touristes des îles. Déconnectés de tout ou presque, les Polynésiens, notamment ceux des îles les plus reculées, ne maîtrisent pas l’anglais. Aussi, les touristes sont souvent en désarroi total, tentant vainement d’expliquer quelque chose à leurs hôtes et vice-versa. Ils regrettent aussi le manque de signalisations et de symboles leur expliquant ce qu’ils peuvent faire et ne pas faire. “Les Chinois ont tendance à pêcher tout ce qu’ils trouvent et ce, dans n’importe quel océan”, explique le GIE. Il serait donc judicieux de les prévenir qu’à Tahiti et notamment en période de rahui, la pêche dans le lagon est interdite et qu’il existe des zones de pêche spécifiques, en Polynésie.
  • Pas ou peu de compromis
Un autre aspect négatif de l’hôtellerie polynésienne : le compromis. La délégation chinoise s’explique : “En Chine, il y a tellement de concurrence, que les prestataires de services se démènent pour être les meilleurs et acceptent les compromis.” Ce n’est pas le cas en Polynésie. Par exemple, lorsque les touristes désirent modifier l’itinéraire prévu lors d’un tour de l’île, les prestataires ne font pas de compromis. Soit ils refusent, soit ils les font payer plus cher. Un point négatif pour le tourisme en Polynésie sur lequel le GIE Tahiti tourisme n’a “aucun pouvoir” et le regrette.

Booster les gants de voyage

Divisé en deux parties : online et offline, le Tiare programme est destiné aux agents de voyage. En clair, les agents commencent par s’inscrire sur le web et commencent à répondre à une sorte de quizz sur Tahiti et ses îles. Une fois qu’ils valident cette première partie, online, ils passent à l’étape suivante : la partie offline. Au bout de deux semaines, l’agent est suivi par un représentant du GIE Tahiti tourisme avant de passer à la “familiarisation”. À cette occasion, le groupe d’agents est invité en Polynésie et y suit un itinéraire préparé par le GIE Tahiti tourisme. Au programme : découvertes d’hôtels, pensions de familles, produits locaux et activités diverses. En 2008, 12 000 agents de voyages se sont inscrits au Tiare programme et aujourd’hui, seuls 476 ont été certifiés.

La Chine étant un marché délicat, le GIE Tahiti tourisme travaille actuellement sur un programme spécifique aux agents de voyage de ce pays. Aussi, afin de les booster, depuis un an, le GIE Tahiti tourisme invite plusieurs groupes de Chinois : tour-opérateurs principaux et journalistes des magazines de luxe. Une manière de promouvoir Tahiti autrement. À noter qu’une délégation de 70 chinois a prévu de venir au fenua à l’occasion du Nouvel an chinois, en février.


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Commentaires (4)Add Comment
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Par Tupapau, décembre 16, 2008
... Quand je vous disais dans "le tout image" qu'ils ne foutent rien au GIE...
Pppppffffffffffffffffsmilies/sad.gifsmilies/sad.gifsmilies/sad.gifsmilies/sad.gifsmilies/sad.gifsmilies/sad.gifsmilies/sad.gif
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Par Honu, décembre 16, 2008
La Polynésie est très chére pour les touristes comme pour les locaux c'est le constat de tous.
Parmi les mesures faciles à prendre et à résultat immédiat pour faire baisser les prix, il y a une piste : Empêcher les hôteliers d'exiger des commissions de vente exorbitantes sur les activités des prestataires. Aujourd'hui en moyenne 22% voire dans de rares cas jusqu'à 40%. Si le prestataire n'accepte pas ces conditions, il n'est pas vendu dans l'hôtel......
Et bien sur obliger les prestataires à baisser leurs prix d'autant.smilies/wink.gif
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Par ermo, décembre 17, 2008
Ils le reconnaissent tous ! Tous les patrons d'hôtels, responsables en charge du tourisme le disent : on est trop cher ! Est-ce que c'est pour autant qu'ils baissent leurs prix ? Bien sur que non !!! On reste coute que coute dans la logique : Tahiti, c'est cher et ça restera comme ça ! Avec un raisonnement pareil, je ne vous souhaite qu'une chose, messieurs les directeur d'hôtels et autres prestataires : fermer votre établissement, vous l'aurez bien cherché...
Quand le bateau coule, on colmate les voies d'eau par TOUS les moyens. On ne rajoute pas des trous dans la coque !
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Par louis brémond.., décembre 19, 2008
D'accord le pays est très cher pas seulement l'hôtellerie, mais tout, en plus que font les touristes quand ils arrivent à l'hôtel, leur chambre ensuite quoi? RIEN DE RIEN!!! pas d'animation ni de salle de jeu donc on boit un coup et ensuite on fait le tour de l'île mais on voit quoi? La montagne, la mer et la route. Un peu à Mateia- Papeari le jardin. Après les grottes de Maraa et le Marae Arahurahu où il n'y a pas d'explication sur la destination de ce site, ensuite retour à l'Hôtel, on reboit un coup et on bouffe. Mais on s'emmerde le soir, pas de jeu, ni de casino.!!!! combien ont payés les touristes pour ce périple? on va à Bora là c'est pire il n'y a que la Mer pas de site. RIEN!!! ce sont aussi bien ATN, que le GIE Tourisme et l'Hôtellerie qui sont responsables de ces situations! pas d'ANIMATION, le seul tour de l'île, les prix sont excessifs pour peu de choses. Mettez des gens compétents et bosseurs avec de l'Imagination aux postes clés de notre TOURISME et baisser les prix aussi bien à ATN que dans le Pays pour que les Hôtels baissent les leurs. Allez à l'Ile Maurice, étudier bien leurs façons de gérer leur Tourisme et vous verrez arriver les gens ici. les grandes gueules n'ont jamais attirées du monde ni les gesticulations!!!!

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