Publié le samedi 05 septembre 2009 à 06H56
NOUVELLE-CALÉDONIE. Hier, l’assemblée coutumière a publié les 41 résolutions du congrès du pays kanak. Le Sénat reproche à la classe politique de le laisser à l’écart, lui qui aspire à incarner la représentation et les droits autochtones, comme le prévoient l’accord de Nouméa et l’Onu.
Hier, à Ouvéa, le congrès du pays kanak a débouché sur l’adoption de 41 résolutions. Dans la plupart d’entre elles, dévoilées hier à Nouméa, les sénateurs dressent un “constat cinglant” : celui d’un “manque de volonté des institutions politiques d’aller jusqu’au bout de la lettre et de l’esprit de l’accord de Nouméa”. Particulièrement en ce qui concerne les autorités coutumières. “La question est souvent revenue au cours des bilans de conseils d’aire”, appuie Julien Boanemoa, nouveau président du Sénat. D’abord, les sénateurs estiment subir une “discrimination” par rapport aux autres décideurs publics (provinces, gouvernement, communes, Congrès). “Nous ne sommes pas un service du gouvernement mais une réelle institution, l’accord de Nouméa est clair”, poursuit Julien Boanemoa.
Dans cette optique, lui et ses confrères regrettent de ne pas avoir été consultés officiellement avant la réforme de la loi organique, cette année. Ils constatent aussi, avec amertume, que le discours de politique générale du gouvernement n’a “pas une seule fois” fait référence aux autorités ou institutions coutumières, “contrairement à la présidente Marie-Noëlle Thémereau” en 2004. Pour sortir du placard, les sénateurs appellent un ensemble de réformes ou d’évolutions. En termes de moyens, pour commencer. “Quand la délinquance juvénile envahit la ville ou les routes (...) quand les comportements à risque et les fléaux (alcoolisme, cannabis) gagnent du terrain (...), on montre du doigt les autorités coutumières. Mais quels moyens leur donne-t-on ? Où vont les créations de postes dans les administrations ? Où vont les excédents budgétaires de la croissance économique ?”, interrogent-ils dans leur déclaration commune. De “vrais moyens techniques, budgétaires et financiers”, donc, mais pour quoi faire ?
Cogérer les dossiers avec les élus et poursuivre les travaux en cours, comme le code civil et la succession coutumière. Lutter contre les “fléaux” de la société (“alcool, cannabis, kava (...) bingos sauvages”). Mais aussi défendre les droits autochtones que proclame une déclaration de l’Onu, adoptée en 2007 par 143 pays dont la France. En empruntant cette voie, le Sénat marche dans les pas du Conseil national des peuples autochtones (CNDPA), dont il compte se rapprocher. La démarche est prometteuse, même si elle peut mettre les élus locaux et l’État en porte-à-faux sur de nombreux sujets. Car la déclaration de l’Onu impose le “consentement libre et éclairé” des peuples autochtones sur tous les sujets les concernant, notamment en matière d’exploitation minière. Cette problématique sera certainement au coeur du dixième anniversaire du Sénat coutumier, célébré le 9 et 10 octobre.






