Une tribune politique pour Jodar

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Publié le mercredi 26 août 2009 à 09H00

NOUMÉA. Gérard Jodar s’est offert une tribune politique, hier, devant la cour d’appel qui le rejugeait pour le coup de force de Magenta. Le discours est resté le même. “On est montés dans les avions parce qu’on a été chargés.” Les réquisitions du ministère public aussi : quinze mois ferme pour le patron de l’USTKE. Délibéré le 15 septembre prochain.

La piste envahie… Par moments, on en aurait presque oublié l’affaire en elle-même, tant l’audition de Gérard Jodar, hier matin, devant la cour d’appel a parfois pris des allures de plaisante conversation mais aussi et surtout de tribune politique.

“On est dans un pays de foireux. Je vais vous dire, Monsieur le président. Je gagne plus que ce que je vous ai dit. J’ai une grosse maison, une grosse voiture mais je ne me satisfais pas de la situation de ce pays. C’est pour ça que je me bats.” Gérard Jodar et ses camarades avaient annoncé la couleur. Rouge, comme leurs T-shirts siglés bardés d’un keffieh, le foulard palestinien. Un symbole de lutte sans doute à l’adresse de l’État, qui “intervient systématiquement dans les conflits de l’USTKE depuis que le Parti travailliste a été créé. C’est pour ça que tous nos conflits prennent des proportions démesurées.”

Le glissement habituel vers le terrain politique, exercice rôdé et éprouvé par le leader syndical. Le président de la cour d’appel a voulu recentrer le débat sur ce qui a fait la genèse de ce point d’orgue du 28 mai dernier, à Magenta. En s’interrogeant sur la “disproportion des actions syndicales et des moyens employés”. Sur le choix d’un conflit à rallonge plutôt que la saisie du tribunal du travail sur le cas de l’employée dont le contrat n’avait pas été reconduit. Ou sur la “virulence” des propos tenus ou écrits à l’encontre de Nidoish Naisseline, le président du conseil d’administration d’Aircal.

Quand je sortirai, je serai encore plus fort qu’avant.

En réponse, le discours de Gérard Jodar est resté le même. “Aujourd’hui, il y a une forme de manipulation de l’opinion qui cherche à nous diaboliser. Le fait d’être le président de l’USTKE me conduit à être condamné pour tout et n’importe quoi.”

Mais entre syndicalisme et politique, la frontière est devenue de plus en plus ténue au fil de l’audience. Gérard Jodar ne s’en est d’ailleurs pas caché, lui qui avait choisi d’adhérer à l’USTKE en janvier 1982, lors de son assemblée constitutive, parce que “le syndicat allait déjà dans le sens de l’histoire de ce pays”. “On fera changer les choses, a-t-il poursuivi. Je veux construire un pays avec tout le monde.” Alors, le président de la cour a fait un peu de politiquefiction. “Si un jour vous êtes au pouvoir et que vous êtes confronté à un mouvement similaire à celui que vous avez mené, que ferez-vous ?” “Le jour où on sera au pouvoir, on dialoguera.”

Lui et les 27 militants devront attendre le 15 septembre prochain, date du délibéré. “Si je dois rester en prison, j’assumerai. J’assumerai toujours tout. Mais quand je sortirai, je serai encore plus fort qu’avant”, a promis le président de l’USTKE qui reste en prison jusqu’au 8 septembre, date à laquelle il aura purgé sa peine de trois mois ferme pour le dossier Carsud. Sa demande de remise en liberté, ainsi que celle formulée par ses cinq autres camarades détenus, a en effet été rejetée.

Les Nouvelles Calédoniennes

RÉACTION

  • L'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, qui en juin 1988 avait conclu les accords de Matignon restaurant la paix en Nouvelle-Calédonie, a appelé hier les juges à faire preuve “d'un souci de compréhension” dans le procès en appel de Gérard Jodar. “Il faut à la fois que le président de la compagnie aérienne se rende compte qu'il en a trop fait” en licenciant l'hôtesse et que “le syndicat évite de mélanger l'ethnique et le social”, a déclaré M. Rocard sur France Info. “Sur le plan social” les syndicalistes de l'USTKE “ont raison, le licenciement est excessif. Sur le plan ethnique, ils ont tort d'en avoir fait une affaire de dignité kanak, c'est une affaire de dignité sociale”, a-t-il ajouté.

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Commentaires anonymes

27/08/2009 à 02h58

il faut eradiquer ce genre de syndicaliste fou et dangereux

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