Publié le mardi 09 mars 2010 à 08H40
NOUVELLE-CALÉDONIE. Le Château Royal sera achevé en fin d’année. En pleine crise touristique, cette nouvelle structure hôtelière est une hérésie pour beaucoup. Pas pour Pascal Lafleur, persuadé que l’offre à Nouméa n’est pas encore assez importante pour intéresser les tour-opérators.
Le Château Royal poursuit sa mue. Après plusieurs mois consacrés au désamiantage du bâtiment, le chantier de l’ancien Club Med, commencé en juillet, va bon train.
“Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas de retard sur le planning et si tout se passe normalement, puisque nous dépendons d’approvisionnements extérieurs, la livraison est prévue en fin d’année pour une ouverture début 2011”, explique Pascal Lafleur, qui travaille à la renaissance de cette “verrue” depuis 2003-2004, par le biais de sa société la CNCT (Compagnie Nouvelle-Calédonie Tourisme). La première option avec la chaîne Intercontinental, une démolition complète et la reconstruction en hôtel cinq étoiles de 370 chambres, ayant avorté, il reprend le dossier en 2006. Plus question de démolir ce bâtiment fermé depuis 2001. Pascal Lafleur se lance alors dans un projet de rénovation complète du Château Royal pour en faire une résidence hôtelière trois étoiles de 112 suites, qu’il confie en gestion à la SOH (Société océanienne d’hôtellerie).
“Il y avait un gros travail au niveau des cloisons pour passer de la structure existante de 265 chambres à ce que nous voulions, c’est-à-dire à 94 suites doubles de 50 m2 et 18 triples de 75 m2, précise Pascal Lafleur. Les étages 5, 6 et 7 sont pratiquement terminés et nous commençons l’installation des salles de bains et des kitchenettes”. Si, à l’intérieur, le changement est visible, de l’extérieur il est difficile de voir à quoi le nouveau Château Royal ressemblera. Pourtant, un relooking complet de la structure est prévu.
La clientèle japonaise, australienne, néo-zélandaise et les métropolitains
Les chiffres catastrophiques du tourisme ne semblent pas effrayer Pascal Lafleur : “J’espère que nous ne nous partagerons par la clientèle actuelle avec les autres hôtels. Nous n’avons pas fait ce projet pour cela. J’espère que le tourisme va un peu décoller et que cette résidence y participera. Nous voulons toucher la clientèle japonaise, australienne et néo-zélandaise, ainsi que les métropolitains. Pour cela, il faut que desmesures soient prises sur les tarifs des billets d’avion notamment. Il y a un paradoxe, les coefficients de remplissage sont très faibles mais, pour intéresser les tour-opérators, il manque des chambres”. Et lorsqu’on lui demande de quel oeil il voit la concurrence avec le projet de thalassothérapie de Serge Blanco au Méridien, l’homme répond : “Pour l’instant je ne le vois pas ! Aujourd’hui, rien ne nous permet de dire si cela va se réaliser, car le projet, tel qu’il nous a été présenté, paraît très, voire trop, cher”. Le terrain du Château Royal comprend trois hectares, la résidence hôtelière n’en occupe que la moitié, il y a donc éventuellement la place pour un autre projet avec accès à la plage la plus fréquentée de Nouméa. “Pour l’instant, ce sera un parc pour l’hôtel. S’il y a des besoins pour le tourisme, et une vraie volonté politique, nous avons d’autres idées. On se consacre pour le moment à celui-ci car c’était une nécessité de rénover ce bâtiment pour ne pas laisser un site à l’abandon à côté du Méridien”, confie l’investisseur.
DÉCRYPTAGE
- 2,8 milliards pour la réalisation : Outre les 112 suites, le projet du Château Royal comprend un restaurant pour la structure hôtelière et trois autres, ouverts au public, au rez-de-chaussée du bâtiment. Ces trois espaces à thème, selon le souhait de Pascal Lafleur et de la SOH, seront mis en gérance et devraient générer près de 25 emplois. L’ensemble des travaux, avec une salle de fitness, une salle polyvalente et une piscine qui pourrait également être ouverte au public, coûtera près de 2,8 milliards de Fcfp. “Le Château Royal revient à environ 23 millions par clé, explique Pascal Lafleur. C’est une somme importante mais raisonnable comparée à certains projets actuels beaucoup moins bien situés”.






