Un final à l'arraché

Publié le jeudi 27 août 2009 à 09H03

NOUMÉA. Malgré une semaine de rallonge, le recensement reste trop en retard dans le Grand Nouméa pour espérer boucler 100 % des logements demain soir. L’Insee et ses agents n’ont donc plus beaucoup de temps pour “sauver les meubles”.

Il manquera sans doute du monde à l’appel. Au siège de l’Isee, à Nouméa, difficile d’avoir des chiffres actualisés, les feuilles de collecte affluant avec un décalage de plusieurs jours. Mais à la louche, en début de semaine, le Grand Nouméa n’affichait qu’entre 60 % et 90 % de logements recensés selon les secteurs. “Les zones où nous sommes le plus en retard sont la Baie-des- Citrons, l’Anse- Vata, Trianon et l’Orphelinat”, avec un bon tiers manquant, estimait hier après-midi Patrice Roussel, chef de la mission recensement. Et d’avancer une explication : “Ce sont des quartiers très bourgeois et fermés, où les gens sont souvent absents, au travail ou ailleurs. Et qui estiment sans doute que le recensement n’est pas leur souci.”

Du Mont-Dore à Païta, en passant par Dumbéa, le retard est moindre mais bien réel. Au grand dam des communes, dont les finances dépendent de leur population légale. “Il y a toujours des gens impossibles à joindre, on ne fait jamais 100 %. Nous essayons de sauver les meubles autant que possible, lâche simplement Patrice Roussel, sans se hasarder sur un premier bilan de fiabilité. Notre priorité aujourd’hui, c’est de savoir si les logements sont vides ou occupés, et combien de personnes y vivent. Il nous faut au moins ça. La population doit nous aider le plus possible et nous appeler.”

La coopération n’est pas toujours au rendez-vous. À Païta, la commune la plus avancée du Grand Nouméa (85 % environ), des lotissements entiers refusent carrément d’être recensés, au motif… qu’ils n’ont pas le droit de vote. “Ce sont des Métros fraîchement débarqués qui ne sont pas sur la liste spéciale et qui ne veulent donc pas aider la municipalité, indique Patrice Roussel. Ce dernier carré d’irréductibles est trop important, nous avons donc prévenu la mairie pour qu’elle intervienne.” À Saint-Louis, c’est un autre problème, celui de l’accès à la tribu. “Nous avons négocié avec un médiateur, qui a promis de nous ramener toutes les feuilles avant vendredi. Mais pour l’instant, je n’ai rien”, poursuit Patrice Roussel.

Aux Belep, 900 habitants environ, c’est un souci purement matériel : l’avion n’a pas décollé de Koumac et le superviseur n’a pu aller récupérer les questionnaires. “J’y suis allé une seule fois pour former les agents il y a quinze jours. Je ne sais pas ce que je vais recevoir, ni quand”, témoigne l’intéressé.

Mais tout n’est pas noir. La presqu’île de Ducos et Rivière- Salée seront par exemple bouclés en temps et en heure. Idem pour les squats de l’agglomération et pour Boulouparis, La Foa et Canala, communes pour lesquelles l’Insee avait des craintes la semaine passée. C’est bon aussi dans le Nord et aux Loyauté.

Non, le retard est bien spécifique au Grand Nouméa. Patrice Roussel l’explique par la grippe et les troubles sociaux, mais aussi par “un taux d’évaporation insupportable chez les agents recenseurs, environ 25 %, entre ceux qui disparaissent et ceux qui trouvent du boulot…” Ou encore les agents qui, “de façon inexplicable”, ne laissent pas d’avis de passage dans les boîtes aux lettres. “Nous avons joué de malchance”, résumet-il. En attendant, ils sont encore 280 à sillonner le terrain du Grand Nouméa. À l’lsee, les appels téléphoniques se multiplient durant ce sprint final, à raison d’une centaine par jour, et comblent quelques trous à l’arraché. Mais dès samedi, le porte-à-porte cessera. Viendra l’heure des comptes.

Les Nouvelles Calédoniennes

DÉCRYPTAGE

Les résultats dans un mois et demi

Pourquoi ne pas prolonger encore le recensement là où le retard est trop important ? D’abord parce que dimanche, les sept superviseurs venus de Métropole reprendront l’avion. Ensuite parce que le décret autorisant le recensement le limite aux mois de juillet et d’août. Mais de façon “pragmatique”, les derniers arrivages de feuilles et les ultimes coups de fil seront encore pris en compte la première quinzaine de septembre. Sans faire de miracle, des corrections statistiques seront également appliquées aux secteurs les plus “mauvais”, par exemple en appliquant le ratio de logements similaires dans le voisinage. “Quitte aussi à aller voir s’il y a de la lumière le soir dans tel immeuble”, précise Patrice Roussel. Après ce travail de vérification, sept agents commenceront le calcul du nombre légal d’habitants des communes, qui sera révélé mi-octobre. Ensuite, l’Isee se mettra à éplucher les données qualitatives.

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