Publié le lundi 22 février 2010 à 08H17
NOUVELLE-CALÉDONIE. Commençons par le verre à moitié plein. Avec 99 379 visiteurs l’an passé, contre 103 372 en 2008, la Calédonie observe un fléchissement identique (-4%) à celui observé dans le monde entier.
Le Caillou aurait donc limité la casse en ne perdant “que” 4 000 touristes dans le contexte morose de la crise économique et de la psychose liée à la grippe A/H1N1. Un moindre mal dans une région où les dernières tendances indiquent une chute de 19% en Polynésie, en panne de clientèle américaine, et de 10% à Fidji. Dans le détail, le repli observé sur le Caillou s’explique d’abord par une baisse de 13% du marché métropolitain qui, malgré 4 000 visiteurs de moins, reste le premier pourvoyeur avec 27 335 touristes (27% du total), son niveau de 2005. Sa glissade a été flagrante au second semestre 2009 : “Nous avons été les premiers touchés en tant que destination lointaine. Les Français ont préféré économiser et visiter l’Hexagone”, analyse un professionnel. Entamée en 2005 (31 500 touristes cette année-là), la dégringolade du marché japonais s’est un peu ralentie (-6,5% contre -29% en 2008) mais les 18 926 arrivées recensées constituent le plus mauvais chiffre depuis la fin des Événements, presque deux fois moins que le record de 1998. Le signal d’alarme est fort, même si, en raison de la crise et de la dépréciation du yen, le repli du pays du Soleil Levant est général dans le monde et en particulier dans le Pacifique. Un observateur veut croire que ce marché a “touché le fond” et “ne peut que rebondir”. Et de rappeler que “sans les Japonais, ce serait l’effondrement”, d’autant qu’ils constituent la clientèle touristique par excellence, celle dite d’agrément, la plus consommatrice. L’an passé, les Nippons (19% des touristes) ont même presque été doublés par les Australiens (18,7%). Avec 18 567 arrivées, le marché wallaby a bien résisté et enregistre sa troisième année de progression’(+2,1%), mais il reste bien dérisoire et composé à 40% de tourisme d’affaires.
De son côté, après un pic généré par une campagne promotionnelle en 2007, la clientèle néo-zélandaise chute de 21% et revient à son niveau de 2006, avec à peine 6 650 touristes. En progression globale de 10%, les “petits” marchés adoucissent la chute : le recul des îles du Pacifique (-3,8%) ou de l’Amérique du Nord (-14,4%) est compensé par le développement de la Corée du Sud (2 200 arrivées, près du double de 2008) -certes plus faible qu’escompté- ou de La Réunion (1 653 visiteurs contre 450 en 2008) -grâce à l’ouverture de la ligne d’Air Austral, seuls et timides rayons de soleil. Au final, malgré l’explication ponctuelle de la crise, c’est bien le verre à moitié vide qui saute aux yeux. Voilà une dizaine d’années que le tourisme calédonien piétine, plafonnant au gré des années autour des 102 000 visiteurs, avec un record presque incongru à 109 500 touristes en l’an 2000. En dépit des discours, des études et des millions injectés dans la promotion de la destination, le bilan 2009 est le pire qui soit depuis 1996. Dans le même temps –et c’est un symbole prégnant-, le Vanuatu, en progression de 12%, devrait, pour la première fois, accueillir plus de touristes que la Nouvelle- Calédonie et dépasser les 100 000 visiteurs. Plus compétitive, dopée par l’ouverture de lignes aériennes low-cost, la destination Port-Vila explose depuis quatre ans. L’archipel aura par exemple attiré au moins deux fois plus de Kiwis et trois fois plus d’Australiens que le Caillou, incapable de progresser sur ces marchés de proximité. Une fatalité ?







Les dernières contributions
Commentaires anonymes
22/02/2010 à 15h20
ya kan meme 200000 croisieriste!