Publié le lundi 09 novembre 2009 à 08H10
NOUVELLE-CALÉDONIE. Malgré la crise ou à cause d’elle, le nombre d’artisans ne cesse d’augmenter. La Chambre de métiers se fixe l’objectif ambitieux d’augmenter ses capacités de formation, d’encadrer certains métiers et de les professionnaliser.
Un budget 2010 en hausse de 16% qui va grimper à plus de 1,14 milliard de Fcfp, des effectifs d’artisans en augmentation de 6% en 2008 et presque autant en 2009, la Chambre de métiers et de l’artisanat de Nouvelle-Calédonie est en plein boum. Elle affiche de grandes ambitions pour les cinq prochaines années. Son schéma directeur de l’artisanat se fixe pour objectif de doubler le nombre de formations dans les cinq ans et de professionnaliser les 11 000 artisans recensés à ce jour sur le territoire.
Faut-il en conclure que l’artisanat et les toutes petites entreprises ne connaissent pas la crise ? La réponse est nuancée. “D’une façon générale, les entreprises artisanales ont été moins touchées que les PME”, note Paul Sanchez, secrétaire général de la CMA. “Il y a même des secteurs comme les services, les soins du corps, qui sont en plein essor. Même dans le bâtiment, les artisans de second oeuvre s’en sortent bien. C’est principalement la sous-traitance des grandes entreprises du BTP qui a souffert.” Paradoxalement, la forte augmentation du nombre d’artisans puise aussi une de ses sources dans la crise. “Quand les gens perdent un emploi ou en cherchent un, les aides se tarissent vite, beaucoup plus vite qu’en métropole. Inversement, une patente ne coûte pas cher. Alors, nombre d’entre eux se tournent vers l’artisanat”, souligne Paul Sanchez. La bonne forme des métiers indépendants doit aussi à la réforme de l’emploi salarié.
On se retrouve avec un ratio de 440 artisans pour 10 000 habitants
Et l’on se retrouve avec un ratio de 440 artisans pour 10 000 habitants, contre seulement 140 en métropole. Un tel foisonnement doit s’encadrer, se canaliser, se perfectionner aussi. Raison pour laquelle la Chambre de métiers ne se contente pas de vouloir doubler sa capacité de formation initiale dans les cinq ans (passer de 450 à 900). Elle veut aussi épauler les effectifs existants. Par des stages de gestion d’entreprise, de comptabilité, de création d’activité. Car, c’est un constat fait par la CMA, les artisans calédoniens souffrent d’un déficit d’image. Nombre d’entre eux passent pour des bricoleurs. Parallèlement, les réglementations deviennent de plus en plus contraignantes. Il s’agira donc, à terme, d’encadrer l’accès à certaines professions dans lesquelles n’importe qui ou presque peut aujourd’hui s’improviser. Mais l’essentiel de l’effort de la chambre restera concentré sur la formation des jeunes. Le coût de fonctionnement du Centre de formation des apprentis est d’environ 450 millions, sans compter les investissements constants dans de nouvelles machines ou dans leur modernisation (51 millions).






