Les écureuils sont prudents

Publié le mercredi 13 janvier 2010 à 09H44

NOUVELLE-CALÉDONIE. La généralisation du Livret A en Nouvelle-Calédonie arrive sur un marché de l’épargne des ménages très dynamique. Mais depuis quelque temps, les Calédoniens délaissent les placements à risque et préfèrent jouer la sécurité.

Le petit livre rouge sèmera-t-il la révolution dans le bas de laine ? Ce produit d’épargne rémunéré, véritable institution, investit aujourd’hui toutes les têtes de gondole. Un décret publié en décembre dernier au Journal officiel ouvre la porte à la généralisation du Livret A dans les banques de Polynésie française, Wallis-et-Futuna et Nouvelle-Calédonie. Le dispositif restait l’exclusivité de l’Office des Postes et Télécommunications (OPT) mais aussi de la Caisse d’Épargne. Depuis le 1er janvier, la donne a changé. Tout comme le comportement des “écureuils” locaux s’est, d’ailleurs, ici modifié.

Nul doute, le Calédonien aime “mettre de côté”. D’après l’Institut d’émission d’outre-mer, le montant global d’épargne chez les ménages est estimé à 297 milliards de Fcfp, selon les derniers chiffres officiels relevés fin septembre 2009. L’évolution est spectaculaire, le curseur était placé à un peu plus de 193 milliards de Fcfp cinq ans plus tôt, en 2004. Les performances économiques exceptionnelles, avec une croissance à 5%, il y a quelque temps sur le territoire, ont bien sûr contribué à remplir des “sacs de noisettes”. Mais, pour schématiser, un principe inverse semble aussi vrai. En raison des craintes liées à la crise financière internationale, mais aussi du climat social ou politique en Calédonie, et de spécificités inhérentes aux prix élevés sur le marché, “nous constatons en 2009 une baisse assez sensible de l’investissement sur l’immobilier”, souligne un économiste. “Une partie de ces fonds qui auraient dû être investis dans ce secteur, a certainement été conservée, pour l’instant, en épargne.” Cette attitude de prudence, voire –dans ce cas précis– de repli, explique sans doute le niveau supérieur en Polynésie française touchée par l’instabilité et à l’économie vacillante depuis plusieurs années : plus de 319 milliards de Fcfp.

Le Calédonien a, lui, redistribué son pactole. À ses yeux, les contrats d’assurance-vie demeurent un produit phare. L’engouement pour la formule s’est même accru. La masse monétaire placée a presque doublé en cinq ans, passant de 44,2 à 81,1 milliards de Fcfp. Des avantages plaisent, telles la sécurisation du placement, la rémunération autour de 4%, ou encore la possibilité de déduction fiscale. De même, le recours aux livrets ordinaires, sans plafond, est encore très privilégié. L’intérêt des particuliers pour ces programmes a bondi de 23,6% en un an. Près de 66 milliards de Fcfp sont intéressés à ces supports. Les Livrets A et bleus ont aussi la cote, avec une progression de 5,5% sur 2008-2009. En revanche, une réserve est de plus en plus émise sur les produits dits risqués. Une attitude révélatrice d’un état d’esprit. Par exemple, les fonds confiés aux organismes de placements collectifs en valeurs mobilières (OPCVM) monétaires, ont fondu de près de 28%. Tout comme les non monétaires, de près de 12%. La crise mondiale est passée par là. L’instabilité puis le manque de visibilité sur les marchés financiers n’ont pas aidé. Les clients cherchent la sécurité.

Les Nouvelles calédoniennes

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