Le constructeur file à l’anglaise

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Publié le jeudi 25 mars 2010 à 08H25

NOUVELLE-CALÉDONIE. Depuis décembre dernier, un constructeur de maisons individuelles, Maisons Gascogne, est parti sans laisser d’adresse. Conséquence : les factures de nombreux soustraitants sont restées impayées et une dizaine de particuliers ont dû finir leur maison à leurs frais.

Le procédé n’est pas franchement élégant ni courageux. Une simple lettre à main levée, laissée dans la boîte aux lettres du bureau, avec les clés. “Nous sommes obligés de fermer la société pour raisons financières. […] Veuillez nous excuser pour tous ces problèmes.” C’est ce qu’a découvert, à la fin de l’année dernière, l’un des artisans qui intervenait régulièrement pour ce constructeur de maisons individuelles. Voilà comment laisser dans la panade clients et sous-traitants. En filant à l’anglaise.

Installé sur la place en 2004, Maisons Gascogne faisait pourtant partie des petits constructeurs ayant pignon sur rue. La société brassait même un nombre plutôt conséquent de dossiers : une trentaine de constructions par an, selon un plombier qui avait l’habitude de travailler pour elle. “Il y a deux ans, lorsque j’ai commencé à sous-traiter, on apportait les factures le mardi et on était payés le vendredi”, explique-t-il. Plutôt confortable. “Et puis, les délais de paiement ont commencé à s’allonger.” Avant que les factures ne restent en souffrance. Un plâtrier dresse le même tableau : une activité qui roule, avant que le climat ne se dégrade. Et des signes qui ne trompent pas. Comme le départ de l’unique commercial de la société, qui aurait lui aussi rejoint la métropole depuis. “Ses commissions n’auraient pas été versées”, croit savoir un soustraitant. “À partir du milieu de l’année dernière, le responsable de la société a expliqué qu’il avait des soucis avec les banques. Il m’a remis une lettre de change qui a été refusée à l’escompte. À certains artisans, il a expliqué qu’il allait arrêter pour des raisons financières. Mais à des clients, il a avancé qu’il avait des soucis de santé.” Bref, les explications semblent avoir été à géométrie variable.

Il nous a mis en contact avec les artisans pour qu’ils poursuivent les travaux en direct

“S’agissant de notre cas, il nous a lâchés fin septembre, explique un couple qui a eu recours à la société pour la construction de sa maison individuelle, à Païta. Nous avons dû finir les travaux en nous rapprochant des artisans avec lesquels il était en affaires, et dont certains étaient déjà confrontés à des impayés.” Le couple estime le surcoût à 1,5 million. Le constat est aussi amer pour un autre couple. “Nous nous sommes d’abord renseignés sur la société en question. Nous avons visité leurs maisons, nous en avons discuté avec des clients précédents. C’est ainsi qu’un climat de confiance s’est installé.” Les relations avec le responsable de l’entreprise ont d’abord été parfaites, jusqu’en octobre dernier, lorsque le couple réalise que les délais de livraison ne pourraient être tenus. “C’est à ce moment-là qu’il nous a mis en contact avec les artisans pour qu’ils poursuivent les travaux en direct.” Pose du carrelage, de la cuisine, des volets roulants, d’un escalier, bref le couple en est quitte pour débourser 4,5 millions supplémentaires.

Aujourd’hui, quelles que soient les raisons qui ont poussé le couple à rejoindre la métropole, clients et artisans ont sans doute du mal à encaisser un simple courrier manuscrit comme solde de tout compte. Même avec des “excuses” formulées par ce couple de gérants… Des “excuses” qui seront de toute façon insuffisantes pour la justice, puisqu’elle a d’ores et déjà été saisie : en juin prochain, le tribunal de commerce devrait examiner une procédure de redressement- liquidiation visant la société.

Les Nouvelles calédoniennes

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Commentaires anonymes

26/03/2010 à 00h37

Il a un nom on ne sait jamais il pourrait aussi venir ici il vaudrait mieux que l'on soit au courant parcequ'il y en a eu des profiteurs qui ont berné certaines personnes

Légal

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