Le “oui” passe largement

Publié le lundi 25 janvier 2010 à 09H32

MARTINIQUE ET GUYANE. Les électeurs de Guyane et de Martinique appelés à se prononcer pour la seconde fois en quinze jours sur l'avenir institutionnel de leur territoire ont opté pour une “collectivité unique”, lors d'un scrutin boudé par les électeurs.

Après avoir dit non à 70,2% à une autonomie accrue le 10 janvier, ils ont dit oui dimanche à 57,49% à la création d'une collectivité unique exerçant les compétences dévolues au département et à la région, tout en demeurant régie par l'article 73 de la Constitution (mêmes règles juridiques que la métropole). La participation a été si faible (27,42% contre 48,2% le 10 janvier) que la collectivité unique a été adoptée avec moins de 10 000 voix, sur 67 500 électeurs.

En Martinique, le oui l'a emporté par 68,3% des suffrages exprimés, avec un taux de participation de 35,81%. Sur 296 771 électeurs inscrits, il y a eu 106 263 votants et 101 256 suffrages exprimés, selon la préfecture de Martinique. Le oui a recueilli 69 188 suffrages, le non 32 068. Comme en Guyane, mais de manière encore plus nette, les électeurs de Martinique avaient repoussé une autonomie accrue à 79,3%, le 10 janvier, réclamé par une majorité d'élus locaux. La question posée hier par le gouvernement aux électeurs des deux départements d'outre-mer, également régions, était : “Approuvez-vous la création d'une collectivité unique exerçant les compétences dévolues au département et à la région tout en demeurant régie par l'article 73 de la Constitution ?”. Après leur oui, cette collectivité unique devrait voir le jour d'ici à deux ans. Guyane et Martinique, aujourd'hui départements et régions d'outre-mer (Dom-Rom), deviendront des “collectivités départementales et régionales” d'outre-mer, première du genre, en attendant un nom définitif. Elles disposeront des compétences actuelles du département et de la région,

Guyane et Martinique présentant la particularité, comme la Guadeloupe et La Réunion, d'être des régions mono-départementales gérées par un conseil général et un conseil régional. La situation prévaut depuis 1982. Elle a créé des chevauchements et des dépenses inutiles, auxquels le gouvernement souhaitait mettre fin. Ce dernier va rédiger à présent une loi ordinaire arrêtant la composition de la nouvelle assemblée, le nombre d'élus, le découpage des circonscriptions, le corps électoral, etc. En attendant, les élections régionales auront lieu en Guyane et Martinique comme partout ailleurs les 14 et 21 mars. Nicolas Sarkozy, a salué dans la nuit de dimanche à lundi les votes respectifs des électeurs guyanais et martiniquais en faveur d'une collectivité unique, un choix qui, selon lui, les place “en avance sur la métropole”. Pour lui, “la question institutionnelle est désormais tranchée dans ces deux territoires” et il s'agit désormais de “se concentrer dorénavant sur la question du développement économique endogène pour que ces deux départements puissent tirer le meilleur de leur formidable potentiel”.

AFP

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