La route tue encore beaucoup trop

3 contributions

Publié le mardi 08 septembre 2009 à 08H15

NOUVELLE-CALÉDONIE. Sauf catastrophe, la mortalité routière 2009 n’atteindra pas les sommets calamiteux de 2004 et 2005 (83 et 71 morts). Mais une fois de plus, la barre symbolique des 50 victimes risque d’être franchie. Même si le nombre de véhicules ne cesse d’augmenter, c’est encore beaucoup trop pour un aussi petit pays. Tour d’horizon des causes et des remèdes.

Début août, on pouvait encore espérer une réelle embellie. La mortalité sur les routes en 2009 semblait marquer un recul sensible en Calédonie par rapport aux années précédentes. Mais début septembre, si progrès il y a, il sera mince. Et ce, en dépit de l’augmentation des contrôles en tous genres. La sinistre comptabilité s’établissait à 39 morts à la fin du huitième mois de l’année 2008, elle n’était que de 31 à la même date en 2009, mais vient de faire un bon à 34 tués en quelques jours. L’amélioration du bilan en matière de sécurité routière est encore à la portée du calendrier 2009, mais il suffirait d’un ou deux accidents graves de trop dans les prochains mois pour l’anéantir. Pourquoi cette trop lente et trop fragile amélioration d’un état de fait dévastateur pour le corps social calédonien ?

Encore et toujours l’alcool et la vitesse (et de manière moins bien cernée le cannabis). Dans le coude à coude auquel se livrent ces deux fléaux, c’est la vitesse qui arrive légèrement en tête cette année. En 2008, c’était l’alcool. Le second étant souvent le prélude du premier. Un exemple : la moitié des conducteurs à l’origine d’un accident, ayant fait des blessés ou des morts, révèlent un taux d’alcoolémie de deux grammes par litre de sang. C’est-à-dire quatre fois la limite autorisée.

Derrière ces deux causes majeures, on trouve la conduite sans permis (cas du chauffeur de camion qui a tué récemment une adolescente en scooter à Tina), et l’absence de ceinture de sécurité qui intervient comme facteur aggravant des accidents survenus. Le gros peloton des victimes se situe dans la fourchette des 15-34 ans. C’est la jeunesse qui meurt, et le plus souvent le week-end. En pratique, note un observateur de la gendarmerie, si chaque conducteur respectait les limitations de vitesses et les seuils d’alcool autorisés, il n’y aurait pratiquement plus aucun mort sur les routes calédoniennes. C’est aussi simple que ça.

La moitié des conducteurs à l’origine d’un accident révèlent un taux d’alcoolémie de 2g/l de sang

Ici, pas de brouillard, de neige ou de verglas pour piéger les automobilistes prudents. Et si l’on excepte une cause marginale comme la fatigue, il ne reste plus que le mauvais entretien des véhicules (freins, pneus, éclairage), cofacteurs aggravants d’une conduite trop rapide, sous la pluie, ou de nuit.

Alors, faut-il désespérer ? Non. Si l’on considère l’ensemble des dix dernières années, les chiffres noirs de la route calédonienne ont tendance à baisser lentement alors que le nombre de véhicules et de kilomètres parcourus ne cessent d’augmenter. Et dans le même temps, la comptabilisation des tués sur la route est plus exhaustive qu’avant (les décès sont considérés comme routiers jusqu’à 30 jours après l’accident, au lieu de six antérieurement). Le renforcement des contrôles, des contraintes et des sanctions y est pour quelque chose. Il faudrait une véritable catastrophe en cette fin d’année pour que 2009 se termine avec un bilan aussi calamiteux que celui de 2004 (83 morts) ou 2005 (71 morts). Sans doute oscillerons-nous entre 45 et 60 morts. Tout de même infiniment plus que si nous conduisions avec la sagesse des Australiens.

Les Nouvelles Calédoniennes

Imprimer Recommander Wikio Facebook Twitter digg

Les dernières contributions


09/09/2009 à 08h46

Repression maximale pour les auteurs d'accident sous l'emprise d'alcool ou de drogue au volant, retrait de permis immédiat à plus ou moins longue échéance selon les dégâts et véhicule saisi sur la même période. Et retour à la case prison pour les multirécidivistes sans permis car la violence routière devient inadmissible ici aussi, en Polynésie française.

Commentaires anonymes

08/09/2009 à 14h25

Tant que l'on ne mettra pas en oeuvre des sanctions plus adaptées, on pourra toujours faire la meilleure prévention qu'elle ne servira à rien ... cela restera que du blablabla ... il faut sévir plus fort ... des effets induits immédiats seront générés ... avec pour premières incidences favorables : moins d'accidents , baisse des frais d'hospitalisation, moins de familles meurtries, moins de frais de justices ...

Commentaires anonymes

08/09/2009 à 14h10

"La route tue encore beaucoup trop "

Ce genre de titre aide les responsables d'accidents à ne pas se sentir responsables de leurs actes, ce n'est pas la route qui tue, c'est souvent parcequ'un automobiliste ayant ou n'ayant pas bu, ne maitrise plus son véhicule, à cause de la vitesse, à cause de la configuration géographique, ou d'autres paramètres, qui font d'un automobiliste ordinaire une future victime, et parfois pire car la vie de tiers dépend de ces personnes là.

Légal

  • Droits de reproduction
    et de diffusion réservés
    © 2007-2011
    Les Nouvelles de Tahiti

  • Recommandations LNT

    Gardons Contact !

     

    Tous nos fils RSS   Contactez-nous !   La FanPage des Nouvelles de Tahiti   Suivez LesNouvelles.pf sur Twitter !   Le Channel Youtube des Nouvelles de Tahiti