Publié le jeudi 03 septembre 2009 à 08H27
CLIMAT. Les barrières de corail menacent de disparaître du globe, emportant avec elles l'équivalent de 170 milliards de dollars de “services” fournis gratuitement aux habitants de la Terre chaque année par ces écosystèmes, selon un rapport sous l'égide de l'Onu.
L’ESSENTIEL
- Avec le réchauffement climatique, les barrières de corail risquent de disparaître de la surface de la terre
- Cette disparition aurait un coup très fort sur les économies des pays touchés
- Un rapport sous l'égide de l'Onu tente de chiffrer ce manque à gagner de la planète
L'originalité du travail de l'économiste indien Pavan Sukhdev, à l'instar de celui du Britannique Nicholas Stern sur le réchauffement climatique, est de tenter de chiffrer le manque à gagner de la planète si cet écosystème venait à être détruit. Il entend prendre en compte l'ensemble des services que les coraux et les organismes qui y vivent rendent aux êtres humains. “Les services fournis par l'écosystème des récifs de coraux –qui vont de la protection des côtes à l'élevage de poissons– ont une valeur qui atteint jusqu'à 170 milliards d'euros par an”, affirme Pavan Sukhdev, mandaté par l'Union européenne et le Programme des Nations unies pour l'Environnement (Pune).

Ainsi, un hectare de corail rapporte chaque année 80 000 à un million de dollars, en “opportunités pour le tourisme et les loisirs”, selon les estimations compilées par ce rapport. La protection des littoraux contre les catastrophes naturelles, comme les inondations, est évaluée à entre 25 000 et 34 000 dollars par an et par hectare de corail. Les récifs de corail disparus, la planète devrait également dire adieu à plusieurs dizaines de milliers de dollars de services rendus en matière de diversité génétique, et des centaines de dollars de nourriture. “Les barrières de corail ne sont pas seulement des lieux de vacances de luxe” mais “un écosystème à part entière”, a souligné Achim Steiner, directeur du Pnue, lors de la présentation du rapport à Berlin.
Il tente aussi de chiffrer le coût d'une restauration des barrières de coraux : jusqu'à 542 000 dollars par hectare. Mais une telle opération rapporterait ensuite 129 000 dollars par an en services rendus, selon les premières estimations du rapport. “Il est donc largement préférable de conserver ces écosystème que de les laisser se détériorer et de les restaurer ensuite”, conclut-t-il. L'idée d'estimer la valeur des services rendus par la nature fait son chemin, mais rencontre de nombreuses critiques, certains spécialistes soulignant la difficulté de chiffrer des services hors marché, d'autres une banalisation du patrimoine naturel. Le rapport souligne d'ailleurs qu'au point où en sont les coraux, “les arbitrages à faire ne sont plus simplement des analyses coût/bénéfice”, mais “des choix éthiques”. Le taux de CO2 dans l'atmosphère est aujourd'hui de 387 ppm (partie par million), mais pour sauver les barrières de corail, il faudrait un taux “bien inférieur à 350 ppm”, largement en-dessous des objectifs actuellement discutés. “Accepter un objectif de stabilisation des taux de CO2 à 350 ppm signifie que la société a décidé de se passer des récifs de coraux”, soulignent les auteurs du rapport.
AFP
Analyse
De l'Albanie au Zimbabwe,qui est le plus vulnérable ?
Face au réchauffement climatique, quels sont les pays les plus vulnérables ? Un cabinet d'étude britannique publie un classement de 166 pays riche en enseignements, qui va bien au-delà de la seule exposition “géographique” à la hausse du thermomètre. La Somalie, Haïti, l'Afghanistan et la Sierra Leone sont les pays les plus vulnérables, selon le document dont l'AFP a obtenu une copie hier. Sur les 28 pays exposés à un risque “extrême”, 22 sont situés en Afrique sub-saharienne. À l'autre extrémité du classement, figurent la Norvège, la Finlande, le Japon et la Canada, selon cet “Index de vulnérabilité au changement climatique”, réalisé par Maplecroft, société britannique spécialisée dans l'analyse des risques internationaux pour le monde des affaires. “Nous voulons voir ce qui aura un impact sur les populations humaines,” explique Fiona Place, analyste environnement chez Maplecroft.
La France se classe parmi les 15 pays les moins vulnérables de la planète, aux côtés notamment du Royaume-Uni et de l'Irlande. Même si la communauté internationale parvient à trouver un accord à Copenhague en décembre pour limiter la hausse de la température moyenne de la planète à +2°C, les conséquences du changement climatique en cours seront énormes, répètent les scientifiques. Établi à partir d'un modèle intégrant des sources multiples (FMI, CIA, Onu, mais aussi études internes), cet index n'a aucunement pour objectif de prédire les impacts du réchauffement climatique (montée du niveau des océans, sécheresses, inondations, ouragans, etc.) pays par pays. “Il s'agit de se concentrer sur la vulnérabilité (...), sur la capacité des individus, des communautés, des économies et des sociétés à faire face aux risques”, soulignent ses auteurs.
Six catégories ont été retenues : économie, institutions et gouvernance, développement humain et santé, écosystèmes (gestion des forêts, impact humain sur l'érosion des sols), sécurité de l'approvisionnement en ressources (eau, nourriture, énergie) et enfin répartition de la population et infrastructures. Le Bangladesh, qui compte 144 millions d'habitants et dont une bonne partie du territoire est juste au niveau de la mer, est en 12e position des pays les plus exposés. À première vue, certains résultats peuvent surprendre. Le Japon et le Royaume Uni, tous deux insulaires, sont parmi les “mieux classés”. Ces deux pays ne dépendent pas d'une seule source pour leur sécurité d'approvisionnement (nourriture, énergie), relève notamment Fiona Place, soulignant que les importations de nourriture du Royaume Uni proviennent de 26 pays différents. Au-delà de ses infrastructures et des institutions, le Japon “a une biodiversité relativement riche, notamment en terme de forêts”, ajoute-t-elle, soulignant le contraste avec des pays tels que l'Éthiopie, “où il y a une forte densité de population dans tout le pays, où l'érosion des sols est un vrai problème, avec un impact sur les récoltes”. Ce classement devrait aussi être une source de réflexion dans les délicates discussions en cours sur le partage des responsabilités et des risques : les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre par habitant du monde industriel –les États-Unis et l'Australie– font partie des 20 pays les moins vulnérables.







Les dernières contributions
Commentaires anonymes
03/09/2009 à 17h49
Surprise de taille!!! Les crèmes solaires sont responsables du blanchiment du corail.Un article de Marie-France Corre responsable des essais à UFC-Que Choisir et consultante en consommation et développement.
l'Article prend une page et donne à peu près ceci '' On savait déjà que les crèmes solaires , notamment les filtres chimiques anti-UV qu'elles contiennent, représentent une menace pour l'environnement du fait de leur potentiel endocrinien en contribuant, entre autres , à la ''Féminisation des espèces de poissons''. Une équipe de chercheurs Italiens a récemment révelé un autre phénomène : les crèmes solaires pourraient accélérer le blanchiment des coraux.
Voici les ingrédients testés dans 4 zones coraliennes : Mer des Célèbes en Indonésie, mer des Caraibes au large du Mexique, Phukhet en Thailande et Mer Rouge en Egypte: voici les ingrédients testés. OMC - OCT - BZ- EHS - 4 MBC et aussi des conservateurs utilisés en cosmétologie. Verdict blanchiment du corail dur en 96 heures . Je vous donne qu'une partie de l'article si je peux je demanderai à mon petit fils de scanner l'article et de vous l'envoyer mais pas avant la semaine prochaine je ne le voie que le dimanche.
A Cancun au Mexique il y a un centre qui interdit les crèmes solaires. Alors attention aux crèmes solaires ne pas prendre n'importe quoi, risque aussi de cancer de la peau.
Voilà de bonnes nouvelles pour nos ''nanas'' qui se barbouillent de crèmes solaires et veulent bronzer mais qui polluent la nature et la Mer.
Merci les cosmétiques étrangers qui veulent polluer notre Océan et tuer nos coraux...