Publié le mardi 02 février 2010 à 10H48
NOUVELLE-CALÉDONIE. Exit la “base aéronavale de la Tontouta”. En 2011, il faudra simplement parler de “base aérienne”. Avec la réorganisation de la carte militaire, c’est l’armée de l’air qui va y prendre ses quartiers.
Nouméa, Plum et Tontouta. C’est en quelque sorte le futur triangle aux coins desquels l’armée va se recentrer dans les prochains mois. L’heure est à la rationalisation, à la “mutualisation des moyens” et aux économies d’échelles. L’institution militaire n’échappe pas à la règle. Les préconisations inscrites dans le Livre blanc de 2008 vont donc petit à petit entrer en vigueur. Nouméa restera la base navale et le port d’attache des bâtiments de la marine. Tout comme Plum, et son Rimap (Régiment d’infanterie de marine), qui demeurera le “berceau” de l’armée de terre. L’armée de l’air, quant à elle, aura une visibilité plus affichée : la base aéronavale de Tontouta passera entre ses mains. Avec une disparition au passage du qualificatif “naval”, puisque pour l’instant, c’est la marine qui gère les murs.
Ce transfert de commandement à l’armée de l’air aura un faible impact
“Avec ce changement, qui doit s’opérer à l’horizon 2011, nous retrouvons une cohérence, souligne le colonel Jean-Pascal Delcourt, patron de l’armée de l’air en Nouvelle-Calédonie. Ce transfert de commandement à l’armée de l’air aura un faible impact. La base, qui compte actuellement autant de marins que d’aviateurs, verra la proportion de ces derniers augmenter.” Au final, la réduction des effectifs devrait être limitée à une vingtaine de personnes. La base continuera à accueillir les appareils actuels : trois avions de transports tactiques (les Casa), quatre hélicoptères Puma et un Fennec. Ces appareils sont principalement destinés à assurer le transport de troupes et de matériel. “Le Puma peut également être employé pour le secours et l’assistance des personnes, particulièrement la nuit”, indique le colonel Delcourt. Les deux Guardian, des avions spécialement conçus pour la surveillance à moyenne distance, resteront quant à eux dans le giron de la Marine et seront toujours chargés d’assurer, entre autres, la surveillance de la zone économique exclusive.
À l’échelle du Caillou, cette réorganisation devrait être relativement indolore, contrairement à Tahiti. En Nouvelle-Calédonie, la baisse totale des effectifs devrait être de l’ordre de 300 postes, soit 15% des effectifs. Le premier effet concret de ce “redéploiement” s’était traduit en juin dernier, avec la dissolution de l’escadron blindémixte du Rimap de Plum. Les quatre à six chars légers qui constituaient cette unité et la centaine demilitaires qui les accompagnaient avaient levé le camp.
ZOOM
- Du militaire… et de l’humanitaire Un hélicoptère Alouette II. C’est la première trace de la présence de l’armée de l’air en Nouvelle-Calédonie. En juillet 1975, l’appareil était alors destiné à transporter les huiles du commandement militaire. L’année suivante, en avril, l’escadron de transport outremer (Etom 52) est officiellement créé à Tontouta. Et depuis, les moyens aériens de l’Etom, s’ils ont bien entendu été dévolus aux missions dites de “souveraineté nationale”, se sont également illustrés lors des catastrophes naturelles, à l’occasion de missions humanitaires à l’étranger ou en 2003, lors du passage du cyclone Erica. Récemment, les hélicos de l’armée ont également fait leurs preuves dans le secours en mer : en 2006, quand le pétrolier Saint- Vincent a sombré au large de Lifou. Deux pêcheurs avaient été sauvés en pleine nuit en novembre 2007 après leur naufrage.






