Publié le jeudi 11 février 2010 à 09H44
NOUVELLE-CALÉDONIE. L’initiative de Pierre Frogier, qui a proposé que le drapeau kanak s’affiche avec le drapeau français, a suscité deux types de réaction : un certain enthousiasme dans le camp indépendantiste et un mutisme temporaire côté loyaliste. Un vrai pavé dans la mare.
“Kanaky est en train de naître ! Que notre drapeau soit notre compagnon maintenant…”. Les mots de Jean-Marie Tjibaou, prononcés à la Conception le 1er décembre 1984 lors de la première montée des couleurs indépendantistes, n’ont jamais quitté la tribune du FLNKS. La déclaration du charismatique leader trouve aujourd’hui un écho particulier après quelques phrases venues d’un camp considéré comme celui “d’en face”. Pierre Frogier, chef de file du Rassemblement-UMP, signataire de l’accord de Nouméa, a ouvert la porte à la coexistence de la bannière tricolore et de l’étendard bleu, rouge et vert orné d’un cercle jaune et d’une flèche faîtière, (notre édition d’hier).
Une appréciation à la fois inattendue et significative, aux yeux du grand public. Une décision accueillie avec satisfaction, au sein du groupe des partisans de la Kanaky. Pour Paul Néaoutyine, du Palika, il s’agit là “d’une avancée assez importante” de la part du député. Charles Pidjot, patron de l’UC, apprécie lui “l’engagement dans une démarche constructive pour le pays, c’est beau. Le destin commun ne doit pas rester une formule littéraire”. Louis Kotra Uregei, du Parti travailliste, note pour sa part “une évolution de la position du président du RUMP”. Où était le frein ? “Pourquoi a-t-il fallu attendre 20 ans ?”, regrette toutefois amèrement le fondateur de l’USTKE. Le drapeau indépendantiste, selon le parlementaire, doit cependant être “débarrassé des violences” qui ont entaché les Événements. Un préalable est donc posé. Une clarification s’impose néanmoins pour Paul Neaoutyine : la couleur rouge ne symbolise pas seulement le sang versé dans la lutte, chez les uns et les autres, mais illustre aussi “le sang de la mère qui donne la vie”.
Symbole toujours. De la déclaration de Pierre Frogier, les représentants kanak retiennent tout d’abord “une proposition”, et non un calcul politique. “Il tend la main”, assure un militant qui souligne néanmoins : “il veut aussi reprendre la main” en cette année sans enjeux électoraux… donc sans risque de perte de crédibilité dans les urnes. Reste que l’initiative tombe avant le Comité des signataires réuni à Paris, en avril. “Si nous voulons engager des discussion sur le fond”, pointe Charles Pidjot, “il faut des signes forts sur la citoyenneté et les signes identitaires”. Et aujourd’hui, “voilà un engagement”. Au delà de l’annonce politique, c’est une évolution “personnelle” qui est relevée par certains indépendantistes. En clair, après “l’ère Lafleur” où Pierre Frogier apparaît cadenassé, puis la période de reprise du mouvement où “il devait tenir ses troupes”, le ténor du Rassemblement “commence maintenant à se démarquer. Cette position sur le drapeau reflète sa véritable personnalité”. Reste le plus dur : concrétiser.
Quant aux états-majors loyalistes, ils n’ont pas été surpris, puisqu’ils avaient été prévenus. Mais ils se sont donné le temps de mûrir leur réaction officielle. Seule réponse immédiate : celle du Front national. Éliminé de la scène politique territoriale en mai dernier, le parti de Bianca Hénin n’acceptera jamais le drapeau aux couleurs du FLNKS. Il réclame que les responsables indépendantistes expliquent très clairement “aux Calédoniens et aux Mélanésiens non indépendantistes, ce que sera leur projet” politique d’avenir sans la France. “Et le FN ajoute que le Rassemblement, non content d’avoir signé l’accord de Nouméa, offre un nouveau cadeau aux indépendantistes en acceptant leur drapeau”. Aucune réaction, en revanche, au sein de l’entente républicaine. L’Avenir ensemble/ LMD attendra le retour d’Harold Martin, vendredi.
Côté Calédonie ensemble, on annonce également une concertation des élus et collaborateurs, et pas de réaction officielle avant aujourd’hui. Et au Rassemblement même ? Les principaux cadres du parti, tenus au courant, n’ont pas été surpris du propos. Mais tous les autres l’ont découvert. “Un choc, mais relativement bien encaissé”, commente un militant qui assistait au comité directeur du RUMP au cours duquel Pierre Frogier a expliqué sa position.







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Commentaires anonymes
13/02/2010 à 08h11
il y en a qui ne retiennent rien de l'histoire , ou qui feignent de ne pas savoir ou comprendre,
l'histoire par moment balbutie ,
mais le processus de décolonisation du pacifique est ,elle, immuable,
Kura Ora,
lumière,
Commentaires anonymes
12/02/2010 à 10h46
Tout comme en Polynésie le drapeau est affiché de manière officielle, le drapeau Kanak doit également être affiché de manière officielle.
Ce n'est pas un symbole indépendantisme mais un symbole de reconnaissance de toute la population kanake au sein de la république, tout comme les drapeaux corse ou polynésien sont reconnus officiellement comme identitaires.
:P8)8)
Commentaires anonymes
11/02/2010 à 21h49
Pas de drapeau kanak près de la bannière tricolore!!! Non mais c'est incroyable ce nombrilisme, ce colonialisme, des mots encore trop respectueux pour telle attitude. Surtout quand ils ont envahis ces terres qui ne sont pas les leurs.
LA FRANCE, C'EST VRAIMENT APRES MOI LE DELUGE.