Calédonie ensemble refuse le drapeau indépendantiste

Publié le mardi 16 février 2010 à 08H55

NOUMÉA. LA PROPOSITION DE PIERRE FROGIER SUR LE DRAPEAU INDÉ- PENDANTISTE est “ambiguë, contraire à l’accord de Nouméa et dangereuse pour le destin commun”. Calédonie ensemble a clairement rejeté hier l’initiative du Rassemblement, son partenaire majoritaire de l’entente républicaine.

“Ambiguë”, a expliqué Philippe Gomès en conférence de presse, car même si Pierre Frogier précise bien qu’il n’inscrit pas son initiative dans le cadre des signes identitaires, les indépendantistes interprètent légitimement sa proposition “comme l’acceptation du drapeau FLNKS comme drapeau du pays”. Pour Calédonie ensemble, il s’agit donc d’un geste sans retour, car “accepter aujourd’hui que le drapeau du FLNKS flotte au fronton de toutes les institutions, c’est accepter demain qu’il devienne le drapeau du pays”. “Contraire à l’accord de Nouméa”, a ajouté Philippe Gomès, parce que les signes identitaires évoqués par l’accord ne doivent pas exprimer autre chose que “l’identité kanak et le futur partagé entre tous”. Il n’est “nulle part écrit dans l’accord, précise Calédonie ensemble, que le drapeau du FLNKS a vocation à devenir le drapeau du pays, ni qu’il doit flotter à côté du drapeau national. Le temps n’est pas venu de réécrire l’accord de Nouméa”.

“Proposition dangereuse pour le destin commun”, a enfin estimé Calédonie ensemble, parce que le but “n’est pas d’entretenir ad vitamæternamdeux légitimités, mais d’en bâtir une seule, celle du peuple calédonien”. Or cette légitimité partagée, explique Philippe Gomès, ne peut être incarnée par le drapeau d’un camp et d’une lutte. “Le drapeau du FLNKS doit rester ce qu’il est, le drapeau d’unmouvement de libération, a-t-il indiqué hier. Il ne doit pas devenir ce qu’il ne peut être, le drapeau d’un pays construisant une identité commune.” Et pour lui, c’est, au contraire, aux indépendantistes de faire un geste, en acceptant comme Nelson Mandela en Afrique du Sud de marier leurs couleurs et leurs symboles avec les couleurs et les symboles de l’autre légitimité. “Nous affirmons, a insisté le patron de Calédonie ensemble, que le drapeau du pays doit représenter le destin commun de tous les Calédoniens”, et qu’il doit “de par sa force symbolique, relever de la volonté du peuple et non de la décision individuelle d’un homme”. De cette affaire du drapeau, comme de l’ouverture des discussions politiques (voir par ailleurs), Calédonie ensemble veut parler avec les indépendantistes. Une délégation du mouvement, a indiqué hier Philippe Gomès, se propose “d’aller à la rencontre des bureaux politiques du Palika-UNI, de l’Union calédonienne et du Parti travailliste, pour expliciter sa position”.

Autre initiative du parti : lancer une consultation auprès de la population, pour avancer sur la question du drapeau et faire en sorte que ce soit un emblème du pays, et non les deux drapeaux de la France et du FLNKS, qui flottent aux mâts des prochains Jeux du Pacifique en 2011. Il s’agira, a pris soin de préciser Philippe Gomès, de “nourrir le débat politique, sans se substituer au gouvernement” sur le dossier des signes identitaires. Faire en dix-huit mois et à l’initiative d’un parti ce que le gouvernement n’a pas réussi à faire en dix ans ? “On a évité de travailler sur le drapeau et le nom du pays, parmi d’autres sujets laissés en soute, a commenté Philippe Gomès. On a déterré l’emploi local, on a déterré les transferts de compétence, on peut bien déterrer le drapeau.”

Imprimer Recommander Wikio Facebook Twitter digg

Légal

  • Droits de reproduction
    et de diffusion réservés
    © 2007-2011
    Les Nouvelles de Tahiti

  • Recommandations LNT

    Gardons Contact !

     

    Tous nos fils RSS   Contactez-nous !   La FanPage des Nouvelles de Tahiti   Suivez LesNouvelles.pf sur Twitter !   Le Channel Youtube des Nouvelles de Tahiti