Publié le mercredi 04 août 2010 à 11H06
NOUMÉA. Le gouvernement et les provinces vont accorder une deuxième rallonge de 300 millions à Aircal. Mais pour sortir du déficit chronique, les tarifs vont suivre la loi de l’offre et de la demande, et les réductions accordées aux résidents des îles seront plus restrictives.
Transporter plus de passagers avec un avion de moins, être plus regardant sur l’octroi des tarifs préférentiels aux résidents des îles, et surtout mettre en place une gestion électronique de la billetterie pour adapter les prix en fonction de la demande et du remplissage. Ce sont les trois principaux piliers sur lesquels Aircal va appuyer sa politique de redressement.
L’annonce en a été faite hier par le gouvernement calédonien. Et c’est sur cette base qu’une deuxième tranche d’aide financière va être octroyée à la compagnie domestique pour passer le cap de l’année 2010. Environ 300 millions lui avaient été versés en début d’année (159 millions de la part du gouvernement, le reste venant des provinces). C’est lamême enveloppe qui devrait lui être servie prochainement si le Congrès donne son feu vert. On le voit mal s’y opposer car, sans cette manne, la compagnie se retrouverait en cessation de paiement, tout comme elle a failli l’être fin 2009.
Selon la période et le taux de remplissage
D’autant que depuis lors, des premières réformes ont été entreprises dans le cadre du plan de sauvegarde qui accompagnait ces aides d’urgence. L’ATR qui avait été loué à Air Tahiti est reparti en mars 2010. Ce qui n’empêche pas un rapport d’experts d’estimer qu’avec des gains de productivité, Aircal pourrait, en 2011, transporter plus de passagers avec trois ATR qu’elle ne l’a fait en 2009 avec quatre. Autre constat fait par le gouvernement, le conseil d’administration d’Aircal a décidé de modifier en profondeur sa politique tarifaire. Il va se mettre au “YIELD management” des billets. C’est-à-dire un système informatique complexe de variation des tarifs en fonction de la période de la journée, de la semaine, de l’année, et du taux de remplissage. Toutes les grandes compagnies s’y sont mises pour optimiser à la fois leurs prix de vente et l’occupation des sièges.
Les tarifs résidents, qui avantagent les habitants des îles, seront encadrés plus strictement. Un habitant de Lifou paiera son billet moins cher s’il prend un aller-retour Lifou-Nouméa. Mais pas s’il fait l’inverse. La réduction accordée aux enfants de moins de 12 ans pourrait passer de 50 à 40%. Enfin, les provinces semblent avoir validé le principe de la compensation intégrale des lignes à faible trafic, comme Tiga, Koumac ou Bélep. En revanche, ni le gouvernement ni Aircal n’annoncent de compressions d’effectifs. La forte augmentation de la masse salariale au cours des cinq dernières années était pourtant l’un des points noirs visés, tant par l’audit commandé au cabinet KPMG en 2009 que par le rapport de la Chambre territoriale des comptes.
Pas question non plus de remplacer les deux ATR 72 par des avions plus petits. Ces appareils qui ont coûté fort cher, sont trop gros pour décoller à pleine charge des pistes calédoniennes trop courtes. Depuis leur mise en service, ils voyagent donc systématiquement avec plusieurs rangées de sièges vides à l’avant et à l’arrière de la cabine.







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Commentaires anonymes
07/08/2010 à 11h28
Achat des ATR 72 : Proprement scandaleux et il y a plusiers explications possibles:
- ou les dirigeants de la compagnie sont des incapables
- ou ils ont touché des pots de vins pour acheter ses 2 avions inutiles
donc les dirigeants doivent être soit virés soit mis en examen.
Commentaires anonymes
05/08/2010 à 02h06
vous auriez du mettre une photo encore plus vieille !