Publié le jeudi 18 novembre 2010 à 09H13
ASSISES. La victime portait toutes les caractéristiques d'une jeune fille violée, ce qui a incité les jurés à condamner son agresseur à sept ans de réclusion, une peine inférieure d'un an seulement à ce que requérait le ministère public.
L’ESSENTIEL
- Les versions du jeune homme et de la victime s'opposaient sans témoignage extérieur
- L'accusé a changé plusieurs fois la version des faits, insistant sur le fait que la jeune fille était consentante
- Fait troublant : elle était encore vierge après les faits
Un jeune homme de 23 ans a été condamné à sept ans de réclusion criminelle, hier à la cour d'assises. Les faits se sont déroulés l'an dernier dans l'une des îles Sous-le- Vent. Un soir, une adolescente de 14 ans était chez sa grand-mère, quand un intrus est entré dans la maison. Il a dévissé l'ampoule du salon pour que la pièce soit totalement noire. La suite des faits diffère selon la version de la victime et celle de l'accusé. La jeune fille, allant courageusement voir les gendarmes dès le lendemain, a rapporté qu'elle avait été violée. Elle avait des marques de suçons dans le cou. Son agresseur avait quitté la maison juste après son forfait, mais avait oublié sa casquette et laissé des traces de sperme. Des indices qui ont permis aux gendarmes de l'appréhender peu après. Mais il niait le viol, estimant que l'adolescente était consentante. Il a ensuite donné plusieurs versions.
“Mais dans toutes ses versions, il a toujours contesté la qualification de viol. Le problème du dossier, c'est qu'il ne reposait que sur l'enquête de gendarmerie et le procès-verbal de garde à vue qui a été établi dans des circonstances particulières” rapporte l'avocat de l'accusé Me Gilles Jourdainne. Sa garde à vue dans une île Sous-le-Vent s'est en effet déroulée sans la présence d'un avocat. “Pendant 40 heures de garde à vue on ne lui a pas notifié ses droits élémentaires, notamment celui de se taire. Alors à partir de ce tête à tête avec les gendarmes qui ne parlaient pas tahitien, il partait dans des versions qui font que ses propres déclarations le desservent” explique l'avocat. C'était donc la parole de l'accusé qui niait le viol contre celle de la victime qui, d'après le rapport d'expertise, est restée vierge.
Hier après-midi, le ministère public a requis huit ans. La cour l'a condamné à sept ans de réclusion criminelle. “Il a payé son attitude à dénier la qualité de victime de la jeune fille, qui est apparue avec tous les stigmates d'une victime”. Comme pour rassurer l'accusé reconnu coupable de “viol sur mineure de 15 ans” (qu'elle allait bientôt avoir), le président a expliqué qu'avec les 17 mois qu'il avait déjà purgés, il ne lui resterait qu'environ deux ans à exécuter en prison. Aujourd'hui la cour d'assises des mineurs examine à huis clos le cas d'un meurtre commis sur un mineur de 15 ans.
LD
Lara Dupuy






