Puputauki Junior renvoyé à la barre

11 contributions

Publié le vendredi 11 décembre 2009 à 10H13

TRIBUNAL CORRECTIONNEL. Léonard Puputauki Junior a été renvoyé devant la justice le mois dernier pour escroqueries. Il lui est reproché, selon l’ordonnance du vice-président chargé des fonctions de l’instruction au tribunal de première instance de Papeete, d’avoir “profité de ses fonctions et d’un système peu contrôlé pour s’approprier frauduleusement les fonds d’actions sociales”. Au total, cela représente plus de 71 millions de Fcfp. Il encourt cinq ans de prison.

L’ESSENTIEL

  • Les subventions versées à trois associations transitaient par celles-ci avant d’être en grande partie versée sur le compte de Léonard Puputauki Junior
  • En 2006, il était le seul responsable du suivi des dossiers du programme d’action sociale
  • Titaua Utia et Teipoo Mai, présidentes des associations Jeunesse Arupa et Tamarii Mission, seront jugées devant le tribunal correctionnel pour complicité d’escroqueries et recel d’escroqueries
Le 2 novembre dernier, le vice-président chargé de l’instruction au tribunal de première instance de Papeete, Jean- François Redonnet a renvoyé devant le tribunal correctionnel Léonard Puputauki Junior et deux présidentes d’association : Titaua Utia et Teipoo Mai. Le vice-président chargé de l’instruction au tribunal de première instance de Papeete a également requalifié les faits reprochés aux trois mis en examen. “Les faits reprochés à Léonard Puputauki sous la qualification de faux et usage de faux, abus de confiance et recel d’abus de confiance s’analysent en réalité sous la qualification d’escroqueries”, souligne l’ordonnance aux fins de requalification. Les faits reprochés à Titaua Utia et Teipoo Mai ont, eux, été requalifiés de complicité d’escroqueries et recel d’escroqueries.

Tout commence en avril 2007. La direction des Affaires sociales découvre des anomalies dans la gestion des fonds d’action sociale du régime de solidarité de la Polynésie française. Le département des établissements de la direction des Affaires sociales constate ainsi que le bilan financier 2006 de la ligne des programmes d’action sociale présenté par la Caisse de prévoyance sociale (CPS) était supérieur de plus de 50 millions de Fcfp aux engagements financiers liés aux programmes d’actions sociales de cette année-là. La direction des Affaires sociales signale alors au procureur de la République qui confie une enquête préliminaire à la DSP. En parallèle, le président du Pays a porté plainte avec constitution de partie civile après avoir eu les conclusions de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) qui a mené une enquête interne.

“Le régime de gestion de ces fonds est dérogatoire aux règles habituelles de gestion des fonds publics, l’ordonnateur étant le chef du service des Affaires sociales et la CPS est chargée de la liquidation et du paiement des engagements sur la base des documents d’ordonnancement qui lui sont transmis”, souligne l’ordonnance de renvoi avant de mettre en avant : “Il n’existe donc aucun contrôle des dépenses engagées de la direction des Finances et du payeur”. L’enquête interne s’est rapidement dirigée vers le seul responsable en 2006 du suivi des dossiers du programme d’action sociale Léonard Puputauki Jr. Celui-ci avait signé des conventions et bordereaux de transmissions valant ordre de paiement en 2006 et 2007 pour le versement de subventions à trois associations : Jeunesse Arupa, Tamarii Mission et la fédération Young Hope and Life. Si dès la découverte des faits, la ministre avait bloqué les versements, malgré tout plus de 74 millions de Fcfp avaient déjà été versés.

En examinant les comptes bancaires des associations, les enquêteurs se sont rapidement aperçus que “de manière systématique des retraits importants en espèces ou en chèques avaient lieu immédiatement après le versement des subventions et portant sur la quasi-totalité de celles-ci” note l’ordonnance de renvoi. Les policiers ont ensuite fait le lien entre ces mouvements et ceux du compte bancaire de Léonard Puputauki Junior. “Manifestement, une grande partie des sommes détournées transitait par le compte de Léonard Puputauki Junior et était ensuite dépensée par celui-ci”. Au total, Léonard Puputauki Junior a reconnu devant le juge d’instruction avoir détourné grâce à son système la somme de 71,5 millions de Fcfp.

Titaua Utia, présidente de Tamarii Mission et Teipoo Mai, présidente de l’association Jeunesse Arupa et trésorière de la fédération Young Hope and Life, ont expliqué aux enquêteurs qu’elles avaient créé les associations à la demande de Léonard Puputauki Junior. Devant les enquêteurs, celui-ci a reconnu “avoir détourné 80% des subventions versées aux trois associations, le reste finançant quelques actions sociales”. Il a expliqué “aux enquêteurs avoir imité la signature de l’ordonnateur sur les conventions et les ordres de paiement transmis à la CPS. Lorsque les bordereaux de transmission avaient été émis sans convention et quand la CPS les réclamait, il les rédigeait a posteriori et les antidatait”. Concernant la fédération Young Hope and Life, Puputauki Junior avait obtenu une procuration sur le compte bancaire après la démission de son président en février 2006. Dans cette affaire, Léonard Puputauki Junior a été placé en détention provisoire du 9 avril au 8 août 2008. Il encourt cinq ans d’emprisonnement.

MT

DÉCRYPTAGE

  • Les fonds des programmes d’action sociale ont pour objectif de soutenir toute action intervenant dans le cadre de la préservation des liens sociaux et de la lutte contre l’exclusion des familles des jeunes, des personnes âgées et des personnes handicapées
  • Léonard Puputauki a été de février 2005 au 8 janvier 2007 à la direction des Affaires sociales, puis détaché du 8 janvier 2007 au 24 janvier 2007 comme conseiller technique auprès du ministère de la Solidarité, du Logement et de la Famille et par arrêté du 30 janvier 2007 nommé directeur de cabinet de la ministre jusqu’à l’arrêt de cessation de ces fonctions pris le 4 juin 2007
  • Par arrêté du 26 octobre 2007, le président du Pays a constaté la cessation des fonctions de Léonard Puputauki suite à sa révocation définitive et sa radiation du cadre de l’emploi des rédacteurs de la fonction publique de la Polynésie française

Zoom

71,5 millions de Fcfp dépensés

Lors des interrogatoires, Léonard Puputauki Junior a précisé avoir dépensé la totalité des 71,5 millions de Fcfp détournés. Selon l’ordonnance de renvoi, l’argent a servi à payer des voyages d’agrément avec sa concubine et des amis : voyage en métropole avec location de véhicule avec chauffeur, séjour à Disneyland et au Mont-Saint-Michel, voyage à Los Angeles, à New York, séjour dans les îles notamment un week-end dans un hôtel de luxe de Bora Bora avec location de bungalow pour quatre personnes, quatre séjours à Tahaa, deux voyages à Moorea. Il a admis aussi avoir acheté un 4x4 à 8 millions de Fcfp. Il avait aussi acheté une dizaine de tableaux de peintres locaux réputés, des statuettes sculptées, des bijoux de marque, un écran plasma, des meubles. Il avait aussi offert deux véhicules à hauteur de 600 000 Fcfp pour les présidentes des associations Tamarii Mission et Jeunesse Arupa et un séjour touristique d’une semaine aux États-Unis à Las Vegas. Il avait aussi donné 57 000 Fcfp à Teipoo Mai pour qu’elle s’achète une machine à laver.

Lors des perquisitions chez Léonard Puputauki Junior, les policiers avaient mis la main sur 16 tableaux de peinture, deux statuettes, cinq montres de marque, tous achetés avec les fonds d’action sociale. Le vice-président chargé des fonctions de l’instruction souligne dans l’ordonnance de renvoi : “Les associations créées et gérées par lui ou ses complices apparaissent n’avoir comme motif principal d’existence que de permettre à Léonard Puputauki de commettre ses escroqueries puisque personne ne se souciait en définitive de l’affectation des sommes à de prétendus projets d’actions sociales qui n’étaient que des prétextes”.

Mélanie Thomas
Imprimer Recommander Wikio Facebook Twitter digg

Les dernières contributions


Commentaires anonymes

20/12/2009 à 23h15

AVEC JOJO
Je suggère l'île de MAKATEA pour une nouvelle prison d'utilité publique. Les condamnés à perpétuité et de plus de 10 ans y seront logés. Ils feront du concassage des (feo) roches pour nos routes et constructions dans des entreprises privées. Les rivières de Tahiti ne seront plus vidées de leurs gros cailloux qui servent à creuser naturellement les fonds des lits de rivières au moment des crues.

Commentaires anonymes

14/12/2009 à 13h07

Après relecture ...
Le vice-président chargé de l’instruction au tribunal de première instance de Papeete, Jean- François Redonnet a instruit le dossier pour escroqueries :

MAIS, IL S'AGIT D'UNE ESCROQUERIE EN BANDE ORGANNISEE LA !
un escroc seul = escroquerie
3 escrocs dont l'un détourne le fonctionnement normal d'une institution et dont 2 autres l'épaulent = escroquerie en bande organnisée.

La peine encourue est normalement plus lourde que la simple escroquerie.

DE PLUS, l'on ne le dit pas assez mais il s'agissait de la direction des Affaires sociales : QUI A EMBAUCHE CE LURON ? QUI A PERMIS PAR L'EMBAUCHE L'ACCÈS A UNE TELLE FRAUDE ?
La responsabilité d'employeur est également à mettre en cause, ne serai-ce que pour incompétence ou pire pour participation ...

Si même le vice-président chargé de l’instruction réduit les chefs-d'inculpation ... il est clair que nous tombons sur une justice anti-dissuasive u_u

++ tout le monde

Commentaires anonymes

14/12/2009 à 07h59

Effectivement, TOUT LE MONDE parle des actifs de Rere au Chili et en Chine. Bien sûr, il n'y a aucune preuve !
Mais il n'y a pas de fumée sans feu...

De plus on a toujours tendance à condamner des personnes à rembourser ce qu'ils ont détourné mais quant est-il des dégâts qu'ils ont causé ?
Peut-on en estimer les conséquences et les chiffrer ?

Commentaires anonymes

12/12/2009 à 08h45

Quel scandale. Que gacis. Moi ce que je suggere c'est qu'uine ile de Polynese soit affecte a ceux qui ont spolie la Polynesie. L'ile ne serait desservit que par bateau et ceux qui seraient envoye devraient bosser , mettre en valeur. Au moins ils auraient servi a quelque chose. La dans ce cas il a claque l'argent our faire quoi: Se prendre pour Dieu le Pere

Commentaires anonymes

12/12/2009 à 05h17

Ca ne doit pas être facile d'enquêter à l'international , il doit falloir un tas d'accords. C'est sans doute pour ça que les juges se préoccupent d'abord des biens sur le territoire et en France. Mais, comme tout le monde ici, ils doivent avoir entendu parler des superbes propriétés, des vignes et des affaires florissantes de ces messieurs au Chili. Mais il suffit d'un "associé" chilien (ou d'une maîtresse) pour que tout ceci soit bien difficile à prouver. Pour le moment, ce ne sont donc que des rumeurs. Faisons donc confiance à ces juges pour trouver des preuves si il y a quelque chose de vrai.....

Commentaires anonymes

12/12/2009 à 03h20

Q U O I ?

SEULEMENT 5 ANS ? Oo
mais mais mais ........ c'est quoi cette justice en peau de zob ?

IL A VOLE DE L'ARGENT DESTINE AUX PERSONNES LES PLUS EN DÉTRESSE !

IL EN A PROFITER POUR METTRE DU BEURRE DANS SES ÉPINARDS [b]AINSI[/b] !

SI EFFECTIVEMENT LA LOI CONDAMNE DE 5 ANS CE GENRE DE COMPORTEMENT, L'EN CONDAMNERA T'ELLE LA DETORIATION DU TISSU SOCIAL QUI EN A DECOULE :
- LES TENSIONS
- LES SUICIDES
- LES ESSEULEMENTS
- LES HEURTS
- LES AFFAMIES
- ETC ET Y EN A PLEINS D'AUTRES DES PROBLÈMES SOCIAUX !

M O N D I E U !!!

[b]EXEMPLARITE !!!!!!!!!!![/b]
----------------> PERPET !

Commentaires anonymes

11/12/2009 à 22h35

Et son père ne s'est jamais posé de questions quant au train de vie de son fils ???? Que l'on vienne pas me dire qu'il n'était pas au courant !!!

Commentaires anonymes

11/12/2009 à 22h05

Non seulement ses actifs au Chili mais ceux aussi des autres du Tahoera'a. Si la justice se penchait sur leur cas, je pense qu'ils seraient vite identifiés. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx !

En tous cas, ses "oeuvres" de bienfaisance personnelle au service social démontre encore une fois de plus la mentalité et les habitudes du Tahoera'a. Tellement écoeurant que lorsqu'on entend quelqu'un défendre ce parti, on a automatiquement le réflexe de penser qu'il fait partie du système de magouille.

Commentaires anonymes

11/12/2009 à 20h21

Encore un voyou orange, fils de voyou orange, tous deux sbires ou amis de grands voyous oranges. Mais qu'avons nous donc fait pour mériter cela? Et ça a été cadre territorial et dir cab....beurk! En effet quelques recherches complémentaires du côté de son père et hors de nos frontières seraient certainement utiles....
Marc Naulet le popa'anésien

Commentaires anonymes

11/12/2009 à 16h19

Encore un orange et lequel, la relève de la jeunesse orange. Tout un programme. Qui vole un œuf vole un bœuf, il parait. Dicton populaire vérifié encore une fois.

Commentaires anonymes

11/12/2009 à 16h12

Encore un nourrit au lait du Tahoera'a. Comme le dit si bien Edouard , : nous sommes du m^me moule. Tel père, tel fils. Il serait intéressant que la justice s'intéresse de près aux actifs de Rere du coté du Chili. On vit une fois de plus sur le dos du contribuable et de tous eux qui sont réellement dans le besoin. . Evidemment les derniers oranges défendront d'indéfendable, car comme dit si bien le père " nous l'allons fait pour les petits gens" . A vomir.

Légal

  • Droits de reproduction
    et de diffusion réservés
    © 2007-2011
    Les Nouvelles de Tahiti

  • Recommandations LNT

    Gardons Contact !

     

    Tous nos fils RSS   Contactez-nous !   La FanPage des Nouvelles de Tahiti   Suivez LesNouvelles.pf sur Twitter !   Le Channel Youtube des Nouvelles de Tahiti