Cocaïne, ice : les ex-PNC s’expliquent

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Publié le mardi 16 mars 2010 à 10H06

CORRECTIONNELLE. Depuis hier, 33 anciens PNC et quatre salariés d’ATN comparaissent pour infraction à la législation sur les stupéfiants. Seulement trois d’entre eux ont été mis en examen pour importations de drogue. Les débats du premier jour d’audience ont mis à jour des consommations de stupéfiants. Mais on est loin d’un trafic organisé au sein de la compagnie au tiare.

L’ESSENTIEL

  • La plupart des anciens PNC ont reconnu avoir consommé des stupéfiants de manière occasionnelle
  • Des avocats de la défense ont mis en cause hier matin la compétence du tribunal correctionnel de Papeete pour juger des faits qui ont été commis à Los Angeles
  • L’avocat de la compagnie au tiare sera le premier à prendre la parole ce matin

Ils sont 33 anciens PNC et quatre salariés d’Air Tahiti Nui à comparaître depuis hier matin devant le tribunal correctionnel pour infraction à la législation des stupéfiants. Il leur est reproché d’avoir consommé de l’ice, de la cocaïne, du paka ou de l’ecstasy lors d’escales à Los Angeles, Paris ou Tahiti. En plus, il est reproché à trois d’entre eux d’avoir importé des stupéfiants.

La présidente du tribunal correctionnel Marie-Claude Pena a appelé à la barre chaque prévenu pour étudier un par un leur dossier. Elle a commencé l’audience par les trois personnes soupçonnées d’importation en contrebande. À la barre, une femme nie ainsi avoir touché à des stupéfiants et par conséquent n’avoir jamais importé de Los Angeles des produits stupéfiants. Pourtant l’un des autres prévenus vient à nouveau d’affirmer qu’elle lui a déjà proposé de l’ice. Cela se serait même passé lors d’un vol alors qu’il lui avait demandé des vitamines. Le même homme assure qu’elle lui a aussi demandé de porter un de ses sacs et de laisser à la douane, un civil l’aurait alors récupéré. “Je ne me souviens pas lui avoir remis un sac. C’est impossible”, conteste-t-elle. “Vous aviez des liens forts avec une dame qui était douanière et qui faisait le contrôle”, rappelle la présidente du tribunal. Cette femme, lors d’une audition a expliqué avoir demandé que des contrôles inopinés soient renforcés sur son amie qu’elle soupçonnait de transporter des stupéfiants. Mais tous ces contrôles ont été négatifs. Pour la prévenue, si certaines personnes la dénoncent, “c’est par vengeance” car elle a réussi à conserver son poste à Air Tahiti Nui. À sa gauche, un homme reconnaît avoir ramené trois fois de l’ice caché dans son slip. Selon l’instruction, il aurait amené 2 g, 0,5 g et 1,5 g d’ice.

À Los Angeles, c’est “JP”, voiturier à l’hôtel Le Marriott, qui approvisionnait la plupart des PNC. “C’est parce qu’on le voyait dans l’hôtel qu’on consommait”, explique l’un des 37 prévenus, âgé de 36 ans. “C’est l’occasion qui faisait le larron, ce n’était pas planifié. On pouvait aller à Los Angeles plusieurs fois par mois et des fois ne pas y aller pendant plusieurs mois et alors on ne consommait pas”. La présidente du tribunal évoque alors le comportement des PNC dans les hôtels. “Pourquoi avoir quitté Le Marriott ?”, demande-elle à l’un des anciens PNC. “Certains disent que les PNC avaient tendance à faire du bruit”, répond-il. Mais selon lui la vraie raison, c’est parce que “le tarif pour une chambre au Marriott était élevé que la décision a été prise de changer d’hôtel”. La présidente du tribunal rappelle alors les récriminations, photos à l’appui, qui ont été faites contre les PNC pendant leurs escales : “chaises et fauteuils cassés...”, cite Marie- Claude Pena.

ice1La plupart des PNC ont reconnu avoir consommé de manière occasionnelle des stupéfiants. L’un d’eux a ainsi souligné : “J’ai touché deux à trois fois à la cocaïne par curiosité de jeunesse” avant d’ajouter : “suite à cette affaire, je me suis beaucoup calmé”. Sceptique, la présidente le reprend : “Calmé ? Ça ne veut pas dire arrêter !” Un autre prévenu a ensuite pris sa place à la barre, celui-ci reconnaît avoir consommé de la cocaïne et du paka mais pas d’ice. Le procureur de la République lui a alors demandé pourquoi il n’avait jamais consommé d’ice. “Je me suis renseigné sur les dégâts de l’ice. Alors que je sais que la cocaïne, c’est à la base d’une plante et le paka, c’est une plante”.

Cette affaire a mis près de cinq ans avant d’être renvoyée devant le tribunal correctionnel. En juin 2005, une lettre signée du nom Gary Cooper a été envoyée au procureur de la République et à la direction générale de la compagnie au tiare. La taupe, dont l’identité ne sera jamais découverte, donne le nom de salariés d’ATN qui consommeraient des stupéfiants. “Ils vivent la nuit et dorment le jour”, précise le courrier. En juillet 2005, une enquête préliminaire a été ouverte. Deux mois plus tard, un second courrier adressé au procureur et à l’aviation civile vient de nouveau affirmer qu’une partie des PNC se livre à un trafic de stupéfiants. Le dossier grossit et l’enquête arrive sur le bureau du procureur. Il décide alors d’ouvrir une information judiciaire en août 2007 qui est confiée au juge d’instruction Redonnet. L’avocat d’ATN sera le premier à prendre la parole ce matin avant le procureur de la République puis les avocats de la défense.

MT

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Les faits commis à Los Angeles peuvent-ils être jugés à Papeete ?

Me Jourdainne, avocat de trois anciens PNC, est le premier à avoir pris la parole hier matin. Selon lui, le tribunal correctionnel de Papeete n’est pas compétent pour juger les faits commis à Los Angeles qui représentent une grande partie des délits reprochés aux 37 prévenus. Il estime qu’il faut qu’il y ait une plainte de la victime ou une dénonciation des autorités officielles avant que le ministère public décide d’enclencher les poursuites dans le cas d’un délit commis en dehors du territoire français. Ce qui n’a pas été le cas, selon le conseil et d’autres avocats de la défense qui l’ont suivi.

Me Piriou, l’avocat d’Air Tahiti Nui, a lui souligné que la compagnie a porté plainte en juin 2007, soit plus d’un mois avant le réquisitoire introductif du procureur. Il a également cité le document d’un agent fédéral qui vaut selon lui dénonciation. Le procureur de la République a requis dans le même sens. Il a précisé que le début des poursuites commence au moment de l’instruction et non lors de l’enquête préliminaire. Après s’être retiré près d’une demi-heure, le tribunal a décidé de juger cette exception au fond. Il statuera donc lors du délibéré.

Mélanie Thomas
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Commentaires anonymes

17/03/2010 à 14h38

que des fils et filles de nos grandes familles xxxxxx et autres ,arrivé à ATN par piston , fallait pas s'attendre à ce qu'ils fassent des miracles

Commentaires anonymes

17/03/2010 à 14h36

Et s'ils consomment en vol c'est la juridiction des poissons qui est compétente.

Commentaires anonymes

16/03/2010 à 20h32

Un autre exemple de notre jeunesse dorée, arrogante et vaniteuse, qui se croiyait au dessus des lois, avait un réel penchant pour l'argent facile et pour la connerie monumentale de croire qu'on pouvait se livrer à un trafic de stupéfiant au sein même de zones aussi contrôlées que les aéroports. Faut le faire quand même... Je me souviens même d'une mère, peut être de l'un de ces prévenus, passées à la TV, qui criait au scandale parce que ATN avait eu commis le crime de lèse majesté de vouloir engager des poursuites contre la chair de sa chair. Elle voulait d'ailleurs faire venir un des ténors du barreau de Paris, j'ai nommé Me Vergès. Si elle savait que Me Vergès n'en a cure de petits crétins immatures incapables d'assumer leurs actes...

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