Publié le mercredi 20 janvier 2010 à 10H48
TRIBUNAL CORRECTIONNEL. Roland van Bastolaer, l’homme qui avait tiré avec un fusil de pêche sous-marine sur un de ses voisins, a été condamné hier à cinq ans de prison. Le procureur de la République avait requis six ans d’emprisonnement.
“C’est une affaire grave. Il aurait pu s’agir d’une affaire criminelle à quelques centimètres près. Quelles sont les raisons ? Je n’ai pas de réponse et c’est bien le problème”, a insisté le procureur de la République hier matin lors de ses réquisitions. “Replacé dans les mêmes conditions, il pourrait être amené à recommencer.” C’est pourquoi il a demandé six ans d’emprisonnement contre Roland van Bastolaer l’homme qui a tiré avec un fusil sous-marin sur son voisin. Le tribunal correctionnel a été un peu plus clément que le procureur et l’a condamné à cinq ans de prison. Les faits qui se sont passés le 29 décembre dernier ont été décortiqués hier par la présidente du tribunal correctionnel en présence du prévenu et de la victime. “Il y a un problème de foncier avec le propriétaire de la maison qui est louée à la victime”, a précisé dès le départ la présidente du tribunal correctionnel Marie-Claude Pena pour décrire le contexte dans lequel le drame s’est produit.
Le prévenu, dans le box des détenus, s’est montré peu bavard assurant qu’il n’a qu’un “très vague souvenir” de ce qui s’est passé. “Ces pertes de mémoire sont dues à un traumatisme crânien qu’il a subi lors d’un accident en 2000”, a justifié son avocat Me Jacquet en brandissant un rapport médical. Le tribunal a, lui, plutôt évoqué son état d’ébriété pour expliquer ces pertes de mémoire. “Vous avez été contrôlé avec 1,03 mg par litre d’air expiré. Ce qui est beaucoup”, relève la présidente du tribunal correctionnel. “Vous avez l’habitude de boire ?”, l’interroge-t-elle. “Oui. Je bois tous les jours”, répondil. “Mais, vous buvez quelle quantité ?” “Une caisse”, a simplement répondu dans le box des accusés Roland van Bastolaer. “Vous buvez 10 litres de bière par jour ?”, s’est étonnée la présidente du tribunal correctionnel. “Oui.” Le prévenu a alors reconnu être dépendant de l’alcool. Il a même reconnu avoir déjà signé “trois fois à la Croix bleue”.
Des demi-pit-bulls.” “Ils n’ont pas une moitié de teckels.
C’est sous l’emprise de l’alcool que Roland van Bastolaer avait donné des coups sur la clôture qui sépare son terrain de celui de ses voisins dans le quartier Patutoa à Papeete. Sa voisine est alors là avec ses deux enfants qui sont réveillés par les bruits. Excédée, elle appelle son conjoint. Il arrive quelques minutes plus tard en deux-roues. Il prend alors son casque et frappe violemment sur le portail de son voisin. “Je lui ai demandé de s’expliquer”, a-t-il déclaré hier à la barre. L’homme porte encore les traces de son agression. Il marche avec des béquilles et a encore des pansements sur une jambe. “Puis, je suis rentré chez moi. Ma femme est arrivée en courant et m’a dit qu’il arrivait en portant une arme”, explique la victime assise. Il s’est alors retourné et s’est approché de son voisin. Celui-ci lui a tiré avec son fusil de pêche sous-marine dans l’abdomen. La victime tombe alors mais réussit à entraîner dans sa chute son agresseur. Le calvaire de la victime ne s’est pas fini là. Les deux chiens de Roland van Bastolaer sont sortis de chez lui et se sont précipités sur la victime à terre. Ils l’ont mordu à plusieurs reprises aux jambes, aux cuisses et aux chevilles. Les chiens se sont ensuite rués sur la jeune femme qui tenait son bébé de six mois dans les bras. Elle s’est alors fait mordre à la main en protégeant son bébé. Alors que la présidente du tribunal expliquait que ces chiens étaient des pit-bulls, le prévenu a lui précisé : “Ce sont des demi-pit-bulls”. “Ils n’ont pas une moitié teckel”, l’a repris la présidente du tribunal correctionnel. “Ils ont l’apparence des pit-bulls. Ce sont deux colosses”, at- elle insisté. “Les pit-bulls, ce sont des petites bombes qu’on ne maîtrise pas”. En 2004, Roland van Bastolaer avait déjà été condamné pour violences volontaires sur mineur de 15 ans.
Compte-rendu d’audience, MT
Mélanie Thomas






