Publié le lundi 15 février 2010 à 09H03
MARATHON. Frédéric Burquier et Sophie Gardon ont été les héros de cette 22e édition du marathon Tahiti-Moorea disputé samedi.
L’étiquette internationale du marathon de Tahiti-Moorea ne se justifiait pas vraiment samedi pour sa 22e édition, et ce sont donc logiquement les locaux qui ont trusté les places sur les podiums. Le club de l’AS Te Moorea Club qui a repris l’organisation de l’événement depuis quelques années, a encore fort bien assuré au niveau de la logistique, mais faute de moyens financiers suffisants, impossible de faire une promotion efficace à l’étranger et plus encore d’attirer des pointures à Moorea. Angela Tom Sing Vien et son équipe souhaitent d’ailleurs passer le relais à l’avenir, la Fédération d’athlétisme devant se positionner dans les semaines à venir pour reprendre éventuellement l’événement à son compte.
Frédéric Burquier et Tutea Degage au courage. La hiérarchie établie samedi matin à l’arrivée du marathon (98 partants) dont le départ avait été donné à 4 h 30 du côté de Temae, et du semi-marathon (258 partants) lancé à 5 heures, a donc mis en avant les meilleurs spécialistes locaux, à commencer par Frédéric Burquier, grand favori du marathon. Ce dernier a confirmé son statut, et si sa 2e victoire sur l’épreuve après celle de 2004, le satisfaisait bien évidemment, son chrono de 2 h 45’ 05” l’enthousiasmait moins. Parti sur les bases de son record personnel (2 h 35’ 44”), il était en avance sur son objectif à mi-course (1h 15’ 24”), mais il faiblissait dans la 2e moitié de parcours, victime de sa solitude en tête, de la chaleur et d’une douleur persistante à un tendon depuis quelques semaines. Mais même amoindri, Burquier avait survolé l’épreuve car son principal adversaire, Tutea Degage, qui avait décidé de monter sur le marathon alors qu’il était prévu sur le semi, était lui aussi handicapé par une blessure à un genou.
Il a même failli abandonner à mi-course, mais motivé par ses supporters, il repartait et passait Jean- Marc Carcy au 33e km pour prendre la 2e place en 2 h 48’ 40”. Jean-Marc Carcy, longtemps second, se satisfaisait toutefois de sa 3e place acquise en 2 h 52’ 15”, soit quasiment dans les temps de son objectif de départ. La remarque vaut aussi pour Sophie Gardon qui s’était fixée un chrono de 3 heures et qui terminait en 3 h 01’ 15”, un temps qui lui permettait de prendre la 4e place du scratch et de remporter la catégorie féminine pour la 8e fois. Deux étrangers quand même aux places d’honneur, l’Allemand Marc Rahmel qui terminait 5e au scratch en 3 h 02’ 41”, son épouse Anke montant elle sur le podium chez les dames.
Un avenir en pointillés….. Course également limpide sur le semi-marathon quant au futur vainqueur qui s’est dégagé relativement rapidement. Charles Delys, coureur de Moorea, a un temps accompagné Francky Maraetaata, mais le co-leader du Top Dépêche a imposé un tel rythme qu’il a vite fait le ménage. Il l’emportait en 1 h 13’ 17”, un chrono de valeur sur la distance. Charles Delys assurait pour la 2e place en 1 h 16’ 47” et pour finir devant Pascal Cartier (1 h 17’ 53”), Teiva Izal terminant au pied du podium (1 h 19’ 37”). Dans la catégorie féminine, Nathalie Chrétien, déjà vainqueur sur la distance en 2008, remettait çà samedi matin, mais dans un chrono moyen car elle avait souffert des conditions climatiques, comme quasiment tous les partants du marathon et du semi. La chaleur était en effet déjà présente à l’heure du départ pourtant matinale, et elle fut écrasante par la suite. La 22e édition du marathon de Tahiti-Moorea a malheureusement été ternie par un décès, celui de Tutu Tehiva (58 ans) victime d’un malaise cardiaque à mi-course du semi-marathon. Sur le site d’arrivée de la plage Temae, ils étaient fort nombreux à être très touchés par ce drame, car Tutu, licencié au club de Punaruu, était fort apprécié dans le milieu de la course à pied local. L’avenir du marathon de Tahiti- Moorea se décline donc en pointillé pour l’instant, mais l’on peut penser que la Fédération d’athlétisme ne va pas laisser tomber un événement qu’elle a elle-même créé il y a plus de deux décennies.
Patrice Bastian et Gérard Verdet






